
C’est l’histoire de Julie.
Julie qui en a marre de son boulot et qui cherche à développer autre chose, une activité pour pouvoir enfin quitter ce poste après toutes ces années.
Elle s’est formée aux massages, faire du bien aux autres, se reconnecter à son corps, au sens du toucher et aider les personnes à se reconnecter à leur propre corps, tout en libérant des tensions.
Celui lui paraît juste, cela l’attire fortement.
Elle décide alors de proposer des sessions de massage comme elle ne travaille pas le mercredi après-midi.
Une amie à elle lui prête son bureau pour recevoir.
Elle remplit une session puis deux, les premières semaines.
La fois suivante, c’est 4 sessions en une après-midi.
Elle s’en réjouit !
Ça y est les choses démarrent !
Julie s’imagine déjà négocier un mi-temps, voire démissionner à moyen terme.
Elle ressent déjà un peu ce soulagement d’arrêter ce travail qui lui draine tant son énergie.
Ça y est ! La voie s’ouvre devant elle ! enfin !
Vient le mercredi en question. Les deux premières sessions sont un plaisir, Julie est enthousiaste, présente et ravie !
A la fin de la deuxième session, elle ressent comme une pointe de fatigue, discrète, comme si elle se serait bien arrêtée là. Mais elle écarte rapidement cette pensée.
La troisième personne s’installe déjà sur la table et Julie se surprend à pousser un soupir discret …
Elle se met à masser, mais elle se rend bien compte qu’elle n’est plus qu’à 70% de son énergie, le plaisir se transforme rapidement en effort, en obligation presque.
Ses pensées vagabondent, elle est déjà moins présente avec la personne. Elle imagine un futur où ce serait tous les jours ainsi et commence à se demander si c’est vraiment ce qu’elle veut.
Julie regarde l’heure sur l’horloge au mur, une fois, deux fois, trois fois …
Elle regarde un tableau avec une citation au mur quelques instants, puis revient sur l’horloge …
Le temps semble si long d’un seul coup mais c’est enfin la fin de la session.
La personne ravie de son massage repart et la dernière patiente arrive et commence à s’installer sur la table de massage.
Julie bloque quelques secondes, les mains sur les hanches, perdue dans ses pensées.
— Ça va être ça ma vie désormais ? se demande-t-elle. Enchaîner ainsi des rendez-vous tous les jours, toutes les semaines ?
Le soulagement qu’elle imaginait ressentir en quittant son travail actuel, se dissout petit à petit. Peut-être qu’elle préfère finalement laisser les choses comme elles sont.
Le massage, ce n’est peut-être pas pour elle en fin de compte.
Même si elle aime beaucoup ça … mais pas autant !
Elle ne sait plus ce qu’elle veut.
Elle met à la poubelle les scénarios de délivrance de son boulot.
La dernière séance lui paraît interminable, elle rumine ses pensées pendant toute la session, à peine présente pour sa patiente.
Les dernières minutes sont fatales pour son de rêve de démission.
Elle ne s’installera pas comme masseuse, c’est décidé.
Ce n’est pas sa voie.
La dernière personne s’en va enfin.
Julie reste là, la tête baissée.
Elle est triste, déçue, frustrée, en colère !
— C’est retour à la case départ, dit-elle à voix haute.
Toutes ces histoires sur le fait de trouver son chemin, sa mission, elle y a cru mais elle a envie de tout envoyer valser désormais.
C’est peut-être plus simple, plus facile, de simplement rester dans la situation actuelle.
Plus que 15 ans à tenir et ce sera la retraite, elle peut le faire, se dit-elle pour se convaincre.
A cette idée, Julie sent un vide profond à l’intérieur d’elle, froid, sans vie, sans joie.
Elle se met à pleurer.
— non, non, non, cela ne peut pas être ça non plus …
La bataille fait rage dans son esprit, elle passe d’une émotion à une autre, de la tristesse à la révolte, du désespoir à la colère.
Elle finit par s’allonger sur la table de massage, épuisée par ses propres pensées, et ferme les yeux.
Elle reprend une respiration ample en posant ses mains sur son cœur quelques instants.
— Est-ce que masser fait partie de mon chemin ? se demande-t-elle.
Elle sent une réponse en elle : Oui !
Surprise, elle tente une autre question :
— Est-ce que je dois faire ça tous les jours, à plein temps ?!
Elle sent une réponse à nouveau : Non !
Julie essaie de faire le tri dans ses pensées. Masser, oui, mais pas à plein temps ?!
Elle n’y avait pas pensé. Pour elle c’était un peu tout ou rien.
Soit elle devenait masseuse à plein temps, soit elle ne massait pas.
Un espace vient de s’ouvrir dans ses pensées.
— Ok, se dit-elle, mais alors quoi d’autre ?
Julie voit intérieurement des groupes, elle se voit animer des petits groupes de soutien, semble-t-il, autour d’un café ou d’un thé. Elle a la sensation que c’est le samedi que ça se passe.
— Ah tiens, se dit-elle surprise, mais je ne vais pas gagner d’argent avec ça, j’ai déjà essayé.
Intérieurement, elle ressent une joie, une joie d’animer ces petits groupes, comme si cela la remplissait.
Elle se demande alors si elle doit continuer de travailler dans son poste actuel.
Elle ressent un « oui » à l’intérieur, un peu déçue.
Elle se voit intérieurement faire des massages, puis animer des groupes et dessiner !
Son travail paraît moins pesant, la sensation de joie prend plus de place, comme si ça la nourrissait intérieurement.
Elle voit le vide en elle se remplir petit à petit avec ce qu’elle fait à côté.
Elle se voit même être plus en joie dans son travail et son poste évoluer vers des choses plus intéressantes.
Elle qui pensait qu’il fallait qu’elle quitte absolument son travail.
Des amis lui avaient dit de le faire, de se lancer en claquant la porte.
Mais elle sentait que ce n’était pas juste pour elle.
— C’est un tout, un ensemble, se surprend-elle à dire à haute voix.
Elle voit comme une boule à multiples facettes.
Elle voit le reflet de son visage sur l’une des facettes, puis elle semble se reculer et découvre son visage sur plusieurs des facettes, créant une belle mosaïque de différents visages de Julie sous différents angles.
Cette vision la remplit intérieurement.
Elle était prisonnière d’une seule facette, elle croyait qu’elle devait choisir, elle s’en rend compte maintenant.
Le visage de Julie se détend enfin.
Elle voit la Vie comme un immense terrain de jeu désormais.
Elle rouvre les yeux et se relève doucement.
Elle regarde par la fenêtre, le soleil illumine les tuiles du toit de la maison en face, lui rappelant les différentes facettes de la boule qu’elle voyait intérieurement.
Son regard se tourne vers le tableau avec la citation.
Elle le lit et sourit :
« Le mental ne connait pas les réponses, le Cœur ne connaît pas les questions. » Bouddha

Éclaireur
Éclaireur de chemin, j’apporte de la lumière sur notre expérience de vie pour toujours plus de conscience sur nos pensées, sur notre cheminement, sur qui nous sommes vraiment.
(pour en savoir plus sur mon cheminement, lire qui suis-je ?)






Très parlant pour moi.
Cela mérite réflexion…
Merci !
Merci beaucoup pour se rappel.❤️est-ce possible de mettre juste le commentaire sans toujours ajouter le reste .Merci et bonne journée.
Merci ! Suivre son coeur, ça me parle beaucoup !
C’est très beau. Merci Jean-Philippe