L’écologie entretient-elle le sentiment de manque ?

Robinet

C’est la question que je me suis posé ce matin devant mon lavabo.

J’ai laissé couler l’eau inutilement pendant un instant avant vite de fermer le robinet lorsque j’en ai pris conscience.

J’ai repensé à toutes les fois où j’ai dit à mes filles de fermer le robinet pendant qu’elles se brossaient les dents !

« Il faut apprendre à économiser l’eau », disais-je en substance.

Mais en faisant ainsi, ne suis-je pas en train de leur transmettre cette notion de manque ?

Qu’il n’y a pas « assez ».

Qu’il faut rationner.

Qu’il faut économiser.

Qu’il faut avoir peur du futur quelque part, car il n’y en aura peut-être plus demain ?

Que l’abondance dont tout le monde parle finalement n’est qu’un concept spirituel qui ne trouve pas d’écho dans le monde matériel ?

Que ce soit l’eau, la nourriture, l’électricité, etc.

Car le problème, c’est que ce sentiment de manque va limiter leurs actions ensuite à travers la croyance que cela génère.

Si j’ai comme croyance profonde « qu’il manque », je vais agir dans ce sens, je vais limiter, réduire, rationner, et même avec la meilleure des intentions, je vais réfléchir à des solutions qui vont économiser encore plus la ressource, qui vont encore plus limiter, réduire, rationner.

Dans un sens c’est bien, pourquoi utiliser 2 litres d’eau lorsque je peux faire la même chose avec un seul tout aussi efficacement ?

Mais au final, la pensée derrière la pensée, c’est que je vais renforcer encore plus cette croyance de manque.

Tandis que si j’ai comme croyance profonde « l’abondance », je vais voir comment je peux générer plus de ressources, comment je peux mieux les distribuer, comment je peux mieux les recycler pour en générer encore plus.

Dans un sens, ce n’est pas idéal, si j’ai tout à disposition en abondance, je peux dépenser sans compter, je peux surconsommer, je ne respecte peut-être plus les ressources et je peux gaspiller.

Même si au final, ma pensée profonde, c’est que je vais renforcer encore plus cette croyance d’abondance.

Alors que penser ?

Où se trouve la solution ?

La solution se trouve dans le ET et pas dans le OU, dans cette conscience d’un Tout et pas d’une séparation, dans cette compréhension de TOUS les aspects et pas d’un choix de l’un OU l’autre.

Il faut garder le meilleur des deux mondes et pour cela, on a besoin d’avoir conscience des deux, de les comprendre, d’avoir conscience des intentions et des croyances, des avantages et du revers de la médaille.

On a besoin de sortir de notre manière de penser habituelle, de dépasser nos croyances, de dépasser nos conditionnements et d’ouvrir nos pensées à d’autres possibilités.

On aura beau avoir toutes les solutions technologiques pour limiter notre consommation et toutes les solutions technologiques pour démultiplier nos ressources, elles ne serviront à rien si on n’a pas le niveau de conscience suffisant pour, d’une part, les créer déjà (!), et d’autre part les utiliser dans le respect de chacun et dans le respect de notre belle planète.

Qu’en pensez-vous ?

-Jean-Philippe

Remarques ? commentaires ?

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6 commentaires

  1. Merci Jean Philippe pour cette réflexion; c’est effectivement un vrai dilemme de combiner « économie », ou « gestion des ressources » avec le sentiment d’abondance.
    En même temps, l’humain gaspille depuis des siècles les ressources de la terre en se disant qu’elles sont infinies …pour nous amener où on en est aujourd’hui…
    La notion d’abondance était plus proche de ce que pensaient nos grands parents et cela ne les a pas empêché de détruire la planète. Où se trouve la vérité?
    Peut-être dans une prise de conscience, et un changement d’état d’esprit : dans le respect de tout ce qui ne tourne pas autour de notre ego. Il faut raisonner harmonie au lieu de raisonner profit, gain et perte. pour moi a solution est dans l’intention de l’action.
    Bonne journée
    Olivier

  2. Bonjour, Jean-Philippe , je me pose aussi ce questionnement sur la notion d’abondance . Elle est ou cette abondance quand on doit payer les factures à la fin du mois ? Spirituellement parlant je peux comprendre, mais dans ma vie de tous les jours ????
    Je pense qu’il faut trouver un juste milieu entre profiter et gaspiller , user mais pas abuser , de ce ce qu’on peut avoir . Nous-je,suis d’une génération née dans les fameuses 30 glorieuses , j’ai connu l’austérité et l’abondance , mes parents nés avant la guerre ont eux connu le manque et ils agissent toujours ainsi , en rationnant ce qu’ils ont pourtant « à volonté » et ne comprenant pas un tel gaspillage , tant de choses jetées inutilement …. le juste milieu , consommer les choses terrestres dans le respect de la terre et des autres êtres humains , car notre façon de sur-consommer a des répercussions aussi sur les peuples de l’autre côté du globe ….

  3. Pour permettre à une ressource de continuer à croitre encore faut il lui laisser le temps de le faire. Expliquer aux enfants que ne pas trop gaspiller (l’eau et le reste) c’est respecter le cycle de cette ressource pour qu’elle continue à se multiplier c’est vibrer l’amour et le respect des merveilles que nous offre la planète. Comme on laisse le temps aux plantes de renaitre, aux bourgeons de germer après l’hiver. On évite de gaspiller pour permettre au cycle de l’eau de se refaire…Avoir une attitude écologique pour moi c’est redonner à la terre ce qu’elle nous donne: le tri des déchets, le compost c’est utile pour nourrir la terre qui a besoin de ces déchets végétaux pour se régénérer….Recycler plutôt que jeter, réparer plutôt que racheter c’est redonner vie à un produit, c’est permettre à des personnes douées pour la réparation d’exprimer leur talent, se retrouver dans des ateliers réparations comme les repair café c’est être ensemble, faire du lien social…tout cela c’est exprimer le tout, l’unité, l’amour aussi de l’autre…on peut multiplier les exemples..sur ce je vais me régénérer par une bonne lecture!

  4. Bonsoir Jean-Philippe,
    Je ne me pose pas de question. Si tout vient de Dieu (conversations avec Dieu), alors nous devons prendre soin de respecter ce qui existe et respecter, c’est ne pas gâcher, mais ne pas en faire une crise si on fait une erreur involontaire. Dieu est Tout et donc il me paraît normal de tout respecter et d’éviter que ce que Dieu a créé et nous en a fait don (et pas seulement pour nous…) soit dépensé en trop. Il s’agit simplement de la juste mesure. Cela n’a rien à voir avec l’abondance. Il y a une abondance, mais on doit respecter la terre (voir le tome II que je lis actuellement). Nous usons trop, nous ne laissons pas la terre se reposer et les sols sont en train de se tarir et ne pourront plus produire ce que nous demandons (toujours le tome II). Cela s’appelle agir en bon père de famille comme dans le code civil. Les paysans auparavant laissaient reposer une partie de leurs terre et utilisaient une autre partie de leurs terres et ainsi de suite. Aujourd’hui on veut produire partout, sans respect pour les principes de fonctionnement naturel de la nature. Et il en est ainsi dans tous les domaines. Ce n’est pas moi qui dit que nous courons à notre perte en continuant ainsi… Il suffit d’un peu de sagesse et de recul. Mais je suis écologique et non pas écologiste. Je n’ai pas d’a priori sur le nucléaire qui ne produit pas de CO2. De 2 maux il faut choisir le moindre et c’est ce que ne font pas les écologistes qui sont dans l’idéologie et non pas dans le pragmatisme, en étant lucides. Dommage, car l’écologie (la loi de la nature) est ce que nous devrions suivre comme loi, mais éviter les ayatollahs en tout genre.
    Bonne soirée
    Marc

  5. Bonjour,
    Oui nous avons l’abondance mais rationner l’utilisation de ce que nous avons n’est pas se priver c’est respecter ce qui nous est donné. Nous pouvons utiliser mais pas tomber dans l’orgie (comme citée à Sodome et Gomorrhe).
    Le gaspillage est une forme de non-respect, de mépris. A nous de ne prendre que ce dont nous avons besoin, ce qui nous est utile.
    C’est notre société de consommation depuis ces dernières décennies qui nous a induit que ce n’était pas grave si nous jetions. Mais jeter est un manque de respect. Par exemple si un ami vous propose des fruits de son jardin, auriez-vous l’idée de les accepter et sitôt qu’il a tourné les talons, vous les mettez à la poubelle ? Non, bien sûr, vous lui direz que 4 ou 5 vous suffisent et qu’il en fasse profiter quelqu’un d’autre.
    Comme le dit Olivier, il ne faut pas raisonner profit, gain et perte. Et profit n’a pas de rapport avec gaspiller , à quoi sert d’amasser si on n’a pas de besoins ?
    Merci de nous offrir cette belle réflexion.
    Ne perdons pas de vu qu’il n’y a pas de rapport entre abondance et gaspillage, abondance est plus proche de la notion de ne pas avoir de manques. Travaillons à être en harmonie de vie est en résonance avec le respect de ce qui nous est offert.
    Vous abordez l’eau et plus largement les ressources terrestres, mais il en va de même avec tous les objets que beaucoup d’entre nous achètent inutilement. Avons-nous besoin de tant de choses matérielles, ne seraient-elles pas futiles ? Amasser (ou gaspiller) ne nous apportera pas plus de bonheur. Nous répondons trop souvent à notre quête du bonheur par une véritable frénésie d’achats (compulsifs pour la plupart) alors que le bonheur est dans notre âme. Dans les pays pauvres, où il n’y a pas abondance, nous pouvons rencontrer des gens qui vivent dans ce bonheur intérieur.
    L’argent ne fait pas le bonheur, beaucoup complètent en ajoutant mais il y contribue. Il y contribue parce qu’il permet d’avoir cette abondance dans cette société mercantile dans laquelle tout est payant (accéder à l’eau, ressource naturelle non créée par l’homme, et même circuler devient payant à l’entrée des villes !) mais au-delà de cela, l’excès d’argent ne peut que nous rendre plus matérialiste c’est à dire loin du chemin vers le bonheur. Cela me fait penser à toutes ces vedettes, multi milliardaires, qui prennent tant de médicaments anti dépresseurs qu ont recourt à la drogue et dont certains finissent par se suicider. Ils ont une abondance matérielle démesurée qui leur permet d’afficher un édulcorant de bien-être mais sont très malheureux au fond d’eux-même.
    Alors gardons toujours à l’esprit qu’il nous faut respecter ce que nous avons, l’utiliser à bon escient et parcimonie
    Votre sujet vient à point à la veille de la frénésie des achats pour offrir toujours le plus beau, le plus gros cadeau pour Noël, d’ailleurs la 1ère pensée que l’on a quand on doit faire un cadeau, c’est « combien je vais mettre pour telle personne et combien pour telle autre ». A croire que l’estime d’une personne est liée à la somme dépensée.
    Enfin pour moi, l’abondance est aussi une abondance spirituelle, il nous est offert la faculté de faire travailler nos pensées bien plus que de nombreux vivants (le ver de terre par exemple) alors utilisons aussi cette abondance pour faire le bien et donner de l’amour à notre prochain.
    Bonne journée à tous.

  6. Merci Jean Philippe pour cette reflexions ainsi qu aux personnes qui ont laisser un commentaire. Ce qui m est venu a l esprit c est la ceremonie du the. Ou l on accueille la personne on prepare d une certaine facon le the on le sert et on lave son bol… Je synthetise. Prendre conscience de nos besoins et de se respecter ainsi les autres et la nature. Il existe des principes sur le vivant qui n a pas besoin d excès. Il y aurait tellement a dire mais pas a juger. Je fais au mieux et comme je peux. Merci pour ces reflexions et ced partages.

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