
La réponse à la question « Qui suis-je ? », il la voyait tous les jours dans le miroir depuis le début.
Et pourtant…
J’ai vécu une rencontre marquante il y a plusieurs années de cela alors que je séjournais dans une résidence de voyageurs en Espagne.
J’expérimentais beaucoup pour prendre conscience un peu plus encore de ce que je pouvais apporter notamment en discutant avec les résidents.
Ma rencontre avec Kauri m’a tout de suite donné une impression de décalage.
Il était aussi grand que moi, en deux fois plus large, la carrure d’un rugbyman avec une gentillesse et une humilité authentiques.
Ses origines maories ont ravivé des souvenirs de Nouvelle-Zélande.
Après quelques échanges, on découvre que j’habitais à deux quartiers seulement de sa famille ! Le monde est petit…
On continue à discuter et je lui demande ce qu’il fait.
Il me dit sans conviction qu’il travaille dans l’informatique en tant que développeur (programmeur).
Cette impression de décalage se fait plus forte en moi à ce moment-là.
Comme s’il n’était pas à sa place.
Je mets cette idée de côté et la conversation part sur autre chose.
Le lendemain, un groupe de personnes avait proposé d’aller dîner à l’extérieur. Je vois Kauri descendre les escaliers pour nous rejoindre, et une phrase commence à tourner en boucle dans ma tête.
— Tu n’es pas censé être un développeur…
Je me retiens quelques instants, j’hésite mais l’occasion se présente quand nos regards se croisent.
Je partage avec lui ma pensée.
Il me répond surpris, mais droit dans les yeux :
— Je sais.
Et il continue plus hésitant :
— Mais qu’est-ce que je suis censé faire ?
Une porte s’est ouverte et la conversation démarre alors que nous nous dirigeons vers le marché pour partager quelques tapas avec le groupe.
Il me parle de ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas faire dans son travail, il me parle de son club de musculation et du côté social qu’il apprécie beaucoup.
Je commence à faire des liens, mais j’ai le sentiment qu’il n’a pas conscience d’un aspect en particulier.
J’interpelle d’autres personnes qui suivent la discussion.
— Comment vous sentez-vous quand vous êtes à côté de Kauri ?
Il y a un moment de flottement mais très vite des mots-clés ressortent : « Force tranquille, paix, pilier, solidité, sécurité et… leader ! ».
Le mot résonne pour moi, je me tourne aussitôt vers Kauri en silence et je pointe du doigt la personne qui a dit « leader » comme si je montrais le mot sorti de sa bouche et qui flottait encore en l’air.
Je sens que ce mot résonne intérieurement aussi chez lui et je lui demande comment il ressent ça.
Il me répond que ça lui parle. Il semble prendre cela comme un cadeau sans comprendre pourquoi on lui offre à lui.
Je fais le lien alors avec le côté leader à son travail, car sans être officiellement responsable, il encadre ses collègues de manière informelle, semble-t-il avec succès.
Je lui parle de son club de musculation et comment il amène les gens à se reconnecter à une force intérieure tandis qu’elles cherchent plutôt à le faire à l’extérieur à travers leur corps.
Et étonnamment pour lui, il attire ces personnes… il aime leur parler, il sait quoi leur dire.
Je m’interromps et je lui demande si ça lui parle.
Il me regarde droit dans les yeux avec une assurance soudaine :
— Oui, ça me parle, me répond-il sobrement mais qui résonnait fortement comme un « Oui, c’est bien moi ».
La part de Kauri qui sait semble être remontée à sa conscience.
Comme s’il se rappelait enfin qui il était vraiment.
Une autre question me titille depuis le début cependant, c’est à propos de son tatouage maori sur l’épaule.
Je lui demande comment il a choisi le dessin et ce que ça signifie.
Il m’explique que c’est suite à une conversation de plusieurs heures avec une personne spéciale de la communauté maorie que le choix du tatouage est fait.
Il relève sa manche pour bien le montrer et, je vous le donne en mille, il me dit que cela signifie… « Leadership » ! (capacité à mener, à être un chef).
Il ne s’en rend pas compte dans l’instant mais je reste silencieux et je lui souris.
Il regarde à nouveau son tatouage et réalise ce qu’il vient de se passer.
Son sourire, à ce moment-là, en dit long…
La réponse était là, sous ses yeux depuis un moment.
Parfois, on croit ne pas savoir, on pense ne pas avoir les réponses mais avec un peu plus de conscience, cela devient une évidence.
Une part de nous connaît toujours le chemin.
Ne laissez jamais votre mental vous dire le contraire.

Éclaireur
Éclaireur de chemin, j’apporte de la lumière sur notre expérience de vie pour toujours plus de conscience sur nos pensées, sur notre cheminement, sur qui nous sommes vraiment.
(pour en savoir plus sur mon cheminement, lire qui suis-je ?)





