Quand la Terre se rebiffe !

La Terre s’était réveillée.

Pour de vrai.

Elle ne s’était jamais vraiment endormie.

Les humains s’étaient trompés.

Elle les regardait avec amusement jusque-là.

Ces petits êtres qui la voyaient comme un gros caillou, le résultat d’un concours de circonstances cosmiques, ne lui prêtaient, pour la plupart, pas attention.

Elle était un dû pour eux, un bien de propriété, une chose à exploiter et … à se disputer.

Sans demander son avis.

C’est ce que la Terre leur reprochait.

Ne pas lui demander son avis.

La Terre aime pourtant les humains, elle leur fournit à boire et à manger, de quoi construire, de quoi vivre leur expérience terrestre.

Tout ce qu’elle demande, c’est un peu plus de gratitude.

Un petit merci de temps en temps !

Non.

Rien.

“Les jeunes et la politesse …”, soupirait la Terre.

Ils se croient tout permis.

En somme, la Terre n’aime pas leur ego.

Même chez certains qui essaient de la défendre et de la protéger.

“Cela fait plus de 4 milliards d’années que je fais ma vie, se dit-elle, ce n’est pas une espèce qui est là depuis 4 millions d’années qui va me faire quoi que ce soit !”

“Non, mais pour qui ils se prennent ?”, se disait-elle souvent.

“Ils croient tout savoir alors qu’ils ne connaissent qu’un tout petit pou-ième de ce qui vit sur cette planète !

Même s’ils mettent un beau bazar, ils effleurent à peine la surface, ont encore du mal à résister aux intempéries et à des conditions un tout petit peu extrêmes.

Ils sont tellement fragiles, les pauvres, ils ne s’en rendent même pas compte.”

De temps en temps, la Terre leur faisait un petit rappel de sa présence.

Ce que les humains appelaient les “catastrophes naturelles”.

Un moyen pour la Terre de leur rappeler à leur bon souvenir, pour calmer un peu leurs ambitions et leur ego.

Pour elle, un tremblement de Terre ici ou là, ce n’était l’équivalent que de quelques frissons pour un petit humain.

“Un petit frisson de temps en temps, ça permettait de remettre certaines pendules à l’heure dans certains esprits”, se disait-elle.

Cela marchait bien.

Jusqu’à cet événement.

Ce jour-là, la Terre a compris que l’ego de certains humains dépassait une certaine limite.

Une limite qu’eux-mêmes n’étaient pas en mesure de comprendre.

Elle se rappelait des premiers hommes qui avaient utilisé le feu.

Elle se rappelait à quel point elle avait senti leur ego se développer à partir de ce moment-là, cette soif de pouvoir sur les autres.

Mais ce jour-là, c’était dans une tout autre mesure.

Les humains avaient utilisé l’énergie nucléaire pour la première fois lors de l’explosion de ce qu’ils appelaient une “bombe”.

Une énergie qu’ils comprenaient à peine et maîtrisaient encore moins.

Ils se demandaient si ça ne pouvait pas embraser toute l’atmosphère terrestre mais ils ont quand même essayé !

“Juste pour voir ! Mais ils ne sont pas bien ! De vrais gamins irresponsables !”, s’était-elle exclamée.

Cela la dépassait complètement.

Elle ne comprenait plus leurs intentions, leur but.

“Trop c’est top !”

Car le jour de l’explosion, la Terre avait eu peur.

Non pas pour elle – elle se serait remise de leur bêtise un jour ou l’autre, après quelques millions d’années, peu importait – mais elle avait eu peur pour toute la Vie si merveilleuse qu’elle abritait.

Ce manque de conscience des humains pour la Vie dépassait les limites désormais.

“Non, mais ils se croient seuls au monde ou quoi ?”, s’était-elle emportée dans une discussion avec la Lune.

Elle décida donc de les réveiller une fois pour toute.


Bien sûr, il lui fallait un petit peu de temps pour se préparer et pendant ce temps, les humains continuaient à n’en faire qu’à leur tête, ou plus exactement qu’à leur ego.

Certains prétendaient essayer de la sauver alors qu’ils ne recherchaient que plus de pouvoir sur les autres humains.

Cela confortait la Terre dans sa décision.

Les humains avaient à peine prêté attention à des signes avant-coureurs : changement climatique, tremblements de terre, éruptions, …

Alors quand la Terre mit son plan à exécution, ce fut la grande surprise.

En tout cas pour les humains.

Les autres êtres vivants avaient écoutés, eux.

Des graines avaient été disséminées dans d’autres régions aidées par des vents favorables.

Des migrations inhabituelles avaient eu lieu chez les animaux pour protéger certaines populations et pour préserver certaines espèces.

La Nature s’était préparée mais pas la plupart des humains.

La Terre savait que c’était un passage obligé.

Son but n’était pas de faire peur aux humains mais de les réveiller.

Leur montrer qu’elle était bien vivante et qu’il fallait qu’ils en prennent conscience dans leur propre intérêt.

Tsunamis, tremblements de Terre, éruptions volcaniques, …

Quand ce jour-là, la Terre se mit à réagir sérieusement, une vague de peur se diffusa chez les humains.

Pourtant, tout ce que la Terre fait, les humains le font aussi.

Une bonne douche avec une eau purifiante, puis on se secoue un peu pour frotter la boue sur la peau, le corps élimine des toxines avec des éruptions cutanées, …

Quelque chose de tout à fait normal pour un être humain.

“Eh bien, c’est la même chose pour moi !”, se défendait la Terre.

Et parfois, il faut frotter un peu plus fort. Il ne s’agit pas de s’arracher la peau mais de donner un “bon coup” pour nettoyer une fois pour toute.

C’est un passage nécessaire et les humains qui comprendront ça, seront prêts.

Pas seulement pour s’aider eux-mêmes mais pour aider l’humanité.

Ils auront été inspirés par la Terre à construire des lieux d’accueil, à cultiver des fruits et des légumes, à ré-apprendre à vivre local, à utiliser avec parcimonie leurs ressources sans pour autant se priver.

Mais aussi à se divertir sainement, à jouer de la musique, à faire rire, à enchanter.

D’autres également à guérir les maux du corps, mais aussi les maux du cœur.

Ainsi, quand la Terre aura terminé son travail, l’humanité aura créé une nouvelle manière de vivre et d’être, par la force des choses.

Elle se sera éveillée à elle-même, et elle repensera à tous ces événements avec beaucoup de gratitude pour leur Terre-mère.

Et l’humanité lui sourira.

Et la Terre lui sourira en retour.

Partagez cet article à vos amis :

Laisser un commentaire

17 réflexions au sujet de “Quand la Terre se rebiffe !”

  1. Très joli plaidoyer pour notre mère nature. Oui arrêtons de la massacrer arrêtons cela tout de suite avant qu’il ne soit trop tard.
    Pensons au générations futures à nos enfants petits enfants.
    Vite réveillons nous.
    Soyons le changement que l’on veut voir arriver dans notre nouveau monde.
    Christine

    Répondre
  2. C est tellement vrai et pourtant l homme si intelligent continu de modifier la terre pour qu elle produise plus… toujours plus. La nature a ses raisons que l humain continu d ignorer alors la terre reprend ses marques … Il va bien falloir l écouter avant qu il ne soit trop tard…

    Répondre
  3. Tellement juste. Tellement nécessaire à faire comprendre à l’humain qui se voit au-dessus de toute forme du vivant. Dominant, dominateur, destructeur. Tel qu’il est dit : il ne peut y avoir une prise de conscience que par un processus de nettoyage, de purification des pollutions largement semées, diffusées par tous les egos assoiffés de possessions et de pouvoir pour qu’enfin l’humain resté en connection avec la Pacha Mama revienne à la Source de toute existence et comprend sa présence en harmonie avec le Tout incarné et invisible.

    Répondre