
— Pourquoi je suis dispersée comme ça ?
Constance se tient debout au milieu de la pièce.
Avant de colorier son mandala entamé sur la table, elle s’apprêtait à aller vers la fenêtre pour vérifier la température extérieure. Un pas, deux pas… et elle s’est rappelée en chemin qu’il y avait une lessive à sortir.
Direction la machine à laver. Un pas, deux pas… et puis, l’idée du séchoir dans le placard de la chambre surgit. Demi-tour. Le mouvement est interrompu, la pensée dévie déjà ailleurs.
En repensant au linge à étendre, elle se rappelle aussi qu’elle a oublié d’ajouter de la lessive à sa liste de courses sur la table. Elle a fait quelques pas vers celle-ci pour se retrouver au point de départ.
Tiraillée par toutes ses pensées, Constance s’est arrêtée net, déjà fatiguée toujours debout, les mains sur les hanches, le regard baissé sur le sol, comme si elle attendait un moment calme dans sa tête pour décider quoi faire.
Dans une autre dimension, au même moment.
— Ah ben, on y est arrivé ! s’exclame l’apprenti-guide à son maître.
— Ne crions pas victoire trop vite, modère maître Paul, elle a pris conscience qu’elle était dispersée, mais il faudrait arriver à l’emmener un peu plus loin…
— Vous êtes pessimiste parfois, maître, je pense qu’elle a compris !
Constance a étendu seulement quelques chaussettes, lorsque le téléphone a sonné.
Elle décroche depuis le salon. Un faux numéro.
Elle aperçoit la liste de courses sur la table et reste plantée le stylo dans la main, n’arrivant plus à se rappeler ce qu’elle voulait ajouter à la liste.
Elle regarde l’heure sur le four de sa cuisinière :
— Déjà !? Il faut que j’y aille ! Je n’ai le temps de rien faire ! Moi qui voulais colorier un peu avant de partir… dit-elle tristement en regardant son mandala sur la table.
Constance part à son rendez-vous dans l’urgence, un peu plus fatiguée encore, sans sa liste de courses et avec la machine à laver le linge encore pleine…
— Pessimiste ou réaliste ?
— Je pensais vraiment que cela allait suffire…
— Quand je pense qu’il ne faudrait pas grand-chose pour qu’ils changent leurs habitudes, juste un peu d’entraînement, un peu de pratique.
— Que voulez-vous dire ?
— Pour la suite de son chemin, notre amie Constance a besoin d’apprendre à se concentrer, à focaliser un peu plus ces pensées dans une direction qu’elle choisit. Mais la concentration, c’est comme un muscle, si on ne l’entraîne pas, il perd de sa force. Et le mental est libre de partir dans tous les sens. On prend ça pour de la créativité ou autre, mais à la fin rien ne se concrétise.
— Et nos messages se perdent dans leur brouhaha intérieur…
Maître Paul regarde son apprenti, surpris.
— Oui, c’est exactement ça !
— Bon et bien, faisons-lui comprendre un peu plus encore !
— Une idée peut-être, mon cher apprenti ? demande maître Paul sur un ton de défi.
Constance passe d’un onglet à un autre sur son navigateur, parmi les 21 sites web ouverts en même temps sur son ordinateur.
La fatigue la gagne.
— 22h22 !
L’agréable surprise de cette synchronicité laisse la place à la déception.
Constance regarde la longue liste des choses qu’elle voulait faire dans sa journée et rien ou presque n’est coché.
Sans compter qu’elle voulait prendre le temps de colorier son mandala pour se relaxer.
— Pourquoi je suis dispersée comme ça ? Je n’ai le temps de rien faire…
Elle ouvre alors un nouvel onglet et tombe rapidement sur une vidéo qu’elle lance aussitôt.
— « … vous croyez faire beaucoup de choses alors que vous n’en faites aucune ! Le multitâche est un mythe… »
Constance repense à sa journée et toutes les choses qu’elle a essayé de faire en parallèle sans en finir aucune.
–– « Vous allez vous le prouver à vous-même ! Prenez une feuille de papier et un crayon et de quoi vous chronométrer…«
Constance attrape sa liste de courses — en soupirant de l’avoir oubliée plus tôt — la retourne et prépare son téléphone.
— « Bien ! Vous allez écrire la liste de ces 5 prénoms, les uns en dessous des autres en vous chronométrant… »
Constance fait l’exercice et stoppe le chronomètre : 16 secondes.
— « Ok ? très bien maintenant, vous allez réécrire cette liste de prénoms, sauf que cette fois, vous écrirez la première lettre seulement du premier prénom, puis en dessous, la première lettre du deuxième prénom, et ainsi de suite, en ajoutant une seule lettre à la fois, jusqu’à ce que vous ayez écrit tous les prénoms en entier. »
Constance regarde l’exemple à l’écran puis se chronomètre.
— 58 secondes ! s’exclame-t-elle, je me suis plantée une fois ou deux mais quand même !
Elle regarde un instant le sourire figé mais satisfait de la personne sur la vidéo avant de reprendre la lecture.
— « … vous avez tout intérêt à entraîner votre concentration en trouvant une activité qui la développe. »
Constance n’écoute plus que d’une oreille.
— Une activité qui développe ma concentration…
Son regard se tourne vers le mandala sur la table.
Elle fait un bond sur sa chaise.
— Alors là, je dois dire que je suis impressionné cher apprenti !
Maître Paul et son apprenti observent en silence Constance colorier son mandala avec précision, complètement absorbée par la tâche.
— On dirait que ça marche, chuchote l’apprenti comme s’il ne voulait pas la déranger. Avec un tout petit plus de concentration, elle va pouvoir faire plus de choses dans sa journée !
— Faire plus de choses dans sa vie de tous les jours, c’est bien, mais ce n’est pas le plus important. Si elle développe sa concentration comme il faut, c’est un tout autre monde auquel elle va s’ouvrir et là, on va pouvoir passer aux choses sérieuses pour son chemin !
L’apprenti acquiesce en silence puis reprend :
— Vous croyez qu’elle va se rappeler qu’elle n’a toujours pas fini de sortir sa lessive ?
Maître Paul sourit.

Éclaireur
Éclaireur de chemin, j’apporte de la lumière sur notre expérience de vie pour toujours plus de conscience sur nos pensées, sur notre cheminement, sur qui nous sommes vraiment.
(pour en savoir plus sur mon cheminement, lire qui suis-je ?)





Bonsoir
Merci biebvenu acela a causé a la dispersée que je suis. Passé de volains mome.ts mais je me bat.
Bon week end
Christine.Be