Une puissante vague d’amour

Mars 2023.

L’hiver a été particulièrement douloureux.

Le système de santé n’a pas tenu le coup … « comme chaque année », auraient dit certains.

Mais cette fois, c’était différent, c’est allé plus loin que ça …

Les files d’attente de voitures s’allongeaient dans les parkings des hôpitaux, des décès d’adolescents en direct sur les réseaux sociaux et des invités sur les plateaux de télévision, des personnes qui ont perdu quelqu’un restent sidérées, assises sur des bancs publics, ou simplement debout dans la rue, le regard vide …

Le choc a été soudain, violent, l’incompréhension, totale.

Cette « vague », personne ne s’y attendait, tout le monde ou presque était vacciné, de gré ou de force.

Le gouvernement annonce encore de nouvelles restrictions, de nouvelles interdictions, de nouvelles obligations.

La panique est palpable.

Plus personne ne semble écouter.

La douleur est trop forte.

La colère se mélange à la tristesse, dans un tourbillon émotionnel qui fait perdre ses repères à la société.

Tout le monde est touché, de près ou de loin.

Les églises se remplissent, les gens sont à la recherche d’espoir.

Rassemblements, manifestations, blocages, pénuries, le chaos s’installe …

Des voitures pleines à ras bord quittent les villes, des bouchons se forment aux différents postes frontières pourtant complètement fermés.

Sur les plateaux télé, les discours sont catastrophistes, c’est le début de l’apocalypse pour certains, pour d’autres, il faut envoyer l’armée, pour les uns c’est le virus, pour les autres, c’est le vaccin …

La tension devient extrême, l’élastique est prêt à lâcher.

Les gens font des crises de nerf dans la rue, des parents pleurent leurs enfants …

La société vit ses heures les plus sombres contre un ennemi invisible, intouchable, inaccessible …

La pression est trop forte, la cocotte- minute va exploser …

Lundi. 7h02.

Un tweet est publié.

Quoi que tu aies fait, quoi que tu aies dit, quoi que tu aies pensé, je te pardonne.
#JeTePardonne

Le message est d’abord ignoré pendant quelques jours puis devient viral, il se traduit rapidement, notamment en anglais :

Whatever you did, whatever you said, whatever you thought, I forgive you.
#IForgiveYou

Les gens le répètent comme un mantra sur les sites, les réseaux sociaux, et bientôt à la télévision.

Certains journalistes s’interrogent sur la provenance ou le destinataire du message.

Les psychologues s’enchaînent sur les plateaux pour expliquer le mouvement.

Une adolescente de 16 ans, paralysée à vie à cause de la crise, va donner un élément de réponse : « Je pardonne avant tout pour moi-même, pour ne plus porter cette colère contre le monde entier. »

Quelques jours plus tard, c’est la surprise.

Un premier témoignage est publié sur youtube.

Un médecin fait son mea culpa en direct, il regrette ses actions des trois dernières années, il finit en larmes en demandant à son fils, décédé, et à tous ses patients impactés, de lui pardonner.

C’est le début d’un effet domino.

Un député prend la parole sur un plateau télévision : « J’étais aveuglé par la peur », dit-il avant d’annoncer des conflits d’intérêt et … sa démission.

Les témoignages se multiplient, le mouvement #JeTePardonne se diffuse partout.

Les pièces du puzzle de la vérité s’assemblent de plus en plus.

Les aveux se multiplient, les preuves abondent, les révélations font scandale.

Un quotidien national publie sur son site un éditorial titré : « Nous nous sommes trompés. »

Le sous-titre continue : Nous avons été trompés, mais nous nous sommes trompés nous-mêmes. Nous avons oublié notre rôle et perdu notre intégrité. Le choc du retour à la réalité a été violent. Nous demandons pardon. #JeTePardonne

Un membre du gouvernement prend la parole à la télévision, visiblement en dehors d’un contexte officiel :

« Je croyais bien faire, je voulais œuvrer pour le bien-être de tous, pour la santé du pays, je vois les conséquences de mes actes aujourd’hui et j’en prends la pleine responsabilité. J’aimerais déployer mon énergie à réparer mes actes, désormais, quelle que soit la manière. »

Bien sûr, certains commentaires sous ces témoignages sont virulents mais très vite perdus au milieu de messages très courts : #JeTePardonne

Des mea culpa privés ou publics ont lieu dans les familles, entre amis, entre collègues, entre opposants, au sein d’associations, d’entreprises.

Une vague de pardon et d’amour #JeTePardonne submerge le pays et au-delà des frontières.

Certains ne veulent pas pardonner, appellent à la justice ou cherchent à montrer qu’ils avaient raison depuis le début, mais ne trouvent plus autant d’échos qu’avant.

Des suicides sont également annoncés notamment parmi des hauts responsables, certains ont voulu quitter le pays mais ont été arrêtés aux frontières … d’autres encore ont littéralement disparu.

Le gouvernement se remanie de lui-même et ses premières décisions sont de supprimer l’état d’urgence et toutes les mesures de restrictions et d’obligation.

« Les dommages causés seront réparés, annonce-t-il, et nous faisons appel au bon sens et à l’humanité de chacun pour répondre au mieux à chaque situation en respectant la dignité des individus. »

Le personnel médical retrouvent son autonomie et ses responsabilités, les initiatives et partages de connaissance et d’expérience sont encouragés.

La tension insoutenable de quelques semaines auparavant, s’évanouit comme par magie.

C’est un soulagement soudain, une chape de plomb qui s’enlève, une légèreté nouvelle.

Les hôpitaux se désengorgent, les blocages se lèvent, les pénuries s’estompent.

La pagaille générée par les nombreux départs dans les institutions et les entreprises est étonnamment limitée.

Certaines s’effondrent, d’autres se ré-organisent et se ré-orientent vers de nouveaux objectifs.

Un vent nouveau souffle sur le monde, sur la société, dans le cœur de chacun.

Même si justice sera faite pour certains, la société n’y accordera pas beaucoup d’importance.

Le passé est pardonné, le présent remercié et le futur re-créé.

#JeTePardonne

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10 commentaires

  1. Quelle sensation de légèreté à la lecture de cette lettre, tout ce en quoi j’espère pour notre humanité de demain rédiger comme une réalité, j’ai eu la sensation durant ma lecture que nous étions enfin arrivés au bout et qu’il avait été important d’y croire un grand merci, alors continuons tous ensemble pour voir naître #jetepardonne

  2. Je crois aussi que ce texte est prophétique….
    Je voyais la date pour 2022 mais peut-être qu’en effet, ce sera pour 2023…
    Merci à chaque-Un(e)
    Je me pardonne, je te pardonne….

  3. Bonjour Jean-Philippe,

    Je croyais que tu avais fait une erreur de date au début! En lisant, j’ai bien vu que tu imaginais ce scénario libérateur projeté sur 2023. Quelle bonne idée!

    Merci de ce souffle apaisant!

  4. Merci, Jean-Philippe, pour cette belle inspiration partagée !
    J’espère que nous ne vivrons pas le pire, mais que nous vivrons très rapidement le PARDON.
    On peut déjà commencer à le faire…les échanges entre amis ou membres d’une même famille nous en offrent l’opportunité !
    Belle journée, fraternellemnt,
    Mad

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