Changer de perspective, oui mais comment ?

Changement de perspective

Pendant longtemps, j’ai eu du mal à comprendre ce que voulait dire « changer de perspective ».

J’avais une vague idée intellectuelle, mais c’est vrai qu’il y avait une frustration quand un enseignant utilisait ces termes pour inviter à transformer une situation.

Ça paraissait trop simpliste, comment changer de perspective pouvait-il affecter mon expérience ?

Et puis, deux neurones se sont connectés lors d’une session d’accroc-branches !

L’accroc-branche c’est quoi ?

C’est un parcours dans les arbres avec des « ateliers » à traverser.

Vous avez un harnais et vous êtes accroché tout du long à une ligne de vie (généralement vous ne pouvez pas vous décrocher de ce câble avant la fin du parcours pour des raisons de sécurité, ouf !).

Vous passez d’arbre en arbre en traversant des « ateliers », des épreuves d’équilibre où vous devez traverser en vous accrochant à un filet, en passant d’étrier en étrier, ou bien de rondin en rondin plus ou moins stables.

Il y a souvent plusieurs niveaux de difficulté et la hauteur des ateliers dans les arbres en fait partie.

C’est un excellent moyen de re-découvrir des muscles que vous n’utilisez pas tous les jours ! 😁

J’ai donc commencé avec les parcours les plus simples, un petit échauffement pour se remettre dans le bain.

L’un des premiers ateliers est simplement de marcher de plaque de bois en plaque de bois.

Les plaques sont larges, les câbles bien tendus, même pas besoin de se tenir.

On est à quelques mètres du sol, tout va bien.

J’enchaîne les parcours et je finis avec le parcours spécial tyroliennes, où les ateliers sont principalement de longues traversées où, à l’aide d’une poulie, vous vous laissez glissez d’un arbre à un autre. Mon atelier préféré ! Surtout quand ça passe au-dessus d’un lac !

En toute logique, il faut partir d’un point haut pour pouvoir enchaîner les descentes.

On commence donc à monter à l’aide d’échelles, et de courtes escalades dans une tour de bois.

Nous arrivons au point le plus haut du lieu.

Après une première tyrolienne toute simple, arrive un atelier, simplement pour faire une transition entre deux arbres assez proches.

C’est le même atelier que celui par lequel j’avais commencé tout en bas : de larges plaques bien stables sur lesquelles il suffit de marcher.

Je regarde l’atelier devant moi, je le reconnais, je me sens tranquille et à l’aise.

Puis j’entends une voix forte plus bas, je porte mon regard sur le sol pour voir d’où ça vient et de quoi il s’agit. Un parent qui appelle son enfant.

Je prends conscience à ce moment-là de la hauteur…

Je regarde à nouveau l’atelier devant moi, en ayant la perspective du sol en dessous cette fois.

Je sens mon état intérieur commencer à changer, sans même avoir commencé à bouger.

Je ne suis pas sujet au vertige, vous vous en doutez, mais j’ai senti mon état intérieur commencer à basculer vers un inconfort certain, voire un début de peur de tomber.

Simplement parce que j’ai replacé l’atelier dans une perspective plus large, incluant la hauteur de l’arbre !

Je prends conscience du changement intérieur en train de se produire et je choisis de revenir à une perspective plus isolée, plus centrée sur l’atelier en laissant de côté tout le reste (notamment la hauteur de l’arbre !).

Ça va tout de suite mieux et je traverse l’atelier comme si de rien n’était.

C’est un « classique » des conseils : « regarde juste le prochain pas, regarde devant toi, ne regarde pas en bas .. » qui invite à revenir à une perspective plus petite dans ces moments-là.

Je me rappelle en arrivant à la plateforme suivante avoir pris conscience de ce changement de perspective et quelque chose a cliqué en moi, les deux neurones se sont connectés !

Changer de perspective sur une situation peut affecter votre état intérieur.

Certes, mon exemple peut paraître simpliste et évident (« ne regarde pas en bas », ce n’est pas franchement pas nouveau comme conseil, merci Jean-Philippe), mais il illustre notre capacité à changer notre état intérieur en changeant de perspective.

Simplement en regardant une situation autrement.

Cela vous parle ?

J’ai le sentiment que vous aimeriez d’autres exemples de changements de perspective, alors c’est parti !

Se mettre à la place de quelqu’un d’autre.

Et oui, grand classique aussi pour changer de perspective.

Comprendre la perspective d’une autre personne permet de percevoir la situation autrement et peut-être ainsi de changer d’état intérieur.

Changer de perspective : six ou neuf
six ou neuf ?

Si je suis dans un état intérieur de tension, de conflit, et que je me mets à la place de l’autre, je vais pouvoir peut-être glisser vers un état intérieur plus apaisé, parce que je comprends aussi qu’à la place de l’autre, je réagirais pareil … (par exemple).

Changer de perspective temporelle.

Passer par exemple du temps court au temps long.

Est-ce qu’un événement qui a lieu ici et maintenant aura de l’importance dans 10 ans ?

Si je change ainsi de perspective, est-ce que ma réaction sera la même ?

Est-ce que mon état intérieur sera le même ?

Peut-être que je vais y accorder moins d’importance.

Si j’oublie d’arroser mes plantes une fois, ce n’est pas la fin du monde.

Mais si j’oublie de l’arroser tous les jours pendant un an, c’est certainement la fin de la plante !

Vous connaissez peut-être aussi cet adage : on sur-estime ce qu’on peut faire en un an, on sous-estime ce qu’on peut faire en 5 ans.

Changer de perspective nous offre donc un éventail plus grand de choix.

De choix d’états intérieurs.

De choix de réactions.

De choix d’actions.

Un dernier exemple de changement de perspective ?

La perspective sur qui je suis.

Pas sur moi, Jean-Philippe, mais sur vous-même ! 😅

Si j’adopte la perspective que je suis un simple être humain dans un corps physique, et que je vis une expérience aléatoire biologique, je vais avoir un certain éventail de choix d’états intérieurs, de réactions, d’actions.

Si je change de perspective sur qui je suis, que j’adopte l’idée que je suis un être bien plus vaste qu’un simple corps physique arrivé là par hasard, que je vis certaines expériences pour une raison plus élevée, que la Vie est bien plus qu’un phénomène biologique, et que j’ai des capacités, des intentions qui dépassent celles du « simple humain »petit » Jean-Philippe …

… alors je vais avoir un bien plus grand éventail de choix d’états intérieurs, de réactions et d’actions dans ma réalité.

Je l’ai vu à maintes et maintes reprises, ce simple changement de perspective peut permettre de comprendre le sens d’une expérience douloureuse et ainsi changer d’un état intérieur de colère permanent à un état intérieur de paix intérieure.

Il est là peut-être le changement de perspective le plus puissant.

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2 réflexions au sujet de “Changer de perspective, oui mais comment ?”

  1. Merci, c’est vrai que c’est intéressant
    La difficulté, c’est que lorsque on vit quelque chose dans l’instant présent, on n’a pas toujours le recul nécessaire pour voir l’ensemble de la situation… et après, étant donné qu’on est pas seul, la résolution de la situation. , n’est pas toujours évidente …

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  2. Eh oui comme on dit souvent : tout est dans la tête! je penses que l’on peut même rajouter que cette prise de conscience
    est directement liée a la conscience de l’instant présent , la pleine conscience , de qui suis en ce moment par rapport a cela ! (dixit Neale Donald Walsch!) 😉

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