Un chemin d’évolution pour Jean

Jean avance sur son chemin à son rythme.

Un pas après l’autre, comme tout un chacun !

Bien sûr, de temps en temps, il aimerait bien pouvoir marcher plus vite.

Et de temps en temps, il marche plus lentement, comme ralenti, parce qu’au sol, le chemin est plus difficile et que « tout » semble plus lourd.

Jusque-là, Jean s’en est sorti, il trouvait le courage de « passer en force », il redoublait d’efforts pendant un temps pour avancer malgré un chemin étroit, rocailleux ou sablonneux.

Bien entendu, une fois le mauvais terrain passé, Jean était fier de lui mais aussi épuisé, et il lui fallait des semaines voire des mois pour s’en remettre.

Depuis quelques années, Jean n’arrivait plus à passer en force.

Plus le courage ? Plus la force ? Il ne savait pas.

Il faut dire que le terrain était devenu de plus en plus difficile.

Jean avait remarqué cependant que c’était le même type de chemin qui revenait fréquemment.

Ces derniers temps, son chemin l’emmenait souvent dans une forêt aux passages étroits.

Et à chaque fois, il se dit :

— C’est bizarre, je pensais que je m’étais amélioré sur ce type de terrain, pourquoi je n’y arrive toujours pas mieux ?

Quand un jour, cette forêt dense revient à nouveau, il s’arrête pour réfléchir.

— Qu’est-ce qui m’empêche d’avancer réellement correctement ?

Jean tapote son menton et regarde autour de lui.

Il se tourne et découvre derrière lui, à sa grande surprise, une immense baudruche sans forme qui flotte juste au-dessus du sol en toute légèreté.

Étonné, il avance un peu et se rend compte qu’elle le suit, comme si elle était attachée par un fil invisible.

Il avance un peu plus dans la forêt étroite et prend conscience qu’elle se coince tout le temps et que c’est elle qui le ralentit !

Il essaie de la tirer, de la décoincer et finit par la pousser !

Jean est content, il a compris mais la progression reste lente et pénible jusqu’à la sortie de la forêt.

Il pousse un soupir de soulagement.

Maintenant que le chemin est dégagé, ce sera plus facile !

Le chemin est en effet devenu tout plat mais plus rocailleux et avec des racines qui sortent de terre ici et là.

Jean reprend la route, confiant, mais là aussi, il s’échine à avancer.

Il lève les yeux au ciel pensant à la baudruche qui doit faire des siennes.

Il regarde derrière lui et la baudruche flotte au-dessus du sol, légère, fluide, suivant le rythme tranquillement.

Jean fronce les sourcils.

Ce n’est pas elle qui le ralentit cette fois.

Il continue d’avancer en observant autour de lui et découvre un peu en retrait de la baudruche, une sorte d’immense traîneau en bois avec des branchages qui dépassent de partout.

Quand il avance, le traîneau se coince dans les racines du chemin.

Jean lève les yeux au ciel, agacé.

Il tente de porter le traîneau tant bien que mal et réussit à avancer jusqu’à ce que le chemin devienne sablonneux.

Le traîneau glisse sur le sable, pour le plus grand soulagement de Jean.

Mais à peine quelques instants plus tard, Jean explose de colère et de fatigue.

Il se rend compte qu’il n’avance pas plus vite pour autant !

Bien au contraire, plus il avance et plus c’est difficile.

Quelque chose l’empêche encore d’avancer !

— D’abord la baudruche, ensuite le traîneau, maintenant quoi encore ?! s’énerve-t-il.

Il découvre une sorte de rouleau derrière lui.

Et au fur et à mesure qu’il se déplace, le rouleau se remplit de sable et s’enfonce de plus en plus.

Bientôt, Jean ne peut plus avancer du tout.

Dépité, il s’assoit sur une pierre sur le bord du chemin et prend sa tête dans ses mains, les coudes sur les genoux.

— Pourquoi toutes ces choses me suivent bon sang ?! se demande-t-il.

Ses pensées s’agitent dans tous les sens, à la recherche de réponses.

Les heures passent.

Jean désespère, des réponses diverses et variées lui viennent mais rien qui ne l’aide vraiment.

Dans un pic de désespoir, il s’exclame :

— Tout ça, c’est bien joli, mais comment je fais pour m’en libérer, de ce rouleau ?!

A cet instant, Jean voit apparaître une corde enroulée autour de sa taille et qui s’étend jusqu’au rouleau.

Jean se lève d’un bond, se défait de la corde autour de lui tant bien que mal.

Celle-ci tombe à ses pieds.

Jean reste immobile un instant à fixer la corde par terre.

Il tente un premier pas, peu convaincu.

Puis un deuxième.

Puis un troisième.

Le rouleau ne le suit plus et s’éloigne petit à petit.

Jean peut à nouveau avancer.

Il agite les bras comme s’il nageait dans l’air et marche en dansant, léger comme l’air !

A ce moment-là, il découvre que le chemin devient de plus en plus étroit et s’engouffre dans une forêt.

Il regarde derrière lui la baudruche et sourit.

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