Pourquoi les « beaux » projets échouent

Je viens de recevoir un email : « Derniers jour pour sauver le projet XXX ».

Ce n’est pas le premier pour ce projet et ce n’est pas le premier projet pour lequel je reçois ce genre d’emails. Ils n’ont plus d’argent pour continuer.

Il y a beaucoup de beaux projets, d’activités ou d’entreprises portés par de belles personnes qui veulent créer des solutions alternatives à ce qui est en place.

Et comme tout projet, il faut investir du temps, de l’énergie, de l’argent.

Il faut aussi faire appel à des prestataires, à des services externes, à des fournisseurs.

Et cela a un coût.

Au début, on y va souvent de son portefeuille pour démarrer mais cette méthode atteint vite ses limites (ou bien votre banquier vous le fait savoir).

On y passe beaucoup de temps mais on se rend vite compte qu’il n’y a que 24h dans une journée.

On y met une énergie incroyable mais notre corps nous rappelle à l’ordre au bout d’un moment.

Alors voici cinq idées pour faire en sorte que vos beaux projets, eux aussi, réussissent !

1. Un projet c’est une aventure autant extérieure qu’intérieure

Quand on se lance dans un projet, on ne se doute pas à quel point ça peut bousculer intérieurement.

Ça réveille des peurs, des émotions, des croyances.

Ça fait ressortir plein de choses dont on n’avait pas nécessairement conscience.

L’un de mes mentors appelaient cela l’e-therapie : l’entrepreneuriat thérapie.

Vous commencez à entreprendre un projet et vous vous rendez souvent compte que vous devez traverser des peurs, dépasser des croyances ou gérer des nouvelles (anciennes ?) émotions.

Un vrai travail sur soi !

Quand j’ai créé ma première formation en ligne en 2012 pour coacher des chefs de projet en entreprise, j’ai dû faire face à tout un tas de peurs notamment celle de vendre mes services.

Cela renvoyait directement à la valeur que je m’accordais, à mon estime de moi-même.

Je ne m’attendais pas à cette aventure émotionnelle avec beaucoup de rebondissements (combien de fois j’ai failli tout arrêter !) mais quel chemin de transformation depuis !

L’aventure extérieure du projet ne sera que le reflet de votre aventure intérieure, soyez prêt-e des deux côtés !

2. Ça ne marche pas toujours comme on voudrait

Quand on se lance, on a souvent des résultats en tête, un but, un objectif créé de toutes pièces, souvent fantasmé, rarement atteint du premier coup …

On va entendre souvent le mot « échec » et on va aussi lire que ça fait partie de l’expérience, de l’apprentissage.

Dans le premier point, je disais qu’il s’agissait tout autant d’une aventure intérieure et peut-être justement que le but de cette première aventure c’était d’opérer une transformation, de dépasser une croyance ou de libérer des émotions.

Et le projet n’était qu’un prétexte pour atteindre ce résultat-là et pas celui que vous attendiez !

J’ai essayé 5 ou 6 projets différents quand j’ai voulu changer d’orientation professionnelle.

Parmi les premiers, des projets très techniques où je développais des sites web.

J’y ai passé du temps de l’énergie et de l’argent pour comprendre au bout d’un moment que ce n’était plus du tout ce que je voulais faire.

Les projets ont « échoué » mais leur but plus élevé était atteint, j’avais compris qu’il fallait que j’explore ailleurs.

3. Ce n’est pas parce que c’est un « beau » projet …

… que le monde va nécessairement dérouler le tapis rouge et que les personnes vont vous offrir gratuitement de vous aider.

Peut-être que votre idée arrive trop tôt, que les gens ne sont pas prêts, ne voient pas encore la valeur ou la noblesse du projet.

Les autres ont également besoin de faire tourner leur activité.

Beaucoup de monde espère que les règles de l’économie mondiale vont changer et cela va très probablement se faire.

Mais en attendant, il faut bien fonctionner avec les règles actuelles, dans le moment présent.

Aujourd’hui par exemple, il faut bien payer certains services, certaines factures pour que ça tourne (électricité, accès internet ou téléphone, …).

Le troc a ses limites pratiques (je vends des tomates et je veux acheter une voiture, j’espère que le vendeur de la voiture aime beaucoup les tomates !), c’est pour ça qu’un intermédiaire comme une monnaie a été inventée très rapidement !

Sans argent, vous n’irez pas bien loin.

Et vos partenaires, fournisseurs, prestataires, c’est pareil.

Pour que ça marche, il faut qu’il y ait un échange, une entente, un accord équilibré, financier ou autre.

L’important ce n’est pas tant les règles que les intentions derrière, l’éthique pour les appliquer.

Si vous essayez de fonctionner selon des règles du monde que vous fantasmez, cela ne peut pas fonctionner avec le monde actuel, aussi noble et beau votre projet soit-il.

Revenez à l’ici et maintenant.

Trouvez des personnes avec qui vous partagez les mêmes valeurs et collaborez ensemble.

4. Penser à un modèle économique qui tienne la route

Faire appel aux dons, c’est très bien et ça donne l’opportunité aux gens de contribuer.

Certains projets tiennent la route depuis des années de cette manière et c’est tant mieux.

Je donne depuis des années à wikipédia par exemple parce que je m’en sers très régulièrement.

Mais pour moi, ce modèle a des limites et n’est pas nécessairement pérenne.

Un projet, une activité, une entreprise, fait circuler de l’argent pour fonctionner, un outil de graissage dirait Neale Donald Walsch, pour que les engrenages tournent.

Et souvent, je remarque qu’il y a des croyances limitantes par rapport à l’argent qui empêchent le projet de se développer et de grandir, parce que les décisions reflètent ces croyances.

Certaines personnes vont éviter autant que possible d’impliquer l’argent dans le projet, d’autres vont avoir peur de vendre et vont prôner le tout gratuit, peu importe au final, quelque chose va bloquer la circulation.

Cela rejoint le premier point encore une fois, il s’agit d’une aventure intérieure.

Et vos croyances sur l’argent vont clairement déterminer le succès de votre projet.

5. Parlez-en un peu, beaucoup, passionnément

Mais surtout pas de marketing ou de publicité, hein ;-).

Alors ceux-là, ce sont vraiment les mots qui font peur !

Imaginez un peu.

Vous venez de découvrir une recette à base de plantes de votre jardin pour soigner une maladie très répandue !

Vous n’en revenez pas, vous l’avez essayé, d’autres l’ont essayé, c’est tout bonnement incroyable !

Vous avez fabriqué des petits flacons et vous en vendez quelques-uns autour de vous.

Mais vous avez envie d’en parler à tout le monde !

Il faut que ça se sache !

Comment faire ?

Comment faire pour parler à toutes ces personnes qui souffrent de cette maladie ?

Hein ? comment ?

Vous avez deviné … pour se faire entendre dans ce monde, il faut un porte-voix et ce porte-voix c’est le marketing et/ou la publicité.

Mais pour vous, c’est peut-être un grand « NON », stop au marketing et à la publicité, bouuuh c’est le mal !

Sauf que tout comme l’argent, ce sont des moyens pour se faire entendre.

Ce n’est pas le porte-voix qui est le problème, c’est le message délivré à travers le porte-voix.

C’est le rôle du marketing, de mettre en face l’un de l’autre la personne qui a le besoin et la solution.

Pensez à un produit que vous avez acheté (un livre, une formation, un complément alimentaire, un vêtement, …) et qui vous a vraiment aidé.

Comment l’avez-vous connu ?

Dans le rayon d’un magasin ? en lisant un article sur internet ? dans un magazine ?

Dans tous les cas, il y a eu derrière un effort marketing pour vous faire connaître le produit que vous avez acheté.

L’exemple le plus simple c’est le livre.

Rappelez-vous un livre qui a radicalement changé votre vite.

Imaginez simplement que l’auteur l’ait écrit et une fois fini, il l’ait posé sur le porche de sa maison à disposition du monde entier.

Auriez-vous eu autant de chances de le lire ?

Probablement pas.

Et l’auteur ne met même pas un panneau qui dit qu’il y a un super livre à lire devant sa porte, sinon ce serait déjà du marketing !

Ce qu’il faut retenir

Bien sûr tout cela n’est que ma vision des choses avec mes limites et mes croyances mais s’il y avait un point à retenir c’est le premier : c’est avant tout une aventure intérieure.

Car ce que vous manifesterez à l’extérieur ne sera que le reflet de ce qu’il se passe à l’intérieur, justement pour que vous puissiez en prendre conscience.

Au final, suivez votre intuition et votre cœur, remettez-vous en question, lâchez prise avec le résultat et soyez ouvert à ce que vous allez découvrir !

C’est une belle aventure !

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6 commentaires

  1. Wouah ! Çà m’a vraiment boosté. Je suis prenante de ce genre de message. Il réveille, il secoue et quelques fois on en a besoin, j’en ai besoin. Merci, gratitude, reconnaissance.

  2. Wow ! Un petit pas a la fois mais  »consciemment ».Ma route, mon chemin de Vie présent. Ma propre intuition,mon cœur, mon lacher prise. Un beau rappel et ouverture de ta part Jean-Philippe.
    Encore merci a toi porteur et fils de Lumiere.

  3. juste au moment ou je me rends compte que je dois abandonner certaines parties de mon projet de création d’entreprise qui ne me correspondent plus du tout…mais qui me semblent « nécessaires » financièrement.
    Merci Jean Philippe pour ce message qui me permets d’avancer et de faire le choix du coeur et pas celui du mental 😉

  4. Tu es vraiment dans le parfait alignement , Jean Philippe. Je reçois tes messages toujours au moment ou j’en ai besoins!! incroyable !!
    Merci de ton aide.

    Laurence

  5. Bonjour Jean Philippe,
    Merci pour ton enseignement sur les beau projets qui échouent.
    Cet enseignement me concerne et je t’en suis reconnaissant.

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