L’histoire que je ne connais pas

Si nous sommes créateurs de notre réalité, de notre expérience, individuellement et collectivement, comment se fait-il que nous soyons bloqués parfois dans la Vie ?

Que les choses n’avancent pas ?

Que nous revivons toujours les mêmes situations ?

Que nous rencontrons à chaque fois les mêmes difficultés ?

Ou alors qu’on y arrive mais après tant d’efforts, de sacrifices, d’énergie dépensée ?

Si je peux écrire avec un stylo et une feuille A4, là tout de suite, ce que je veux vivre dans ma vie, si VRAIMENT j’ai ce pouvoir de créer ce que je veux, comment se fait-il que je vive quand même cette situation ?

En fait, la liberté de créer ce que je veux est limitée par ce que je pense pouvoir faire, par les histoires que je me raconte, sans m’en rendre compte.

Je pense être libre mais en fait je suis libre dans l’histoire que je me raconte.

Par exemple, dire que je dois écrire avec un stylo et une feuille A4, c’est déjà une histoire que je me raconte.

Je peux aussi écrire avec un feutre et une feuille A2, avec une craie et du carton, avec du ketchup sur la table, avec des chaussettes sur la terrasse, ou bien encore avec un tournevis sur le mur de la maison (n’hésitez pas à partager votre manière en commentaire ! 🙂 ).

Notre espace de liberté est limité par des règles dont on n’a pas forcément conscience.

Des règles qui sont tellement “normales” pour nous qu’on ne les considère plus comme des règles, c’est la “normalité”.

Conduire une voiture par exemple.

Une voiture, ça se conduit sur les routes, dans les rues, sur des parkings, …

Maintenant, si vous voyez une voiture rouler sur un terrain de foot, dans un supermarché ou au milieu des rayons d’une bibliothèque, il y a une partie de votre mental qui va réagir.

Quelque chose n’est pas “normal”.

Un week-end, je me promenais le long des cascades du hérisson (dans le Jura pour ceux qui connaissent) sur un chemin en terre.

Cela ne me serait jamais venu à l’idée qu’une voiture puisse circuler ici, parce que le terrain ne s’y prêtait pas du tout, trop étroit, trop rocailleux, trop de dénivelé, etc.

Et pourtant, les gens devant moi ont commencé à s’écarter, stupéfaits, pour laisser passer une petite voiture citadine !

Moi-même je suis resté là sur le côté, interloqué, à essayer de comprendre comment une voiture pouvait être arrivée jusque-là !

L’idée que je me faisais de ce chemin de randonnée, l’histoire qui allait avec, avait été bousculée par cette voiture !

Il y avait quelque chose qui ne rentrait plus dans les cases, qui ne suivait plus les règles.

Et ces règles nous limitent.

Il y a une course appelée le “Mile” qui consiste à courir la distance d’un mile (environ 1600 mètres).

Pendant longtemps, il y a eu une barrière psychologique à 4 minutes.

Beaucoup disaient qu’il était impossible de finir cette course en dessous de 4 minutes.

Jusqu’à ce que Roger Bannister réussisse l’exploit en 1954, ce qui provoqua même une interruption de séance au parlement britannique tellement c’était exceptionnel.

Ce qui est étonnant c’est que très rapidement ensuite, de nombreux athlètes réussirent eux aussi à finir la course en moins de 4 minutes.

Roger Bannister avait montré que c’était possible.

Il avait montré que l’histoire collective selon laquelle il était impossible de finir la course en moins de 4 minutes, était fausse.

La croyance limitante pour les autres athlètes avait sauté.

Parfois, on a beau montrer qu’une histoire collective ne tient pas debout (preuves à l’appui), l’histoire tient bon quand même et cela prend du temps pour qu’un réel changement ait lieu.

Bien sûr, certains ont aussi un intérêt à maintenir une histoire collective en place … quitte à la faire évoluer légèrement voire grossièrement parfois, jusqu’à ce qu’elle explose en morceaux à force d’être déformée …

Mais les comportements perdurent en attendant un “réveil”, une prise de conscience qu’ IL Y A une histoire en train d’être racontée.

Individuellement, cela peut être encore plus subtil, car on peut être seul avec son histoire.

Et s’il y a des éléments extérieurs qui viennent un peu la bousculer, on va la faire évoluer légèrement pour en tenir compte, nous aussi.

Et si ça bouscule trop, on peut très bien s’enfermer, s’isoler pour que personne ne touche à notre histoire.

Si par exemple, j’arrive à des résultats dans ma vie, mais ça demande beaucoup de travail, de durs efforts et énormément d’énergie !

Pour moi, c’est la normalité, c’est comme ça que ça doit se passer, ça DOIT être difficile.

C’est l’histoire que je me raconte et je ne m’en rends pas compte.

Parce que, petit, j’ai peut-être entendu dire que

  • “si c’est trop facile, ça n’a pas de valeur”,
  • ou bien “qu’il faut travailler dur”,
  • qu’il faut “souffrir pour réussir !”.

Pour une raison ou une autre ça m’a marqué : le contexte émotionnel, l’autorité de la personne, peu importe.

Ce qui compte c’est qu’à partir de ça, je me suis construit une histoire que je me suis répété et répété encore jusqu’à l’oublier, paradoxalement.

C’est devenu inconscient.

Depuis, oui, j’arrive à réaliser des choses, mais je me galère, je lutte, j’ai l’impression de courir dans l’eau …

Je vais peut-être blâmer l’extérieur : les autres personnes, les procédures, la technologie, etc.

Mais peut-être qu’en fait inconsciemment, comme il faut que ce soit difficile (sinon ça n’a pas de valeur dans l’histoire que je me raconte), je vais choisir des personnes peu fiables ou incompétentes, je vais malencontreusement oublier des papiers pour des dossiers, je vais faire des erreurs techniques “malgré moi”, je vais procrastiner comme ça, ça prendra encore plus de temps, et je pourrais dire que ça a été long et difficile, etc.

Je vais faire des choix qui vont aller dans le sens de l’histoire que je me raconte.

Cette histoire va donc limiter ma capacité à créer l’expérience que je souhaite, tout comme une feuille A4 limite l’espace où je peux écrire (à moins d’écrire sur la table 🙂 ).

Je crée donc l’expérience de me limiter moi-même dans ma capacité de création !

J’ai une baguette magique dans la main et je me jette un sort pour m’empêcher d’utiliser la magie de 9h à 17h ! 🙂

J’ai oublié que je me suis jeté ce sort et je ne vais pas comprendre pourquoi la baguette ne marche pas la plupart du temps !

Ça paraît bête et pourtant c’est ce qu’on fait tous !

Quelle histoire ! 🙂

Reprendre son pouvoir de création, c’est reprendre conscience des histoires qu’on se répète inconsciemment.

C’est ça vivre et grandir en conscience.

Alors, quelles histoires vous racontez-vous ?

Partagez cet article à vos amis :

Laisser un commentaire

3 réflexions au sujet de “L’histoire que je ne connais pas”

  1. Bonjour Jean Philippe.
    Magnifique bien sûr je vais rejoindre ..mais n’oubliez pas que j’ai 85 ans bientôt et çà c’est pas une histoire que je me raconte!!
    Amicalement à bien vite
    Christine⚓

    Répondre
  2. Sur l’histoire que je connais pas, j’aurai écrit la mienne avec les nuages. Mon cerveau me permettrait de voir les formes et d’interpréter ainsi mon histoire pour laisser plus d’imaginaire à mon futur.

    Merci beaucoup pour toute ces histoires que vous envoyez, cela m’aide beaucoup quotidiennement et j’aspire à plus de positivité 😊
    Belle journée

    Répondre
  3. Bonjour,
    L’histoire de la voiture citadine qui emprunte un sentier de randonnée me heurte car la personne qui la conduisait n’a peut-être pas de limites elle…mais que fait-elle du respect de la Nature, des piétons randonneurs pour qui cela peut être dangereux sans parler de la pollution ? !!!
    Je préfère me poser certaines limites si elles correspondent à mes valeurs profondes, à l’essence de mon être pour qui l’Autre, la Nature c’est aussi moi….
    Cordialement.
    Jocelyne

    Répondre