Quand le mental bloque les émotions

emotion le propre de l'homme ?

Je suis étonné de voir en séances de coaching à quel point certaines personnes ont mis en place des stratégies mentales pour éviter de vivre des émotions.

C’est quand j’oublie que moi le premier, je faisais pareil :-).

Notre mental est capable de contrôler beaucoup de choses mais souvent, il nous fait seulement croire qu’il les contrôle …

D’un côté, c’est incroyable de voir que le mental peut être aussi efficace et performant et d’un autre côté, c’est incroyable de voir dans quel genre de comportement inattendu voire dangereux il peut nous conduire (allo burn-out ?).

Le plus souvent, les stratégies du mental finissent par conduire la personne dans une impasse, d’où la sensation de blocage ressenti dans la vie

Bloqué à l’extérieur = bloqué à l’intérieur

Dans tous les cas, ces stratégies ont très souvent pour but d’étouffer une situation émotionnellement difficile à gérer ou en tout cas perçue comme telle.

On met un pansement sur la plaie et on pense à autre chose.

Parce qu’on a oublié que le corps SAIT gérer nos émotions.

Il sait quoi en faire :

  • De la tristesse arrive, les larmes vont commencer à monter et à sortir.
  • De la joie arrive, et on se met à rire, à avoir la banane jusqu’aux oreilles, à sauter, à danser, à crier (regardez les enfants dans une cour de récréation).
  • De la colère arrive et le corps veut bouger plus violemment d’une manière ou d’une autre.

Dans tous les cas, le corps sait laisser cette émotion le traverser pour l’évacuer :

  • La tristesse est là, on pleure un bon coup et on se sent mieux. Ça vous est déjà arrivé ?
  • La joie est là, on l’exprime tout azimut et quand le calme revient, on se sent super bien.
  • La colère est là, et si elle est exprimée sainement, on se sent mieux après.

L’émotion a fait sa vie, hop on passe à autre chose maintenant !

Sauf que …

Sauf que grâce à notre « super » mental, il nous arrive de bloquer ces émotions !

De bloquer le processus de traitement et d’évacuation par le corps.

Pourquoi ?

  • Parce qu’on nous a dit qu’une personne forte ne pleure pas et on veut être fort.
  • Parce qu’on nous a dit que c’est bien de rire mais pas trop non plus, ça peut déranger les autres.
  • Parce qu’on nous a dit que la colère c’était pour les mauvaises personnes.

Et on y a cru.

Du coup, qu’est-ce qu’il se passe quand l’émotion arrive ?

Le corps commence à réagir pour la traiter mais le mental interrompt le processus :

  • Une première larme arrive mais je l’arrête tout de suite et je me change les idées.
  • J’ai un fou rire qui se déclenche mais je vais l’étouffer parce que j’ai peur de ce que vont penser les autres et je commence à ressentir de la frustration à la place.
  • Je serre les poings de colère mais je les garde le long du corps parce que je ne veux pas montrer que je ne suis pas content.

Vous n’en faites qu’à votre tête !

On continue de développer des stratégies mentales pour bien contrôler ces émotions.

On met un pansement, un truc pour cacher et faire semblant que ça va mieux.

Mais l’émotion reste là, quelque part en dessous.

Et elle se renforce, prend de plus en plus de place à mesure que j’accumule les expériences qui génèrent la même chose.

Et « bizarrement », la vie va m’apporter plein d’expériences pour revivre ces mêmes émotions encore et encore.

C’est comme s’il y avait un complot pour revivre les mêmes situations pour faire ressortir ce qui est resté bloqué émotionnellement !

Et généralement, ces situations sont de plus en plus fortes, vous avez remarqué ?

Certains diraient que c’est normal, que la vie cherche à nous aider à aller mieux en nous invitant à regarder ce qu’on ne veut pas voir ! 🙂

On se frotte ainsi encore plus à la vie et en se frottant, on peut arracher le pansement et là, aïe ça fait mal à nouveau !

Alors hop hop hop, gros problème, grosse solution, on remet un pansement plus grand !

Avec du scotch renforcé !

Mais le complot continue ! C’est de « pire » en « pire » ! Une situation encore plus difficile arrive et arrache encore plus violemment le pansement !

Alors là, pas question que ça recommence !

On va mettre un plâtre pour protéger toute la zone !

Ouf ça va mieux. Et ça tient …

Sauf que …

Le plâtre nous empêche de bouger comme avant.

Il nous empêche d’expérimenter avec cette partie du corps.

Il nous empêche de ressentir

Il nous empêche de vivre !

Jetez les pansements

Donc arrêtez de mettre des pansements.

Si une émotion est bloquée et demande à sortir (des larmes vous viennent dans un même type de situation répétitif), laissez-la sortir (autorisez-vous à pleurer !).

Aussi longtemps qu’il le faudra, aussi souvent qu’il le faudra.

Laissez faire le corps.

Si vous utilisez des stratégies pour vous empêcher de ressentir, vous empêchez le processus d’évacuation de se produire et vous êtes piégé-e.

Ce n’est pas avec le mental que vous allez pouvoir vous libérer, il pourra vous aider dans le processus et la recherche de solutions mais la mise en oeuvre ne sera pas par lui.

Ça peut être long, court, rapide, intense ou léger, peu importe, il n’y a pas de règle.

Posez l’intention de vous libérer de cette émotion et laissez faire.

Il s’agit de refaire fonctionner le processus naturel de traitement des émotions par le corps.

Exprimez ces émotions sainement pour vous et pour les autres, je pense notamment à la colère (allez crier en forêt ou donnez des coups de poings sur votre matelas, vous verrez ça fait du bien).

A vouloir contrôler vos émotions, vous vous coupez de votre vie.

Tu ne peux pas te protéger de la tristesse sans te protéger du bonheur.

Jonathan Safran Foer

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3 commentaires

  1. Quel magnifique exposé. C’est clair, synthétique et ça, cela me fait ressentir une grande émotion. Alors de votre côté, quand vous écrivez ce post, est ce votre mental ou vos émotions libérées qui s’expriment ?

  2. Merci pour cette analyse précise et pragmatique. ?. Comme toujours c’est « juste » comme il faut. Je suis parfaitement en phase avec ce discours, que ce soit par mon vécu, mes croyances ou mes émotions. ?

  3. L’émotion est comme l’énergie. Elle ne produit d’effet que si elle émise et transmise à travers un conducteur. Empêchez-la de circuler et c’est le court-circuit.

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