Nos croyances sont plus fortes que les faits !

Les grenouilles bleues n'existent pas !

Ça vous est déjà arrivé de discuter avec quelqu’un d’un sujet sur lequel vous n’étiez pas d’accord ?

Vous sentez que la personne a de fortes croyances sur la question et vous avez beau lui partager des études voire des faits, rien n’y fait (!), la personne ne s’ouvre même pas un petit peu !

Et vous commencez à vous demander comment on peut être aussi borné face à la réalité :-).

Ce serait comme montrer une vraie grenouille bleue à quelqu’un qui est persuadé que ça n’existe pas, et qu’elle continue de vous soutenir que ça n’existe pas !

L’idée n’est pas de convaincre l’autre mais juste de questionner honnêtement et remettre en question une croyance.

Une expérience surprenante

C’est en étudiant les fausses informations (les fameuses « fake news ») que des chercheurs américains ont découvert comment les croyances des personnes vont influencer leur manière de retenir des faits (source).

Les participants sont d’abord exposés à des faits chiffrés sur des sujets de société. Puis on leur demande de se rappeler les chiffres associés aux sujets.

Par exemple, on leur montre les chiffres de l’immigration de Mexicains aux Etats-Unis de 2007 et 2014 qui ont baissé de 12,8 à 11,7 millions.

Les chercheurs ont alors remarqué que si les participants ont la croyance au début de l’expérience que le nombre d’immigrants mexicains a augmenté, ils vont avoir tendance à retenir les bons chiffres mais en inversant la tendance, allant ainsi dans le sens de leur croyance !

Dans notre exemple, ils vont retenir que le nombre d’immigrants a augmenté de 11,7 à 12,8 millions !

Autrement dit, leurs croyances vont agir comme un filtre déformant sur les faits avant d’être enregistrés dans leur mémoire !

Les chercheurs sont allés plus loin avec une expérience basée sur le jeu du téléphone (où l’on chuchote à l’oreille du camarade pour transmettre un message) et ont noté que l’information était déformée rapidement (la tendance à la baisse passe à la hausse de la même manière que dans la première expérience) et surtout amplifiée (au lieu d’un écart de 1,1 million, on passe à une augmentation de 4,6 millions !).

Bien sûr, ce genre d’expérience a toujours ses limites mais elle nous invite à prendre conscience de l’influence de nos croyances sur notre perception de la réalité et ce qu’on en retient.

Je ne vois que ce que je crois

Nos croyances vont guider notre attention sur les choses qui vont dans le sens de nos croyances.

Si je crois par exemple que les voitures rouges roulent toujours très vite, mon attention va être attirée à chaque fois que je vois une voiture rouge qui roule très vite !

Et je ne vais pas forcément faire attention aux voitures blanches qui roulent, elles aussi très vite.

Ma croyance va donc créer une manière d’observer le monde (un filtre) qui va contribuer à la renforcer.

C’est plutôt logique !

En ne prêtant attention qu’aux voitures rouges qui roulent vite, du coup, je renforce mon idée que les voitures rouges roulent toujours vite.

Maintenant, que se passe-t-il si je lis une étude qui montre que ce sont les voitures bleues qui roulent le plus vite, devant les voitures rouges, chiffres à l’appui ?

Je risque de retenir les chiffres dans le mauvais sens et me souvenir plus tard que ce sont bien les rouges qui roulent le plus vite (eh je me dirais même « je le savais depuis le début ! »).

Parce que ma croyance a de grandes chances de filtrer ou déformer l’information que j’ai en face de moi.

Alors, comment faire si même les faits ne sont pas assez pour faire changer d’avis ?

Comment se fait-il que face à la réalité des chiffres, face à une « vérité », je puisse encore m’accrocher à une croyance qui manifestement est devenue bancale ?

C’est une question de niveau de conscience.

Si mon niveau de conscience se situe en dessous du niveau de la croyance, je n’ai même pas conscience que j’ai cette croyance et du coup, c’est impossible de la remettre en question !

Est-ce que je peux agir sur quelque chose dont je n’ai pas conscience ?

Pas vraiment non.

Si en revanche, j’ai conscience de mes croyances, ou bien si j’en prends conscience, alors à ce moment-là, je peux la remettre en question.

Si j’ai conscience que j’ai une croyance sur les voitures rouges qui roulent vite, à ce moment-là je peux commencer à me poser des questions et m’ouvrir à d’autres possibilités.

Mais si pour moi, cette croyance est aussi ancrée en moi qu’une loi physique comme la gravité (à moins d’être astronaute), pas moyen de me faire changer d’avis !

Vous avez certainement déjà eu une discussion avec quelqu’un qui vous maintenait un point de vue très tranché, là où vous, manifestement, voyez qu’il s’agit d’une croyance de sa part.

Vous êtes donc à deux niveaux de conscience différents, en tout cas sur cette discussion !

Car aussi bien, vous avez un niveau de conscience en dessous de votre niveau de croyance sur un autre sujet sans le savoir alors que votre interlocuteur le voit bien :-).

Conclusion, plusieurs choses à retenir !

Premièrement, quand on parle d’élever les consciences, vous vous rendez compte, je l’espère, qu’il ne s’agit pas simplement de blabla spirituel ou de développement personnel, on touche là un point très important qui a un réel impact sur notre monde !

Car vous allez prendre des décisions à partir de vos croyances !

Deuxièmement, il n’y a pas à se comparer aux autres : ce n’est pas parce que je vois clairement qu’il y a une croyance chez l’autre que je suis meilleur-e que l’autre ou bien inversement que je suis moins bon ou moins « avancé ».

Chacun sa route, chacun son chemin comme disait la chanson.

Troisièmement, il y a de bonnes croyances à conserver.

Il ne s’agit pas de remettre toutes nos croyances en question ! Tant qu’une croyance est utile et nous aide à nous sentir bien dans notre vie, gardons-la !

Maintenant si j’ai des difficultés dans un aspect dans ma vie, peut-être y’a-t-il une croyance qui se cache au-dessus de votre niveau de conscience actuel …

La formule magique d’élévation de conscience

Si j’ai une affirmation ferme à propos de quelque chose, un principe fort, une idée de base sur la vie, je ne peux pas utiliser le mot croyance parce que sinon j’aurais déjà conscience que c’est une croyance, et donc une manière – parmi d’autres – de voir le monde !

Pour moi, c’est donc une loi naturelle, un principe si fort, qu’il est indéboulonnable (comme l’exemple de la gravité) !

Elle est tellement ancrée qu’elle fait partie de moi presque, elle est inquestionnable !

Bref, vous avez compris !

Mais justement, on croit qu’elle est inquestionnable donc on ne la remet pas en question …

Alors que justement ce sont les questions qui peuvent permettre d’en prendre conscience …

Donc on se bloque tout seul 🙂

Revenons à notre exemple, j’ai mon affirmation-clé sur les voitures rouges qui roulent très vite.

Pour sortir de ce niveau de conscience, il me suffit de me poser la question suivante :

« Comment je le sais ? »

Et là, ça commence à créer une faille dans la rigidité de la croyance.

C’est d’autant plus visible quand vous faites l’essai avec quelqu’un d’autre (c’est d’ailleurs plus confortable de s’occuper des croyances des autres que de s’occuper des siennes 😉 ) :

– Les voitures rouges roulent toujours très vite.

– Comment tu le sais ?

– Bah … je le sais c’est tout !

– Ah bon ? comment tu as fait pour savoir ? tu as vérifié toutes les voitures rouges ? et celles d’une couleur différente ? tu as vérifié qu’elles ne roulaient pas vite ?

Il suffit d’une exception pour que, ce qui était une loi inquestionnable auparavant, devienne une théorie déjà un peu plus bancale

Alors ça fait un peu discussion de cour de récréation quand on parle de voitures rouges mais sur des sujets plus délicats, ça met en évidence beaucoup de croyances sur les relations, sur l’argent, la santé, …

Et ça peut très vite bousculer !

Parce qu’il arrive qu’on aie construit toute une vie sur des croyances qu’aujourd’hui on est prêt à remettre en question …

Donc il faut y aller en douceur … avec des questions.

La question laisse la liberté à l’autre, ça ouvre un espace qu’il lui appartient de remplir ou pas, à son rythme et surtout, c’est la personne qui va trouver ses propres réponses.

Encore une fois, l’intention n’est pas de chercher à avoir raison ou de convaincre mais d’élever la conscience au-dessus de la croyance et c’est ainsi que les choses changent pour vous et pour les autres !

Donc questionnez-vous !

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4 commentaires

  1. je suis enchantée de cette explication concrète, simple et si claire du lâcher prise, je l’ai racontée à mes enfants et à plusieurs personnes de mon entourage !
    Mille mercis !

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