
« Oh non, je suis douzième. C’est finiiiiiiii … »
Je détourne les yeux de l’écran et j’aperçois la mine déconfite de ma fille qui s’enfonce dans le canapé. Elle s’est prise un piège (une banane, pour les connaisseurs) dans la course et se retrouve en 12ème position.
Je regarde à nouveau l’écran et je lui dis : « Il reste encore deux tours, tu peux remonter. »
« Non, c’est impossible. Je suis douzième. C’est fini, là. »
Elle prend sa mine de boudeuse typique d’une fille de 8 ans.
« Tu veux que je te montre que ce n’est pas impossible ? », dis-je spontanément, regrettant presque aussitôt.
Elle me regarde, silencieuse.
« On va faire une course. Je vais partir douzième. Je vais passer premier. Je vais repasser douzième et je vais refinir premier avant la fin de la course. »
Elle me regarde avec un air de défi.
« OK » dit-elle avec un demi-sourire.
À ce moment-là, je me demande si je n’ai pas surestimé mes capacités … Mais je pense qu’il y a une nouvelle pensée à lui transmettre.
Le compte à rebours recommence.
Je laisse partir tous les joueurs devant moi. Le nombre 12 s’affiche à l’écran et j’interpelle ma fille : « Regarde, douzième position, OK ? »
« OK » dit-elle, concentrée sur sa propre course.
Un peu plus concentré que d’habitude, je tâche de repasser premier. J’y arrive tant bien que mal à la fin du premier tour.
J’interpelle à nouveau ma fille : « Regarde, je suis premier, OK ? »
« OK » dit-elle, un peu vexée quand même que je sois repassé déjà aussi vite devant elle.
Je ralentis alors et laisse passer tous les joueurs devant moi pour repasser en 12ème position.
J’interpelle à nouveau ma fille : « Regarde, douzième position, OK ? »
Elle reste silencieuse, concentrée, je devine qu’elle est décidée à profiter de l’occasion pour finir devant moi ! 🙂
Moi aussi je me concentre. Et non sans difficulté, j’arrive à repasser premier quelques instants avant la ligne d’arrivée.
Ma fille fait la moue. Elle a à nouveau perdu. Et sur le moment, je me suis dit que cette démonstration n’avait pas eu l’effet escompté.
« Tu vois, ce n’est jamais fini, faut se bagarrer jusqu’au bout ! ».
Ce n’est que quelques temps plus tard que j’ai pris conscience d’un changement chez elle et dans sa manière de jouer. Elle était beaucoup plus concentrée, plus silencieuse et moins prompte à se plaindre.
Un ami, une fois, est venu jouer avec nous. Et lors d’une course, il s’est plaint d’être en douzième position et que c’était fini, tout en gardant le sourire.
Ma fille a alors réagi tout de suite, tout en restant agrippée à sa manette, les yeux rivés sur sa course et lui a dit : « Non, c’est jamais fini, papa m’a montré que c’est possible de tout remonter. »
Je me suis dit : « Tiens. Une graine a germé ! »
Une croyance avait changé.
Et du coup, sa manière de jouer a changé. J’en ai pris conscience lors d’une course un peu plus tard encore.
J’étais en première position quasiment tout au long de la course. Ma fille était restée silencieuse pendant ce temps.
Et dans la dernière ligne droite, c’est avec une grande surprise que j’aperçois son véhicule me dépasser sur la gauche et passer la ligne d’arrivée devant moi, impuissant !
Je tourne au ralenti la tête vers elle et ma fille me regarde avec un regard rempli de défi, de fierté et surtout de confiance en elle !
Un regard qui en dit long, dans un silence qui veut tout dire.
Une victoire bien méritée, pas tant dans la course, mais contre ses propres pensées.
J’ai déjà partagé à quel point les jeux, quels qu’ils soient, peuvent être des occasions de travail sur soi (voir la section « A lire également en dessous de l’article sur le site).
Comme toute situation dans la vie, ce sont des occasions de prise de conscience.
On pense à tort qu’on va agir différemment dans un jeu que dans la « vraie » vie, alors qu’on appliquera le même mode de fonctionnement. Et donc c’est l’occasion de mettre en évidence une croyance limitante, un comportement, des émotions, des blessures même.
Et cela devient donc un terrain de jeu pour expérimenter et se transformer.

Éclaireur
Éclaireur de chemin, j’apporte de la lumière sur notre expérience de vie pour toujours plus de conscience sur nos pensées, sur notre cheminement, sur qui nous sommes vraiment.
(pour en savoir plus sur mon cheminement, lire qui suis-je ?)






Bonjour JEAN PHILIPPE
Un grand merci pour cette leçon qui m’a beaucoup parle
Tout est message sont d’une grande sagesse mais que parfois c’est difficile de les appliquer
Encore merci
Je te souhaite une journée luineuse
Merci pour ce témoignage et pour tous ces partages avec vous. 🙏
J’avais vu et entendu dans un film à propos des gens qui ont gravit une montagne haute par une voie dite « impossible » et pourtant ils y sont arrivés
« Ils ne savaient pas que c’était Impossible alors ils l’ont fait »
C’est un peu je crois comme ton histoire.
Merci
Suite à un retour par email, notez que l’intention ici, c’est de sortir de la croyance que « c’est impossible ».
Mais on aurait pu très bien poser l’intention : être en paix avec soi-même en étant à la douzième place et s’amuser quand même !
Bonjour Jean-Philippe
Merci pour tes histoires qui à chaque fois nous font réfléchir sur la meilleure manière de cheminer .Peu importe la place où l’on se trouve l’essentiel s’est de participer et de se donner à fond et surtout se faire confiance et recommencer en cas d’échec ne pas abandonner et cette très jolie histoire avec ta petite fille le démontre.
Merci beaucoup Jean-Philippe,
Ce récit est très parlant.
Cela me donne du courage.
Cordialement.
J’aime bcp ton exemple du jeux vis à vis la vie….
Merci Jean-Philippe pour le partage de cette histoire…
Ce que je vois également c’est le fait d’être en conscience de jouer en s’investissant pleinement, sans se soucier du résultat, donc lâcher prise. C’est le défi que vous avez lancé, sans savoir que vous étiez capable d’y arriver pleinement. La joie s’immisce alors et peut faire des merveilles.
Encore merci pour le partage et votre travail autour de Conversations avec Dieu