Le jour où j’en ai eu vraiment marre

Nous sommes en 2015.

La journée se termine en Nouvelle-Zélande, je suis le dernier dans le bureau.

Je regarde autour de moi.

Une petite voix à l’intérieur me dit : « Prends une photo ! ».

C’est celle que vous voyez ci-dessus.


C’est l’hiver, je suis en mission comme consultant informatique chez un grand client néo-zélandais.

Je pars de chez moi le matin, mes filles dorment encore, j’arrive au travail, le jour se lève à peine.

Pour arriver à mon bureau, je traverse un open space tout en longueur. Au fond, je tourne à gauche, je passe une porte battante pour arriver dans la cage d’escalier et les toilettes.

Passées les toilettes, une autre porte, celle de mon bureau.

Nous sommes quatre ou cinq personnes à travailler dans cette salle.

Il n’y a pas de fenêtres.

Je ne vois la lumière du jour que le midi pour aller chercher un sandwich et revenir le manger au bureau.

Le soir, quand je sors du bâtiment, le soleil est déjà couché, tout comme mes filles, épuisées de leur journée au jardin d’enfants.

Je travaille sur un projet dont je ne connais pas l’éco-système technologique.

C’est comme vouloir parler une autre langue.

J’ai bien prévenu le responsable d’équipe, je lui ai dit que ce n’était pas le genre de technologies qu’on apprenait en quelques heures, qu’il fallait un minimum d’expérience, ce qui n’était pas mon cas.

En vain.

Ils ont confiance (trop ?) dans mes capacités et il faut que j’apprenne sur le tas, comme souvent.

Jusque-là, je m’en suis sorti, mais cette fois, le fossé est trop grand.

Et la motivation n’y est pas.

Je culpabilise, je me trouve « pas professionnel » pour un sou.

Mon cerveau ne veut plus fonctionner.

Certes, il y a bien pire comme situation professionnelle.

Les circonstances ne sont pas si mauvaises d’un point de vue extérieur, on est loin de la grande pénibilité.

Mais intérieurement, après presque 4 ans à faire ce que je n’ai plus envie de faire, je n’en peux plus.

Alors ce soir-là, je veux marquer le coup.

Je veux me rappeler.

Je prends cette photo.

Ma démission est posée.


Ma période de préavis touche à sa fin, le parfum de la liberté m’enivre un peu plus chaque jour.

Ce vendredi soir, c’est pot de départ au siège de l’entreprise, je ne réalise pas.

Dans le bus du retour, c’est un tout un tas de tensions qui se libèrent, un soulagement progressif.

Je vais pouvoir enfin me consacrer à mes autres projets à plein temps, notamment au site Conversations avec Dieu, il y a tant à faire et tant d’autres idées.

Vous allez peut-être croire que je romance un peu la suite et pourtant !

Le lendemain matin (!), le samedi à 10h, je reçois un email de l’équipe américaine de Neale Donald Walsch qui veut mettre fin à notre partenariat.

Une abonnée mécontente était allée se plaindre auprès de l’équipe américaine, sans essayer de résoudre le problème avec moi auparavant.

C’est la douche froide.

Mon cerveau passe en mode panique, j’imagine devoir reprendre mon ancien boulot, je vois ce que j’ai mis 3 ans à construire commencer à s’écrouler …

Est-ce que j’ai pris la bonne décision ?

Est-ce un signe qu’il faut que j’arrête ?

J’écris une réponse pleine de colère, criant à l’injustice et, ironie de l’histoire, au manque de professionnalisme …

Je laisse reposer avant d’envoyer.

Je me lève pour aller prendre l’air.

Je me rappelle que tout a un sens, que la vie conspire en ma faveur.

Le fait de recevoir cet email le lendemain de mon dernier jour, c’est quand même une sacrée coïncidence !

Mais qu’est-ce que ça veut bien vouloir dire ?

Qui est-ce que je choisis d’être dans cette situation ?

Je reviens à mon bureau.

J’efface mon brouillon de réponse et je commence à écrire mes intentions vis-à-vis du site, ce que je veux apporter et comment je veux le diffuser.

Je tâche d’être le plus transparent et le plus authentique possible.

Je rajoute qu’il y a peut-être un abonné qui est mécontent mais qu’ils n’ont pas eu de retour de tous ceux qui étaient satisfaits, que j’ai peut-être fait des erreurs et que j’apprends également.

Quelque chose lâche en moi à ce moment-là.

Je crois que j’accepte que, si ça doit s’arrêter, cela s’arrêtera et c’est ok, j’aurais été aligné avec ce que j’ai dit et un autre chemin s’ouvrira pour moi.

Dans tous les cas, je sens la force de mon engagement dans ce que je veux faire, quelque soit le chemin.

Je clique sur « envoyer », en paix avec-moi-même.

Les jours suivants, je continue à stresser tout en essayant de garder la foi.

La réponse me vient le lundi soir, et à ma grande surprise, la situation avec l’abonnée se résout aussi vite qu’elle a commencé.

Cela m’a fait l’effet d’un examen de passage.

Comme si l’Univers m’avait demandé de confirmer mon choix de chemin : cliquer sur « Confirmer » pour continuer.

Je suis soulagé et déterminé.

L’aventure peut enfin démarrer mais cette fois avec un engagement affirmé et beaucoup plus fort qu’avant.

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6 réflexions au sujet de “Le jour où j’en ai eu vraiment marre”

  1. Merci pour ce témoignage qui arrive juste au moment où il le faut pour moi. J’ étais juste en train de me reciter mes mantras qui me réconfortent : don t worry, be happy, la vie est belle. Merci pour vos publications quotidiennes. 🙏❤️

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  2. Ah oui
    Ces examens de passage … de la Vie
    où on peut les confondre avec des vraies blocages …

    Merci pour ce partage

    et oui toujours laisser poser/émotions
    puis être authentique
    puis accueillir les émotions stress etc et garder la foi : l’univers conspire toujours pour moi même si je ne comprends pas !

    Pas simple mais occasion de grandir

    J’ai 64 ans et je l’ai vécu tant de fois !

    Lumineuse journée à toutes et tous

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  3. Cher Jean Philippe, merci pour ce témoignage inspirant. Apprendre à différer le mode par défaut qui est réactif, avoir foi que l’univers travaille en notre faveur ( même si la réalité nous semble plutôt hostile), autant de leçons à intégrer. Merci pour vos éclairages🦋

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  4. ce message va faire groupie, mais je tiens à te remercier pour tous ces messages, ces histoires si pleines de sens et de belles énergies; et là, cette histoire là, avec ce clic de confirmation à l’univers, me fait t’écrire; je ne sais pas encore pourquoi, simplement que j’en ai ressenti le besoin immédiat
    alors merci, juste merci, c a d, tes messages, tes histoires, tout cela m’aide à tenir, à me faire sentir un peu plus Humain, et à me faire ressentir un peu plus chaque jour l’étincelle intérieure, mon âme, ma divinité intérieure

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  5. Oui, la vie nous amène bien là où nous devons nous réaliser. J’en ai la preuve moi aussi!
    Beau texte qui va permettre à ceux qui hésitent d’oser.
    Merci du partage JP.

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