
Vouloir aider les autres est une noble intention, mais comme le souligne Neale Donald Walsch :
Vous ne pouvez pas aider quelqu’un qui ne veut pas être aidé.
Proposer son aide sans qu’elle n’ait été sollicitée, c’est inconsciemment endosser le rôle du « sauveur ».
Cette révélation fut l’une des leçons les plus marquantes de mon parcours personnel.
Une leçon que je n’ai pas acquise intellectuellement, mais à travers une expérience …
Je pense que j’avais vraiment besoin de l’intégrer avant de pouvoir continuer sur mon chemin.
Laissez-moi vous raconter cette histoire.
Nous sommes en Espagne.
Cela fait un an que ma vie prend un nouveau virage dans beaucoup d’aspects (je l’ai partagé dans de nombreux articles de la catégorie « Mon cheminement »).
Et je fais de plus en plus l’expérience d’accompagner des personnes en les aidant à explorer leurs pensées et en apportant de la clarté sur leur talent de vie.
C’est tout nouveau pour moi, et j’expérimente cet accompagnement intuitif notamment dans une résidence de coliving, où des voyageurs se succèdent, restant d’une semaine à plusieurs mois.
C’est donc pour moi l’occasion de multiplier les expériences, de jouer avec de nouveaux « puzzles », d’autant plus que les retours positifs s’accumulent et cela commence à se savoir.
C’est pour moi extrêmement enrichissant, chaque nouvelle rencontre devient l’occasion d’affiner ma compréhension et ma pratique. Je perçois de mieux en mieux les blocages de chacun.
Mais une leçon cruciale m’attend…
Un jour arrive Bettany, une femme un peu plus âgée que la moyenne et manifestement marquée par la Vie.
Rien qu’à la voir, j’ai envie de pleurer.
Elle devient rapidement mon nouveau « puzzle » à résoudre, et je commence à lui poser des questions autour d’un café en terrasse, en présence de deux autres personnes.
La conversation s’approfondit, elle se confie, et j’apprends qu’elle a perdu son fiancé dans un incendie quelques années auparavant. Cette tragédie continue manifestement d’impacter sa vie aujourd’hui.
Je sens alors profondément qu’il y a quelque chose à faire, à apporter …
Mais la conversation devient moins fluide, ponctuée d’interruptions. Les réponses se font plus évasives, moins précises. Nous nous arrêtons là.
J’aurais dû y voir un premier signal.
Trop tard : j’ai déjà enfilé ma cape de « sauveur » sans m’en apercevoir, guettant la prochaine occasion de poursuivre cette conversation.
Plus tard dans la soirée, l’opportunité se présente, avec de nouveaux signaux que j’ignore.
Je ressens par exemple comme une tension électrique chaque fois que j’essaie d’aborder le sujet de son ex-fiancé. Un « tzzzz » mental, comme un faux contact, que je choisis d’ignorer.
J’insiste une fois, deux fois… La troisième sera celle de trop.
Elle change de ton alors, me rappelant que je n’ai pas de diplôme de psychologue et qu’elle ne souhaite plus en parler.
Je bats en retraite, je m’excuse, reconnaissant qu’elle a raison, et je change de sujet.
La leçon est claire : j’ai franchi une porte sans y être invité.
Même si mon intuition me soufflait qu’il y avait quelque chose à guérir, ce n’était ni le bon moment, ni le bon contexte, et je n’étais peut-être pas la bonne personne.
La porte était tout simplement fermée.
Je suis un peu refroidi sur le moment mais je prends alors conscience de ma cape de « sauveur ».
J’ai même eu le sentiment ensuite que cette expérience avec Bettany était « orchestrée » à un niveau plus élevé pour que cette prise de conscience puisse se faire. Orchestré par mon comité de direction composé de différents guides :
— Bon, Jean-Philippe, il avance bien sur son chemin mais là faut qu’il apprenne quelque chose d’important avant de pouvoir continuer …
Un peu comme s’il y avait un trou sur le trottoir sur votre chemin habituel.
Vous tombez une fois dedans et ensuite vous savez qu’à cet endroit, dans ce tournant, il y a un trou à éviter.
Vous adaptez votre routine en conséquence et vous n’y pensez plus.
Depuis, j’aborde évidemment les choses différemment, en respectant le chemin et le timing de la personne.
Récemment, après un atelier sur la mission de vie dans une résidence, j’ai proposé des entretiens individuels à ceux qui le souhaitaient.
Malgré des besoins exprimés par certains participants, dix jours se sont écoulés sans nouvelles.
C’est seulement à l’annonce de mon départ imminent que certains ont franchi le pas et ont demandé à ce qu’on prenne un café.
Quand je pressens un besoin d’accompagnement dans un cadre informel, je me contente d’indiquer la porte et j’attends qu’on frappe :
— Si tu souhaites en parler, on peut prendre un café quand tu veux…
Parfois on frappe, parfois non.
Mais quand quelqu’un franchit le pas, je sais que nous pouvons avancer ensemble.
Abandonner la posture du « sauveur », c’est redonner à l’autre son pouvoir de décision, sa liberté de tendre la main… ou non.
C’est la première étape pour véritablement aider.

Éclaireur
Éclaireur de chemin, j’apporte de la lumière sur notre expérience de vie pour toujours plus de conscience sur nos pensées, sur notre cheminement, sur qui nous sommes vraiment.
(pour en savoir plus sur mon cheminement, lire qui suis-je ?)






J’adore vos histoires du vendredi. Un peu de douceur dans ce monde.
Merci.
Bonjour Jean Philippe. J aurais tellement voulu trouver de l aide quand j étais enfant/adolescente qu arriver à l âge adulte j ai cru trouver ma mission sur terre: sauveuse. Inutile de raconter. Des années plus tard et quelques bonnes « claques » reçues en réponse à ma main tendue, j ai enfin compris, ou plutôt il m a été enseigné, que « vouloir » être sauveur cachait quelque chose en moi qui n était pas complètement guéri ou que j étais encore émotionnellement dans ce qui m avait fait souffrir. Voilà. Je suis plus modérée maintenant (je me retiens d enfiler ma cape Sauveuse) et je laisse mon intuition me guider et m indiquer quand je peux aider sans être intrusive, sans interférer dans la décision de l autre. Merci encore pour vos mots si justes, toujours avec une pointe d humour quand vous parlez de vous. Bonne journée.
Christine
Magnifique ! merci ! J’ai proposé un café à une personne, c’était à elle de me faire signe. Rien, j’ai respecté sa décision. Merci de m’éclairer.
merci jean-philippe, j’ai lâché ma cape de « sauveuse » il y a quelques semaines…. et maintenant je travaille sur le pourquoi avais-je besoin de sauver ma fille en particulier… c’est très intéressant, cela dénoue… et je me sens mieux.
Bravo Jean Philippe et merci pour cet excellent témoignage 👏
Continuez à nous partager vos belles expériences de vie qui sont toujours très intéressantes 🌟
Bonjour Jean Philippe ce témoignage tombe au bon moment, merci.Je travaille pour lâcher la cape de sauveuse et de vouloir à tout prix sauver mon fils aîné .c ‘ est compliqué .et fatiguant. Bonne fin de journée
merci Philippe pour ce partage. mon expérience a été plus violente. j’ai voulu aider une amie ed longue date et il y eu un clash, je ne l’ai plus revue et j’ai plus tard compris comment elle s’est sentie dépossédée en effet . la vie donne des leçons parfois brutales quand on a la comprenette paresseuse
Bonjour,et merci.
Chaque jour depuis des années je vous suis 5 jours par semaine.
Et tout ce que vous pouvez écrire ✍️
Et cela m’aide beaucoup.
Et aujourd’hui c’est très éclairant pou moi.
La cape du sauveur.
Bien trop souvent j’aide les autres ,bien que très souvent on ne me demande rien.
Et justement après Noël j’ai interpellé par écrit mes deux petites filles de 30 et 20 ans.
Qui oublie la grand mère que je suis 73 ans ,anniversaire, Noël jour de l’an.
Et cette année je leur ai fait un SMS parlant de l’indifférence,la grande l’a très mal pris.et m’a répondu vertement, je savais pourtant que ma petite-fille étais mal dans sa vie,mais avait oublié qu’elle pouvait souffrir autant.
Depuis je me suis excuser,mais pas de repose.je suis très malheureuse de ma réaction.
Être sauveur n’est toujours pas indiqué.
Merci de votre message.
Cordialement.
Marie.
Merci jean-philippe
MERCI JEAN PHILIPPE J’ai failli faire la même chose. Une voisine qui est mal mentalement et physiquement qui a un petit chien vieillissant et malade, en lisant le livre de Laïla del MONTE : les animaux, leur chemin vers l’autre monde qui explique que souvent ils prennent soin de nous jusqu’à s’oublier et que cette personne m’a dit que si elle le perdait ce serait dur, j’ai voulu lui faire connaitre ce livre alors j’ai envoyé deux messages pour qu’on se parle mais elle n’a pas répondu….Donc je n’interviendrais pas même si je la vois passer devant chez moi courbant le dos et malheureuse…mais ça me rend triste MERCI aussi pour tous vos messages. Amicales pensées.