Comment le ressenti nous aide à dépasser un blocage mental

L'aïkido du mental

J’étais bluffé.

L’instructeur venait de me montrer comment mon mental m’emprisonnait dans certaines actions !

Cela faisait quelques mois que j’avais commencé l’Aïkido.

Pour faire simple, il s’agit d’un art martial orienté self-défense qui préserve l’intégrité de l’adversaire. Le but est de désamorcer la violence de l’attaque en utilisant la force de l’adversaire.

Un gringalet peut donc très bien mettre à terre une armoire à glace, la force physique n’est pas un avantage.

Il n’y a pas de notion de combat, donc pas de compétition. L’adversaire prétexte une attaque pour que le pratiquant puisse s’exercer.

Une forme d’attaque est de saisir le poignet de l’autre, comme pour le tirer à soi et pouvoir le frapper.

Vous pouvez demander à quelqu’un en face de vous de vous tenir le poignet fermement pour vous empêcher de le bouger.

J’attaque donc mon instructeur en lui saisissant le poignet, il ne peut plus ni reculer ni avancer son poignet.

Il me dit :

« Si je crois que je ne peux plus bouger, alors je me bloque moi-même.

En revanche, si j’observe et que je ressens la mobilité possible, je me rends compte que j’ai une amplitude de mouvement très large. »

En même temps qu’il m’explique, il commence à décrire un arc de cercle avec son avant-bras (imaginez votre coude immobile et l’avant-bras qui se déplace comme pour un bras de fer ou dire au revoir à quelqu’un) et j’ai beau tenir fermement son poignet, je n’arrive plus à l’empêcher de bouger dans ces directions.

On refait l’exercice en échangeant les rôles.

Il me saisit le poignet fermement.

Mon réflexe de pensée est de me sentir immobilisé, je tire, je pousse, pas moyen de bouger.

L’instructeur me rappelle le principe de ressentir le blocage et d’explorer les possibilités.

Et je commence à explorer vers le haut et le bas et je me rends compte avec quelle facilité je peux bouger désormais dans ces directions, sans effort, malgré la prise sur le poignet.

Donc plutôt que de lutter contre l’attaque, je ressens les possibilités de mouvement et donc d’action.

Et dans la vraie vie ?

Certaines personnes comparent la vie avec un combat.

Il faut se battre pour y arriver, garder son boulot, pour trouver une place de parking, pour monter dans un bus, …

Elles pensent qu’elles sont bloquées, qu’elles n’ont pas le choix.

La première chose à faire c’est donc d’arrêter de croire qu’on est bloqué.

Car si je crois que je suis bloqué, telle sera ma réalité. Je ne verrais pas les options qui s’offrent à moi.

Donc je commence d’abord par m’ouvrir à la possibilité que je ne suis pas bloqué et qu’il y a des possibilités que je ne vois pas.

Remarquez la nuance, je ne suis pas en train de me dire qu’il y a une solution pour résoudre mon problème, je suis une étape avant cela. Je m’ouvre simplement à la possibilité qu’il y a des options, des actions que je n’ai peut-être pas vues.

Si je crois que je sais déjà tout, alors rien d’autre ne peut venir à moi dans mon champ de conscience.

Donc je décide de m’ouvrir en arrêtant de croire que je suis bloqué.

Et vous allez rire, mais … c’est à peu près tout !

Car une fois que je m’ouvre à la possibilité qu’il y a une issue, je peux la voir et donc la suivre !

Ça paraît bidon mais combien de fois en coaching je l’observe !

Une femme voulait se séparer et cherchait une maison pour déménager et ne plus vivre avec son conjoint.

Mais elle ne trouvait rien à son goût, rien qui ne lui parlait, ou pas dans son budget.

Elle pensait qu’elle était bloquée et commençait presque à se demander si c’était une bonne idée de se séparer.

« Je ne vois pas d’autre solution », elle me disait.

« Ah bon tu es sûre ? parce que j’en ai au moins une autre qui me vient », lui répondis-je.

Et dans les secondes qui ont suivi, elle s’est rappelée qu’elle pouvait aussi demander à son conjoint de partir pour qu’elle puisse garder le logement actuel.

Je n’ai rien dit à part qu’il y avait une autre possibilité qu’elle ne voyait peut-être pas …

Elle avait pensé à cette solution de manière furtive il y a longtemps mais l’avait écartée parce qu’elle s’imaginait que son ex-conjoint dirait non.

Elle avait anticipé la suite du scénario et pour elle, cela ne faisait même plus partie du champ des possibilités.

Le moment présent, encore et toujours …

J’ai eu une séance avec quelqu’un qui avait du mal à prendre des décisions et justement elle faisait de l’Aïkido.

On a donc repris ce sport pour illustrer un point important.

Si je commence à anticiper l’attaque de l’adversaire, je m’expose et je deviens vulnérable.

Je reste donc présent à ce qu’il se passe et c’est uniquement quand l’attaque se déclenche que je commence à réagir par rapport à ce qu’il se passe ici et maintenant …

PAS par rapport à ce que j’imagine que l’adversaire va faire !

Donc je reste bien présent et j’observe ce qui se passe, quelles options sont possibles sans anticiper ce qui va se passer SI j’en choisis l’une ou l’autre.

Donc pour l’exemple de cette femme qui voulait déménager, elle sentait que c’était la bonne solution que son ex-conjoint déménage mais son mental avait éliminé la solution parce qu’il était parti IMAGINER dans le futur ce qui allait peut-être se passer …

Donc le « blocage » n’était pas tant au niveau du déménagement que d’oser demander à son ex-conjoint.

Mais rien qu’en évoquant à nouveau cette possibilité, elle sentait que c’était juste, et elle se sentait déjà soulagée.

C’est le ressenti qui va vous guider à condition que vous restiez dans le moment présent, sans laisser votre mental vous emmener dans le futur …

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3 commentaires

  1. Merci Jean-Philippe pour tes explications toujours claires et détaillées.
    Je m’aperçois combien c’est vrai pour moi et combien je manque de cette souplesse! Grâce à toi l’espoir revient!
    Merci encore mille fois

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