Comment sortir du jugement

Rien à faire, je continue de juger !

C’est rapide, c’est plus fort que moi, première impression, et hop le jugement !

Personne, situation, façade de restaurant, affiche de film, tout y passe …

Pourtant, je fais de mon mieux, hein, promis ! 🙂

Car partout dans la sphère spirituelle ou du développement personnel, on lit qu’il ne faut pas être dans le jugement, que juger c’est mal, c’est notre ego, etc.

Mais punaise, quel stress !

Et si, au final, c’était le fonctionnement normal de notre cerveau ?

On catégorise, on met des étiquettes sur ce qu’on perçoit car ça nous aide à appréhender notre réalité et ses milliers d’informations qui arrivent à nos sens à chaque instant.

Cela serait même un comportement très archaïque qui nous permettrait très rapidement d’identifier un danger et donc d’agir rapidement.

Donc lutter contre ça, pourquoi pas, mais « lutter contre » est rarement une bonne solution (« Tout ce quoi à tu résistes, persistes … »).

Car le problème, ce n’est pas tant le jugement en tant que tel mais les actions qui découlent de ce jugement.

Je rencontre beaucoup de personnes de différentes nationalités ces temps-ci.

Et le niveau d’anglais peut varier beaucoup d’une personne à l’autre, de complètement bilingue à un niveau plus académique, moins conversationnel.

Quand je commence à discuter avec une personne dont le niveau d’anglais est un peu juste, j’ai souvent une partie de moi qui juge la personne comme étant stupide.

Car la personne hésite, fait des erreurs, cherche ses mots, et le sens des phrases n’est pas toujours compréhensible aisément ou du moins les nuances ne sont pas claires.

Mais je sais que ce jugement est faux.

Car j’ai vécu la situation inverse.

Et je sais à quel point c’est frustrant d’essayer de s’exprimer dans une autre langue que la sienne et de na pas arriver à formuler son idée correctement avec le juste ton, le juste mot, la juste nuance.

Et pourtant, malgré cette expérience, je ne peux m’empêcher de juger.

Mais il me reste toujours le choix d’agir à ce moment-là en fonction du jugement émis ou non !

Je peux très bien choisir de suivre ce jugement et d’interagir avec cette personne en pensant qu’elle est stupide.

Ou bien, je peux ne pas tenir compte du jugement, rester ouvert et apprendre à connaître la personne telle qu’elle est.

Donc ce n’est pas tant au niveau du jugement que cela pose problème mais au niveau du choix ENSUITE d’agir en fonction de ce jugement.

Le jugement est-il si mauvais ?

Et s’il y avait également confusion entre jugement et intuition ?

Il arrive parfois que certaines personnes aient une intuition mais elles croient que c’est un jugement et donc se retiennent de dire ou faire quoi que ce soit.

J’étais au restaurant avec un groupe de personnes que je venais de rencontrer.

Et j’avais le sentiment que ma voisine de droite avait une forte intuition, qu’elle était capable de ressentir le potentiel d’une personne et son talent.

Ce qui plutôt quelque chose de positif à partager !

On discute un peu et je me rends compte qu’elle n’utilise pas du tout cette intuition, car elle pense qu’elle est en train de juger la personne !

Donc je lui propose de faire une petite expérience avec la personne en face d’elle.

Les deux acceptent.

Voyant qu’elle hésite, je lui repose la question, qu’est-ce qu’elle perçoit chez la personne en face ?

Elle me regarde, comme une gamine à qui on demande de faire une bêtise 🙂

Je la rassure, et je lui dis qu’on demandera à la personne en face ce qu’elle en pense ensuite.

Elle finit par se prêter au jeu et commencent à décrire le talent de la personne en face : elle est capable de mettre les personnes en lumière, de faire ressortir le « beau », à travers la présentation physique (coiffure, vêtements, …) mais aussi dans la personnalité.

Je fais signe « stop » de la main et je me tourne vers la personne en face pour lui demander comment elle se sent par rapport à ça.

Elle bredouille un peu, surprise, mais le visage s’est éclairé et elle répond que ça lui parle, oui.

Elle nous dit qu’elle travaille dans le recrutement de profils techniques dans l’informatique mais ce qu’elle aimerait vraiment faire, elle, c’est préparer les gens pour les entretiens d’embauche.

« Tu veux dire à reconnaître le beau en eux et à le mettre en avant pour les entretiens ? », dis-je avec un sourire :-). « Ça tombe bien, apparemment, c’est ton super talent ! ».

Et là, elle sourit jusqu’aux oreilles et se met à rougir

Et je me tourne vers ma voisine et je lui demande si ce qu’il vient de se passer est plutôt positif ou négatif pour la personne.

Son sourire me fait dire qu’elle a compris le message.

Et pour un jugement négatif ?

Là encore, il peut s’agir d’une intuition notamment sur une situation ou sur une personne qu’on ne « sent » pas par exemple.

Oui, ça peut être perçu comme un jugement négatif mais …

si ce jugement était là pour nous faire changer de trottoir, éviter la personne, ou choisir un autre endroit ?

Combien de personnes se sont retrouvées dans des situations peut-être compliquées parce qu’elles ont cru qu’elles jugeaient négativement quelqu’un ou un endroit au lieu de suivre cette intuition qui leur disait de partir ?

Le problème, ce serait même qu’on juge nos propres pensées négativement parce que ces pensées affichent un jugement, un avis, une opinion sur quelqu’un ou quelque chose.

Mais la vraie question c’est est-ce que ces pensées viennent du fonctionnement de catégorisation du mental ou bien du ressenti ?

D’autant que ça peut se compliquer.

Car à partir d’un ressenti, le mental peut prendre le relais pour trouver une explication au ressenti.

« Je ne me sens pas bien en présence de cette personne … ah oui c’est parce qu’elle a une moustache ! »

Et puis rationnellement, on peut se dire :

 » mais non tu es en train de juger cette personne parce qu’elle a une moustache, c’est stupide ! »

Et on oublie le ressenti du départ …

Comment je juge et comment je me sens

Si votre mental est très présent, ces exemples doivent vous parler.

Vous pouvez apprendre à faire la part des choses en séparant ressenti et jugement :

  • Comment est-ce que je me sens ?
  • Comment est-ce que je juge ?

Quand les deux réponses sont alignées, c’est facile, il n’y a pas conflit intérieur, la décision se fait aisément.

C’est quand les deux réponses ne vont pas dans le même sens que vous avez un choix à faire.

Suivre votre ressenti ou votre jugement.

Autrement dit, suivre votre intuition ou votre mental.

C’est une question de pratique, d’entraînement, parfois on se trompe, mais ça s’appelle l’expérience et c’est comme ça qu’on apprend :-).

Et voici un autre article pour aller plus loin !

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3 commentaires

  1. Bonsoir Jean Philippe
    C est fatiguant sur le M L terme d échanger avec un interlocuteur qui ne maîtrise pas assez bien une langue. La stupidité c est que ça ne permettra pas de renouveler les échanges. C est frustrant pour lui, ou pour nous, mais c est ainsi.
    Quant à l intuition il faut toujours l écouter. A un moment T l intuition ressentie correspondait à quelque chose. A une fuite peut être ou à un évitement, mais cela correspondait à ce qu il fallait faire, ou ne pas faire, à ce moment là. Après à nous d intérioriser et de chercher à comprendre si cette intuition de ce moment là n était pas une répétition du passé, qui n avait plus sa place peut être. Mais sur le moment j écoute toujours mon intuition.
    Le politiquement correct m a parfois fait taire mon intuition: je l’ai toujours regretté. Je préfère mon intuition au politiquement correct.
    Bonne soirée

  2. Comment est-ce que je me sens ? – Qui est ce je ?
    Comment est-ce que je juge ? – Qui est ce Je ?
    Est-ce que c’est le même « Je » dans les 2 cas ?
    Peut-être même qu’il y aurait un 3 eme « Je » en recul, en train de regarder les 2 premiers, jouer au chat et
    à la souris ?

  3. Gratitude pour votre authenticité Jean-Philipe.

    Votre invitation à accepter de juger va plutôt à contre-courant et donne une respiration, apporte un souffle d’ouverture, remet de l’humain en reconnaissant la fragilité que nous portons tous en nous.
    Merci pour la proposition d’accepter le jugement tout en donnant une chance à l’autre ou à la relation.

    Parfois, il me semble que le premier mouvement en moi, est l’intuition. C’est un mouvement très très furtif et subtil qui demande de la vigilance et de la réactivité. Elle est si vite rattrapée par le mental qu’elle m’échappe souvent.

    Merci pour cette belle page de réflexion

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