
Jérôme rumine dans sa barbe alors qu’il marche d’un bon pas dans la rue.
Sa petite sœur, Juliette, vient de raccrocher de manière un peu abrupte après une longue discussion.
Déjà petite, elle ne l’écoutait pas plus que ça, mais la trentaine passée, rien n’a changé.
— Quelle tête de mule ! s’exclame-t-il à haute voix, alors qu’il prend un virage serré sur le trottoir en dépassant un badaud.
Cela fait des années qu’il la voit ainsi ne pas arriver à être pleinement heureuse, avec des hauts et des bas bien sûr.
Bien sûr, cela le rend triste, car il l’aime, sa petite sœur.
Et depuis la mort de leurs parents, il se sent un peu responsable d’elle.
Un peu … beaucoup même.
Elle s’est sentie abandonnée alors qu’elle sortait à peine de l’adolescence.
Il lui a donné des conseils, lui a rappelé certaines erreurs du passé, certains choix qu’elle a fait et refait, et qui la mène toujours à la même situation.
Il lui a offert des livres de développement personnel, lui a envoyé des liens vers des vidéos, des formations, …
— Elle est bornée, elle ne comprend pas, punaise, mais pourquoi elle ne m’écoute pas, c’est pourtant évident ?! dit-il à haute voix encore une fois.
Il voit bien qu’elle a choisi certaines études pour faire plaisir à leurs parents, même s’ils n’étaient plus là, comme pour essayer de garder un lien avec eux.
Mais cette carrière ne lui correspond manifestement pas.
Et dès la première année, elle a fait un burn-out.
— La première année ! s’exclame-t-il encore à haute voix.
Une femme qu’il croisait se retourne, surprise.
— Non désolé, je parle tout seul, s’excuse-t-il platement tout en continuant.
Et qui était là pour ramasser les morceaux du burn-out ?
— C’était bibi ! dit Jérôme en levant les yeux au ciel.
Jérôme se rend compte qu’il est en colère.
Qu’il en veut à Juliette car c’est lui aussi qui paie pour ses erreurs à elle.
Il l’avait aidé à remonter la pente, et à changer de travail, car l’ambiance était trop toxique dans le premier.
Mais il savait bien aussi que ce n’était pas une carrière pour elle.
Elle travaillait bien mais elle ne s’épanouissait pas, c’était évident pour lui.
Mais pas pour elle.
Sa deuxième expérience professionnelle dura quelques années et Juliette avait une mentor qui l’avait beaucoup fait progresser.
Elle en parlait beaucoup à Jérôme, et bien qu’il soit content que les choses soient plus stables pour Juliette, il avait un doute.
— Et ça n’a pas raté ! s’exclame Jérôme.
Quand la mentor de Juliette est partie du jour au lendemain, cette dernière s’est effondrée.
Elle s’est sentie complètement abandonnée et Jérôme ne put s’empêcher de faire le parallèle avec la douleur du départ soudain de leurs parents.
— Qui était là encore pour ramasser les morceaux ? c’est bibi ! dit Jérôme sans prêter attention aux personnes qui se sont tournées vers lui.
Jérôme marche de plus en plus vite à mesure qu’il s’enfonce dans le tourbillon de ses pensées.
Il pense maintenant à la lettre à l’Univers que Juliette a écrite et qu’elle lui avait envoyée.
Une technique qu’elle a lue dans un livre qui lui a offert.
Jérôme était ravi qu’elle tienne compte de ses conseils et de ses suggestions.
Mais il a vite déchanté quand il a lu la lettre.
Grosso-modo, elle voulait la même chose, le même travail à peu près, avec quelques tâches en plus et quelques tâches en moins, plus d’argent, et dans une ville où elle se verrait bien habiter.
— GROOOOS changement ! s’exclame-t-il à haute voix sur un ton sarcastique en levant les yeux au ciel.
Son cœur bat fort, il marche plus vite que d’habitude.
Et le coup de la fée, alors ça…
Jérôme croit à beaucoup de choses, mais une fée qui exauce des vœux dans un magasin de décoration, faut pas pousser non plus !
Il bifurque dans une rue étroite à sens unique et se retrouve face à une voiture qui pile devant lui et klaxonne.
Jérôme sursaute tout en se serrant contre le mur pour laisser passer la voiture.
Il s’arrête aussitôt, sort de ses pensées, et regarde autour de lui.
— Mais où je suis là ?
Il ne se rappelle même plus pourquoi il marche ni où il va.
Jérôme reste là quelques minutes à faire du tri dans ses pensées.
Il se rend compte qu’il a ruminé depuis tout à l’heure.
En fait, il rumine tout le temps.
Et même pas sur ses histoires à lui !
Depuis toutes ces années, qu’il essaie d’aider Juliette … en vain.
Soudain une pensée lui vient.
C’est son chemin …
— Oui, c’est son chemin, admet-il.
Il repense à toute cette énergie qu’il a dépensé pour elle, tout ce temps passé à essayer de l’aider et il lui en veut pour ça, il s’en rend compte maintenant.
Ce n’est pas juste pour elle. Elle n’a finalement … rien demandé.
Ils se sont engueulés plusieurs fois à propos des décisions de Juliette, ne se parlant plus parfois pendant plusieurs mois.
— Tu ne me soutiens jamais, lui avait-elle reproché.
Pour la première fois aujourd’hui, Jérôme se rend compte qu’elle a raison.
Il y a 10 minutes à peine, il ne l’avait pas soutenue encore une fois.
Quand Juliette lui a dit qu’elle avait trouvé exactement le travail qu’elle voulait, dans la ville qu’il voulait, il avait commencé à lui faire un sermon à nouveau.
Que c’était la même chose qui l’attendait même si c’était dans un emballage différent.
Qu’il avait eu raison à de multiples reprises et qu’elle devrait l’écouter, qu’il ne souhaitait que son bonheur.
Une tension dans la poitrine était montée en lui pendant la discussion.
Juliette lui avait presque raccroché au nez, ce qui l’irritait au plus au point.
Il avait probablement raison sur l’issue de la prochaine expérience de Juliette, mais il avait tort car il ne l’avait pas soutenue.
Et peut-être que toutes ces années à essayer de la « guider » avaient été contre-productives, qu’en voulant l’aider, il l’avait en fait empêcher d’avancer sur son chemin pour qu’elle ait ses propres prises de conscience.
Et c’est tout ce qu’il souhaitait pour elle en fin de compte, qu’elle avance sur son chemin.
Des larmes commencent à couler de ses joues, la tension dans sa poitrine se libère.
Il sort son téléphone et commence à lui écrire un message.
« Je suis désolé à propos de notre discussion de toute à l’heure. Tu as l’air tellement excitée par ce nouveau boulot, dans cette ville dont tu rêves tant. Si tu décides d’y aller, je te soutiens à 100%. Je t’aime fort, petite sœur ! »
Il range son téléphone et relève la tête, plus détendu.
— Bon, où est-ce que je voulais aller moi déjà ?
Il sourit.

Éclaireur
Éclaireur de chemin, j’apporte de la lumière sur notre expérience de vie pour toujours plus de conscience sur nos pensées, sur notre cheminement, sur qui nous sommes vraiment.
(pour en savoir plus sur mon cheminement, lire qui suis-je ?)






Oui! je commence à réaliser que c’est toujours plus facile de VOIR ce que les autres font de travers à NOTRE avis.
Ce n’est pas NOS pensées ni NOS sentiments et ni NOTRE expérience. Tous , nous devons faire nos choix et je crois qu’on peut conseillé SI on veut de nos conseils ou écouté notre opinion. Mais qui suis-je , avec mes propres erreurs de jugement tout au long de ma vie ? Choisir d’ être présente et écoute avec sincérité et amour, cela aide encore mieux selon ma nouvelle compréhension. C’est l’un des travail oû je dois me concentrer dans tous les nouveaux instants.
Pourquoi est-on si critique , si jugemental sur ce qui nous entoure? Est-ce pour affirmer notre supo supériorité( le problème de plusieurs de se croire mieux que les autres et différents, donc séparés du Tout) et aussi se croire plus intelligent (bien que je sache être dans la moyenne) ou est-ce parce que l’on cherche la vérité afin de faire les bons choix?
C’est plus dur de voir EN SOI!
Oui , je me répète, je commence à comprendre qu’on a chacun SON chemin à choisir et à décider quelle aide nous ACCEPTONS de prendre. Je crois que notre sincérité et notre constante observation attentive doit se poursuivre tout au long de notre vie. Je ne veux surtout pas dire qu’il faut être insensible aux malheurs, à la souffrance des autres mais comprendre les conséquences des causes. Et ma compréhension ce sont nos RESPONSABILITÉS sur NOS pensées, NOTRE ÉGO individuel qui a causé ce que nous avons créé dans ce monde à travers les âges et voici oû nous en sommes rendus par nos actions.
Il faut décider en voyant cette souffrance mondiale de SE CHANGER en examinant nos perceptions, nos sentiments , nos pensées, nos désirs, nos aspirations, nos paroles et surtout nos actions. Pour cela, je dois me créer un haut but idéal pour être participante à ce changement.
Merci! d’être là pour nous tous . Je vous lis assidument depuis quelques années et je continue de parcourir des livres en spiritualité. Mais je comprends qu’il ne faut pas seulement lire ce genre de lecture mais travailler sur soi . Et le travail ne s’arrêtera pas dans cette vie ni probablement dans les suivantes.