En êtes-vous vraiment « là » sur votre chemin ?

Parfois, on croit être à un endroit sur son chemin alors qu’on est complètement ailleurs.

Imaginez que vous vouliez aller de Lille (au Nord) à Perpignan (au Sud).

Allez un peu de géographie française aujourd’hui ! 🤓

Vous regardez les trajets possibles mais rien ne fonctionne pour vous, en termes d’horaire, de correspondance, d’itinéraire.

En fait, vous sentez que quelque chose cloche par rapport à ce chemin car ça n’avance pas comme vous voudriez, mais vous ne savez pas exactement quoi.

Vous avez essayé d’avancer en allant vers Paris d’abord, mais c’est comme si ça n’avait pas de sens justement, comme si ça vous éloignait.

Pourtant vous persistez à trouver un itinéraire, un prochain pas qui va dans la direction de Perpignan.

Et ça bloque.

Que se passe-t-il ?

En fait, vous n’êtes pas à Lille, mais à Bordeaux (à l’Ouest) !

Vous PENSIEZ être à Lille alors qu’en RÉALITÉ vous êtes à Bordeaux. Donc forcément vous cherchez le prochain pas en partant du mauvais endroit, pas de là où vous êtes réellement.

Quel était le réflexe quand on était perdu en ville ? (avant d’avoir les GPS sur le téléphone)

On regardait le nom de la rue !

On se reconnectait à la réalité du terrain, au concret, à notre expérience.

— Ah mais je pensais être dans la rue Victor Hugo !

— Ah mais non madame, vous êtes rue Emile Zola ici, regardez le panneau là au coin …

La réalité de notre expérience nous ramène à l’ici et maintenant, à là où nous en sommes sur notre chemin.

Parfois, c’est frustrant, je vous l’accorde.

On pense avoir lu, compris, intégré des enseignements même avancés mais en pratique, on se rend compte en regardant avec honnêteté son expérience qu’on ne maîtrise pas certaines bases … ou du moins qu’elles sont à pratiquer un peu plus ou à approfondir !

Peut-être qu’on s’est laissé emporter par notre ego qui s’est emballé et nous a fait croire qu’on était plus avancé sur notre chemin qu’on ne l’était vraiment …

Le retour à la réalité n’est pas toujours agréable, mais souvent salutaire car il nous ramène plus précisément sur notre chemin !

Ce qui nous permet de mieux choisir notre prochain pas.

Quelqu’un m’a raconté une fois partir en voyage en avion depuis l’aéroport de Beauvais pour aller en Slovaquie, il y a quelques années de cela. A l’époque, on attendait sous des tentes et le moment venu on marchait sur le tarmac pour monter à bord de l’avion.

Elle fait donc le trajet, atterrit, sort de l’aéroport et appelle l’ami qui devait venir la chercher car elle ne le voit pas. Son ami lui répond que, si, il est bien là, à la sortie de l’aéroport pourtant !

Elle regarde autour d’elle et lève les yeux pour découvrir le nom de l’aéroport. Elle n’était pas en Slovaquie mais en Lituanie ! (histoire vraie).

En marchant sur le tarmac, elle s’était malencontreusement dirigée vers un autre appareil sur le point de décoller …

Parfois, à être trop concentré sur le moyen d’avancer, on en oublie la destination.

Où est-ce que je veux aller ?

Est-ce que je veux vraiment aller à Perpignan ou bien au fond, je préférerais largement Strasbourg (à l’Est) ?

Quelle est mon intention ?

Avancer pour avancer ? (quitte à aller n’importe où ? 😆)

Grandir personnellement ?

Ressentir plus de joie ?

J’ai pu noter aussi parfois en accompagnement que vous pouvez vous sentir perdu alors que vous ne l’êtes pas du tout !

Vous pensez que vous n’avancez pas alors qu’en fait vous avancez bel et bien.

Mais comme tout trajet, cela peut parfois prendre un peu de temps !

Avant de prendre le train, il faut parfois patienter à la gare par exemple.

On n’avance pas mais il faut bien attendre que le train arrive à quai !

Il peut y avoir des moments de pause, ou des moments où on a l’impression qu’il ne se passe rien en apparence.

Cela ne veut pas dire qu’on n’avance pas, que des choses ne se mettent pas en place ou qu’on n’est pas sur le bon chemin.

Vous aimeriez déjà être ailleurs, vous pensez que vous « devriez » être déjà à un autre point (lire aussi : sortir du monde du « devrait »), vous donnant l’impression que vous êtes bloqué car vous n’y êtes pas encore !

Parfois, on croit qu’on est perdu mais on ne l’est pas.

Parfois, on est aussi plus avancé qu’on ne le croit, ou bien qu’on ne s’autorise à le croire.

Alors oui, il y a bien un piège possible de l’ego à garder à l’esprit.

Mais croire qu’on n’y est pas encore, cela permet de justifier qu’on n’ose pas y aller plus en avant !

— Je pourrais dessiner mais je ne suis pas prêt encore, je n’ai pas assez appris, je n’ai pas assez de crayons de couleurs, ou bien ce n’est pas le bon papier …

Il peut y avoir des peurs, des croyances sur le chemin qui nous bloquent.

Et donc pour éviter de s’y confronter, on va s’inventer une histoire et se faire croire à soi-même qu’on n’en est pas encore là sur le chemin.

Alors qu’en réalité, on y est, on a les réponses.

La Vie nous parle, nous guide mais on fait semblant de ne pas comprendre …

Imaginons que je pourrais parler en public mais j’ai peur de me montrer.

Pour ne pas aller voir cette peur de me montrer, je vais donc me faire croire que je ne suis pas encore prêt à parler en public, que je n’ai rien à dire, …

Je vais me faire croire à moi-même que je ne suis pas assez avancé sur mon chemin pour parler en public pour une raison x ou y.

Et donc je vais faire encore plus de formation, lire plus de livres – ce qui peut toujours apporter quelque chose certes – mais le véritable prochain pas c’est de faire face à la peur de se montrer.

Dans tous les cas, j’ai donc besoin de prendre conscience réellement de là où j’en suis sur mon chemin.

Une part de nous le sait très bien.

Et généralement, la Vie nous le montre si on l’écoute suffisamment.

A bon entendeur 😉

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4 réflexions au sujet de “En êtes-vous vraiment « là » sur votre chemin ?”

  1. Bonjour Jean Philippe
    Merci à toi pour ce très beau texte .
    Vivre le chemin sans penser à la destination c’est incontestablement s’ancrer pleinement dans la vie du moment présent.

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  2. Merci cher Jean Philippe pour ce super texte…j’ai beaucoup aimé aussi « sortir du monde du devrait »…s’ancrer dans le moment présent, accueillir ce qui s’y passe, faire ce qu’on peut à notre niveau…quand c’est possible…

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  3. Voici ce que dit Eckhart Tolle dans son livre « Le pouvoir du moment présent » : « En voyage, il est sûrement utile de savoir où on va ou de connaître de façon générale la direction que l’on emprunte. Mais n’oubliez pas que la seule chose qui soit réelle dans votre périple en somme, c’est le pas que vous faites en ce moment…
    Le but extérieur appartient à la dimension horizontale de l’espace et du temps. Le but intérieur concerne l’approfondissement de votre Être dans la dimension verticale de l’éternel maintenant. »

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  4. Bonjour Jean Philippe
    Je me pose la question, cette vie que nous menons , les choix que nous faisons, les avons nous fait déjà en parallèle ?il me semble que tout se coïncide, tout s’accorde, cela veut dire que nous sommes dur le bon chemin ?
    En vous remerciant
    NicolasB

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