La leçon de spiritualité de mon GPS

Photo by Tobias Rademacher

Je connais la route, c’est plutôt tout droit tout le long :-).

Alors quand le GPS m’indique qu’il va falloir que je prenne la prochaine sortie d’autoroute, je commence à me demander ce qu’il fabrique ?!

Peut-être un accident ? un bouchon ?

C’est pour ça que je mets quand même le GPS, pour anticiper ce genre d’imprévus sur la route.

Mais là, rien n’est affiché, il me dit juste de sortir dans quelques minutes.

C’est comme si la portion d’autoroute n’existait pas et qu’il me faisait sortir pour me faire rentrer 10 km plus loin.

Mais qu’est-ce qu’il me fait ?

Le détour n’est pas dramatique, 20 minutes de plus, je veux bien mais encore faut-il que ça vaille le coup.

J’arrive à la sortie en question.

Les voitures continuent tout droit pour la plupart comme si de rien n’était.

Aucune indication de problème, de bouchon, de déviation, de contrôle routier ou autre.

Je décide de continuer tout droit et de ne pas écouter le GPS.

Et là c’est la panique.

La panique de mon GPS.

Je vois qu’il affiche « Calcul de l’itinéraire ».

Il me positionne sur une route qui passe tout près.

Puis panique à nouveau quand il découvre que je n’y suis pas en fin de compte.

« Calcul de l’itinéraire ».

Il cherche, il me cherche.

Décidément, il ne veut pas me positionner sur l’autoroute, comme si cette portion n’existait pas pour lui.

Ah, ça y est, nouvel itinéraire … ah non, « Calcul de l’itinéraire » encore.

En attendant, je continue tranquillement la route … tout droit :-).

Il panique encore, il m’affiche une nouvel itinéraire puis rafraîchit, puis recalcule à nouveau quand il se rend compte que je ne suis pas sur la route qu’il avait trouvée.

C’est comme si ce n’était pas possible pour lui que je sois sur cette autoroute, il ne comprend pas, je dois être ailleurs pour lui, mais comme ma position ne correspond pas à cet « ailleurs », il continue de chercher …

Finalement, après 10 minutes de panique, il me retrouve enfin … sur l’autoroute !

Résister à ce qui est

Je me suis dit que c’était typiquement le comportement d’un mental qui résiste à ce qui est.

Je suis sur l’autoroute.

C’est un fait, une réalité, j’y suis, j’en fais l’expérience puisque je roule dessus.

Mais le GPS résiste à cette réalité :

« Non ce n’est pas possible, tu n’es pas sur cette autoroute, tu ne peux pas y être, tu dois être ailleurs, c’est sûr, regarde tu es là, sur cette route à côté ! ».

Jusqu’à ce que la réalité (ma position réelle) le rattrape et contredise ce qu’il pense être de la réalité.

Et il a fini par lâcher.

On peut vivre souvent ce genre de conflit, surtout dans des situations qui nous touchent émotionnellement.

On va réagir depuis une perception où l’on se dit que les choses ne devraient pas être comme ça.

Exemple : je suis au supermarché, il y a du monde, les files d’attente se remplissent et les caisses automatiques sont fermées. Je me dis mais mince ce n’est pas efficace, le magasin s’engorge, les caisses automatiques DEVRAIENT être ouvertes, ça aiderait tout le monde. Et je commence à m’énerver.

Il y a une tension entre la réalité « les caisses automatiques sont fermées » et ce que je pense que la réalité devrait être (pas sûr que ce soit français) « les caisses automatiques devraient être ouvertes ».

Et cette tension crée du stress, du conflit à l’intérieur.

Bien sûr, mon exemple est simpliste, mais je suis sûr que vous trouverez d’autres exemples plus concrets et plus parlant.

Et plus cette situation va être concrète et impactante, plus le niveau de stress va monter et on risque de rester coincé dans notre perception :

« Les choses devraient être autrement ! »

C’est comme un enfant qui croise les bras et qui boude :

Je veux un carreau de chocolat !

Bah oui, mais je n’ai plus de chocolat, mon grand ! dit le parent.

Ca n’arrive pas qu’aux petits …

Il y a une dizaine d’années, j’avais perdu ma carte vitale (une carte « santé » pour ceux qui ne connaissent pas).

J’appelle le service qui s’en occupe.

Je leur dis que je n’ai plus ma carte vitale. Perdue, égarée, volée, je ne sais pas.

Mais la réalité c’est que je ne l’ai plus.

La personne me répond au téléphone :

Bah si, vous devriez l’avoir, mon ordinateur me dit que vous l’avez !

Il a fallu quelques échanges pour que je fasse comprendre à la personne ce qu’il en était, pas ce qui devrait être.

Le stress n’aide pas.

Cet été, après 6 heures de route, j’annonce à mes filles qu’il ne nous reste plus qu’une heure de trajet.

Cinq minutes plus tard, pneu crevé sur un périphérique chargé, mais je rejoins la bande d’arrêt d’urgence sains et saufs.

Dans ma tête, ça se bouscule, le stress de la situation mais aussi l’idée « dans une heure, on est arrivé » qui est encore là et qui résiste.

Ma réalité, c’est qu’on est immobilisé sur la bande d’arrêt d’urgence.

Il m’a fallu quelques respirations pour revenir au moment présent, pour accepter l’idée que j’arriverai bien plus tard et pour commencer à agir.

Les choses ne devraient pas être « autrement », elles sont ce qu’elles sont.

Mais en continuant à penser que cela devrait être « autrement », on se bloque soi-même dans la situation.

On essaie d’agir à partir d’une perception erronée de la réalité et généralement, ça ne marche pas bien, c’est même contre-productif.

Quand j’étais chef de projet, au début, j’avais du mal à accepter qu’on soit en retard sur le planning.

Et je continuais à dire au client qu’on allait livrer à l’heure, alors que rationnellement je savais très bien qu’on était en retard.

Je n’acceptais pas la réalité du retard.

Et du coup, je prenais des décisions 1) qui stressaient l’équipe, 2) qui diminuaient la qualité du travail, 3) qui causaient plus de dommages car le client ne pouvait pas se préparer au retard.

Tout ça parce que je n’acceptais pas l’état du projet tel qu’il était vraiment.

Je ne dis pas que c’est facile.

Et mes exemples sont assez simplistes.

Il y a des réalités plus difficiles, problèmes de santé, de relations, etc.

Mais il faut bien comprendre qu’en niant l’état des choses, la situation dans laquelle vous êtes, au mieux vous êtes bloqué pour un temps indéterminé, au pire, vous aggravez la situation.

La première chose à faire, c’est de se reconnecter à « ici et maintenant ».

Au moment présent.

Voilà un bon exemple d’application d’un principe de spiritualité, n’est-ce pas ? 🙂

« Ok ! Voici la réalité telle qu’elle est. Qu’est-ce que je fais maintenant ?

Ou bien encore mieux :

« Ok ! Voici la réalité telle qu’elle est. Qui est-ce que je choisis d’être ici et maintenant ? »

Regarder la vérité en face, comme on dit, arrêter de se mentir, arrêter de pointer du doigt l’extérieur.

Sortir d’un scénario hypothétique, d’un scénario « cela devrait être autrement » en revenant ici et maintenant.

Voici ce qu’il en est, objectivement, comme un observateur extérieur, juste accueillir ce qui est.

Rien que ça, vous allez voir que la sérénité revient, malgré les circonstances, parce que la résistance cesse et que les idées sont plus claires pour agir dans le bon sens, aligné avec qui vous êtes.

Je vous recommande le livre « Aimer ce qui est » (disponible un peu partout et notamment d’occasion) de Byron Katie où elle explique que la souffrance vient justement de ce décalage entre ce qui est et ce qui devrait être.

Et pour finir et aller plus loin, je vous partage ce magnifique conte de Charles Brulhart : Les trois portes de la sagesse

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2 commentaires

  1. Les mails ou les messages arrivent toujours au bon moment. Merci 🙏 Ils permettent une réflexion, facilitent un choix, ouvrent à une inspiration …
    Cette notion de GPS est primordiale ; et effectivement, ce qui est, est.
    Merci ☀️

  2. Bonjour,
    Je me suis régalée à lire cet article car je n’avais jamais vu ça comme ça !
    Les exemples sont parlants et vevéridiques.
    Merci 🙏 ça fait du bien de temps en temps de remettre les pendules à l’heure et de se poser pour y réfléchir.
    Belle journée 🙂💗

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