Il y a des questions qui méritent des réponses

J’ai déjà raconté certains de mes trajets en covoiturage.

Le fait de ne pas connaître la personne permet d’amener la discussion sur des sujets parfois très profonds, dont il est parfois très difficile de parler avec sa famille ou ses amis.

Aujourd’hui, c’était ma coiffeuse.

Je dis « ma » mais ce n’est que la deuxième fois qu’elle me coiffe …

Bon contact la première fois, sans aller dans des sujets très profonds, j’avais senti des intérêts très variés et intéressants.

Cette fois-ci on a plongé directement, sans préparation.

A bout de quelques phrases, elle me dit :

« Je ne vais quand même pas changer de métier, quoique … ».

Elle bascule sur un autre sujet mais je reviens sur le « quoique … ».

Je lui demande : « Si vous n’étiez pas coiffeuse vous feriez quoi ?« 

Elle s’arrête.

Le mental sent l’attaque de l’équilibre actuel : « Je ne sais pas … pourquoi vous me demandez ça ?« 

« Vous avez dit « quoique … » du coup je me demandais ce que vous feriez d’autre si vous aviez le choix. »

Elle me raconte ce qu’il lui manque dans son métier aujourd’hui : de la créativité, un sentiment de contribution, …

Elle s’est posée beaucoup de questions il y a quelques années, elle me dit qu’elle avait même fait un bilan de compétence il y a 2 ans et demi.

La réponse du bilan : « Non ben coiffeuse, ça vous va bien ! »

Elle semblait déçue de la réponse et en même temps rassurée.

Puis elle tombe sur le métier de « socio-coiffeur ».

Elle me dit que ça lui avait parlé fort mais que « après réflexion » elle avait peur de côtoyer des malades toute la journée …

« Réflexion » alimentée par les proches ou l’entourage …

Elle a fait un soin énergétique et la thérapeute lui avait demandé : « Qui est Céline ? »

Sur le moment ça la secoue et elle pleure beaucoup.

La discussion part sur autre chose mais je rebondis sur cette question :

« Qui est Céline alors ? »

Je sens le mental qui « bugge » à nouveau …

Le geste s’interrompt et les yeux prennent ce regard à la fois surpris et à la fois touché profondément.

« Ben euh … »

Elle revient sur cette idée de coiffeur pour les personnes malades.

La personne du soin énergétique l’a prévenu qu’elle est du genre « éponge » et que côtoyer des malades toute la journée est une mauvaise idée pour elle.

Encore une fois elle semble déçue et en même temps rassurée.

Je lui glisse que, de ce que lui disent les personnes autour d’elle, elle peut ne prendre que ce qui résonne pour elle … et laisser le reste de côté.

Et elle revient encore sur « socio-coiffeur » et là le mental se lâche pour trouver 1001 raisons de ne pas aller dans cette voie-là :

Le boulot, une formation de 9 mois, des enfants, un mari souvent en déplacement, manque de confiance, peur de voir des malades, …

Je laisse faire …

Elle me demande si je veux mes cheveux coupés un peu plus court encore.

Je réponds oui alors que ça me va très bien comme ça.

La question semblait orientée et j’avais le sentiment que la conversation devait se prolonger quelques instants de plus.

La discussion revient sur son métier de coiffeur actuel qui commence d’ailleurs à lui poser des soucis de santé (apparemment à l’épaule).

« De toute façon, viendra bien un jour où il faudra que je change, donc je changerai à ce moment-là. »

Je réponds presque du tac o tac : « Oui c’est ça, autant attendre le burn-out ou l’accident du travail, comme ça au moins vous n’aurez pas le choix. »

Je suis surpris de dire ça spontanément, d’habitude la politesse l’emporte et je me retiens.

Et en même temps, je sens que ça fait mouche, je sens son mental bugger encore une fois.

Je la rassure, je lui dis que c’est normal de se poser des questions.

Mais quand on se pose ce genre de questions, c’est bien de chercher des réponses.

Et depuis quelques minutes, j’entends « guérisseuse » dans ma tête mais je n’ose pas le dire à haute voix (bien qu’on soit seuls tous les deux dans le salon !).

La coupe est terminée.

J’hésite.

Une collègue à elle arrive et commence à s’activer dans le salon.

Un client rentre.

Je me lève pour prendre mon manteau.

J’ai « guérisseuse » qui continue de me trotter dans la tête.

La discussion continue, elle me tend l’appareil pour payer par carte bleue.

Au moment de glisser la carte, je lui demande d’un seul coup :

« On vous a déjà dit que vous étiez une guérisseuse ? »

C’est sorti tout seul et je n’aime pas trop la tournure de la phrase mais elle me répond :

« Si seulement c’était vrai ! »

Je tape mon code de carte bleue et je lui dis :

« Et si ça l’était ? »

Silence.

Elle me sourit et me dit : « On continuera la discussion la prochaine fois ! ».

« Bonne après-midi ! » 😉

-Jean-Philippe

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4 commentaires

  1. la petite graine est plantée cela va faire son chemin pour certain cela prend vite et pour d’ autres un peu plus de temps!! oh !peur quand tu nous tiens !parfois le chemin est long pour comprendre accepter et accueillir c’ est ainsi il n’ y a pas d’ espace temps recevoir , méditer, et donner!
    Merci Jean-philippe

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