Quelques miettes de pain (suite de l’arbre)

Suzanne et sa maman Charlotte sont dans le jardin, chacune de leur côté.

Quand Suzanne a compris ce que pouvait donner une graine, elle a demandé à sa maman de créer un potager avec des légumes, des fruits, des fleurs et « tout ce qui pouvait être joli et bon à manger ».

Charlotte a aimé l’idée et a commencé à préparer une parcelle du jardin dans ce but.

Suzanne a choisi les fleurs en regardant des photos sur l’ordinateur, en prenant soin d’avoir plein de couleurs différentes.

Quelques semaines plus tard, le jardin potager commençait à prendre forme.

– Tu m’as dit que tu m’aiderais à désherber ! soupire Charlotte.

– Oui oui, attends, je finis ça ! répond Suzanne sans se douter de ce qu’il se prépare …


Les troupes sont organisées.

Des milliers d’individus sont prêts, dotés, d’armes à la vitesse foudroyante et même des armes chimiques.

Les stratégies sont en place, de la force brute à l’attentat suicide.

Tous les coups seront permis dans cette lutte territoriale.

Les troupes sont rassemblées au plus près des ressources visées.

Des espions ont repéré le terrain pour préparer au mieux l’attaque.

Alors quand tout a commencé, il n’aura fallu que très peu de temps pour que les forces rivales s’affrontent.


La première vague fut foudroyante.

Le choc fut terrible, comme deux sumos qui jaillissent au début d’un combat.

Les premiers soldats tombent, victimes d’une lutte sans merci.

Les renforts arrivent et submergent le flanc droit.

L’ennemi riposte et repousse l’offensive pour défendre certaines positions stratégiques.

Ce qui aurait pu être une simple bataille devient une véritable guerre.

Compte-tenu des forces en présence, la lutte va durer, c’est certain.


Suzanne vit un mélange d’inquiétude et d’émerveillement.

Elle est à quatre pattes dans l’herbe.

Tout lui paraît tellement immense, le nez collé près du sol.

Elle se penche d’un côté, puis de l’autre.

Elle avance le doigt vers le sol puis le retire aussitôt.

Elle aimerait faire quelque chose mais elle ne sait pas quoi.

Elle se relève et cherche sa maman autour d’elle.

– Maman ! crie-t-elle, à moitié effrayée.

– Attends, je finis ça, répond calmement Charlotte un peu plus loin, un arrosoir à la main.

Suzanne se remet à quatre pattes, à nouveau absorbée par le chaos sous ses yeux.

Elle ne pensait pas que quelques miettes de la table auraient cet effet dans son jardin.

Des dizaines, des centaines, des milliers de soldats fourmis avaient afflué d’un buisson d’une part, d’un petit coin de terre de l’autre, se livrant un combat acharné désormais pour de maigres ressources.

– Regarde ! elles se battent ! s’exclame Suzanne, désolée, à l’arrivée de sa maman.

Charlotte, découvre le spectacle et répond à sa fille en lui tendant la main :

– Tout ça n’aura bientôt plus d’importance, viens plutôt m’aider à rendre le jardin potager « joli et bon à manger » tu veux bien ?

Suzanne se relève, regarde le potager en devenir et sourit, préférant largement compter les fleurs que les fourmis soldats.

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