
Nicolas est allongé sur le sol de son salon dans la position du fœtus.
Il ne comprend pas ce qu’il se passe.
Il y a quelques jours encore tout allait bien ou mieux en tout cas.
Et tout s’est enchaîné rapidement.
Sa femme est partie en vacances pour deux semaines avec les enfants.
Leur relation est tendue en ce moment et un peu d’espace lui fait du bien.
Au travail, un gros projet se termine, les résultats sont décevants.
La motivation est au plus bas pour le projet suivant et pour la suite de sa carrière de manière générale.
Ce jour-là, Nicolas se retrouve seul à la maison, tout est calme après l’effervescence des derniers jours.
Les premières heures sont salvatrices.
Du calme, du silence, un peu de rangement et de nettoyage pour repartir sur de bonnes bases.
Mais très vite, le calme et le silence se transforment en vide.
Nicolas regarde sa maison.
Vide.
Le vide semble l’envahir et il commence à le ressentir à l’intérieur de son corps.
Au début, c’est inconfortable, son premier réflexe est de vouloir le combler.
Il met de la musique, repart sur un peu plus de nettoyage et de rangement.
Mais cela ne suffit pas.
Nicolas décide de regarder un film, puis un deuxième mais le vide est toujours là.
Il décide alors d’aller se coucher et dormir comme pour échapper à ce vide envahissant.
Le lendemain matin, au réveil, Nicolas à l’impression d’avoir la gueule de bois.
Il se lève machinalement, ouvre les volets, regarde dehors et soupire.
— A quoi bon …, se dit-il intérieurement.
Et comme s’il avait été appelé par ces quelques mots, ce sentiment de vide revient, plus fort, plus violent en lui.
Il ne se rappelle pas avoir ressenti cela auparavant.
Une part de lui a peur, comme s’il pouvait tomber dans ce vide infini à l’intérieur.
Nicolas commence à se sentir comme aspiré intérieurement.
Il cherche à marcher dans la maison, à s’occuper avec son téléphone, un jeu, quelque chose mais rien n’y fait.
L’aspiration devient trop forte.
Il a l’impression de tomber intérieurement.
Il finit par s’allonger sur le sol de son salon, à même le tapis, dans la position du fœtus, et ferme les yeux.
La sensation de vide l’a complètement envahi, comme si il était en dehors de sa vie désormais, juste là, recroquevillé sur le sol sans que rien n’existe plus autour ni même à l’intérieur.
Plus rien ne semble avoir de sens, Nicolas est juste là, au milieu du néant.
Il respire lentement, les mains sur ses yeux.
Une part de lui s’éveille.
Il prend conscience de la situation.
Il s’observe, là, allongé par terre, comme vidé de lui-même, au milieu du vide.
Nicolas s’étonne.
Il n’a plus peur, il s’interroge sur ce qu’il se passe, mais il reste serein.
— Peut-être que c’est juste un moment à traverser, se dit-il.
Il accueille alors ce vide, il le regarde en face, avec la tristesse qui l’accompagne et qui monte en lui.
Les larmes viennent et sortent.
— Que c’est triste tout ce vide, se dit-il intérieurement.
Il continue de s’observer quelques instants, laissant les larmes couler.
Au bout d’un moment, la situation le fait presque sourire :
— Punaise, je suis vraiment au fond du trou !
Une dernière part de lui lâche prise en lui et il accueille cet état d’être pleinement désormais.
Et là, c’est la bascule.
Le monde intérieur de Nicolas semble se retourner, comme s’il passait au travers du sol pour ressortir de l’autre côté.
Cette sensation de vide est toujours là mais complètement différente.
Elle n’est plus inconfortable, elle est inspirante.
Comme si la perception de vide s’était retournée aussi pour Nicolas.
Une image lui vient.
Il se voit pleurer devant une page blanche qu’il tient dans ses mains, une page vide de toute écriture, de tout dessin, légèrement grisâtre.
La scène se transforme à peine.
Il se voit rempli de joie devant cette même page blanche qu’il tient toujours dans ses mains, cette fois plus lumineuse comme si elle l’invitait.
Cette fois, il se réjouit de ce qu’il va pouvoir créer sur cette page blanche.
— Le plomb a été transformé en or …
Nicolas ouvre les yeux intérieurement.
L’inconfort a complètement disparu.
Il a laissé la place à l’excitation, à l’amusement, à la joie.
Sa vie est vide de sens ?
Super !
Quel sens va-t-il bien pouvoir lui donner désormais ?
Nicolas ouvre les yeux véritablement cette fois.
Il ne sait pas combien de temps il est resté allongé là sur le sol.
Il sent son corps se remplir doucement d’une nouvelle énergie.
Comme du carburant dans une fusée, prête au décollage.
Nicolas se lève sans réfléchir.
Il est surpris lui-même de cet élan de vie soudain.
Et il sourit.

Éclaireur
Éclaireur de chemin, j’apporte de la lumière sur notre expérience de vie pour toujours plus de conscience sur nos pensées, sur notre cheminement, sur qui nous sommes vraiment.
(pour en savoir plus sur mon cheminement, lire qui suis-je ?)






Magnifique ! j’adore
Magnifique ! quel beau retournement, j’adore
Belle histoire..notre vie égotique nous tire vers l’extérieur et nous remplit temporairement.Vider l’égo c’est ressentir ,s’arrêter méditer…vers sa vie intérieure..
Facile sur le papier, mais à retrouver sur le terrain in situ
Bonjour Jean Philippe,
Merci beaucoup pour l’histoire de Nicolas, très inspirent.
Bon weekend
Jacques
Exactement ce que je suis en train de vivre ce matin …
Merci Jean Philippe pour ces belles histoires toujours inspirantes et qui donne du baume au cœur, qui nous donnent l’envie de toujours y croire, d’accepter ce qui est est, ce qui passe, pour mieux s’ouvrir à demain
Dominique
MERCI pour le partage de ce texte, sur le vide ! j’espère que le jour où j’aurai moi aussi, encore cette sensation, je repenserai à ce texte et que je me laisserai aller davantage dans ce vide pour en ressortir plus confiante. le fil du rasoir est moins confortable on dirait. Merci pour cette expérience. Merci pour cette page blanche.
Très belle histoire inspirante merci oui à tout les jours nous avons notre page blanche que nous pouvons écrire notre histoire merci bonne journée