Quand les mots ne restent que dans le mental …

Gandalf face au Balrog : Vous ne passerez pas !
Gandalf face au Balrog : Vous ne passerez pas !

Les mots ont une force étonnante.

Parfois, nous savons leur donner beaucoup de puissance, parfois non.

C’était justement l’objet du message d’une participante à une formation : elle constatait que certains mots qu’elle prononçait restaient uniquement dans le domaine du mental et que leur impact était du coup très limité.

En effet, si cela reste mental, cela n’a que très peu d’énergie.

Un livre, une conférence ou autre, si c’est purement intellectuel, vous sentez peut-être que les mots sont creux, vides … Cela reste du mental.

Mais si quelqu’un vous raconte comment il a escaladé l’Everest et ses péripéties pour y arriver, vous sentirez que les mots ont une toute autre « substance », j’en suis sûr !

C’est aussi pour cela qu’on parle de « parler avec son cœur » – les mots ont alors une toute autre énergie.

Prenons l’exemple de la gratitude, comme du fait de dire merci.

Vous avez certainement fait l’expérience de dire merci sans y mettre aucune énergie – un merci de pure politesse.

Mais vous avez aussi sûrement expérimenté un merci rempli de gratitude, débordant de cette énergie particulière.

Vous avez senti la différence, ou peut-être l’avez-vous ressentie quand quelqu’un d’autre vous disait merci avec tant d’intensité.

Un autre exemple : lorsque vous dites « non » ou « stop«  à un enfant qui fait une bêtise.

Si cela reste du domaine du mental, si vous n’êtes pas présent, si vous ne le dites pas en conscience, ces mots n’auront que très peu d’énergie.

Vous aurez beau les répéter une, deux, trois fois, ils n’auront quasiment aucun impact.

En revanche, à force de répéter sans avoir de résultat, la frustration peut monter et, si ça explose, les mots portent enfin une forme d’énergie ! 😁

Et là, il y a un impact, il se passe quelque chose dans l’interaction. L’énergie de frustration n’est pas idéale (!) mais une limite est posée.

Les mots ont été incarnés.

C’est quelque chose que j’ai vraiment compris par l’expérience.

J’ai participé à un « camp » en 2015 aux États-Unis qui s’appelait plus ou moins « Le guerrier de lumière ».

Ce serait trop long à résumer mais l’une des épreuves consistait à apprendre à poser des limites, à dire stop.

Pour apprendre à dire stop de manière efficace, il faut quelqu’un en face qui vous pousse, qui vous envahisse, qui cherche à rentrer dans votre espace. Pas physiquement, mais émotionnellement, énergétiquement … Et l’équipe qui encadrait cette épreuve était très douée pour ça !

Nous passions les uns après les autres, face à la personne qui nous poussait dans nos retranchements.

Et elle poussait fort … très fort parfois.

Le but de l’épreuve, l’objectif du guerrier de lumière, n’est pas d’aller à la confrontation, mais de maintenir sa position, de poser une limite ferme et non négociable. La plupart finissaient par y arriver, d’autres non.

Quand les participants sortaient de l’épreuve, ils s’adossaient au mur et se laissaient glisser par terre, épuisés.

Quand ce fut mon tour, je me suis mis en position face à « l’envahisseur ».

Dès que j’ai vu le regard de la personne qui jouait ce rôle se tourner vers moi (je m’en rappelle encore 10 ans après !), j’ai senti ma voix trembler.

Mes premiers stop ont été mous, sans vie.

Il s’en est bien rendu compte et s’est engouffré dans la brèche.

Il m’a forcé ainsi à aller chercher un stop beaucoup plus profondément en moi, comme pour toucher une force intérieure insoupçonnée qui allait donner du poids et de l’énergie à la limite que je voulais poser.

Et cela a fonctionné !

Il ne s’agit pas simplement de dire « stop« , un « stop » mental, un « stop » de principe.

Il s’agit de dire « stop » de manière incarnée, en conscience, en présence, avec tout son être.

C’est vibrer le « stop ».

C’est ré-occuper son espace, son énergie, reprendre sa place.

Ce qui évite d’être envahi par l’énergie des autres, leurs émotions, etc. Car il y a quelqu’un à la maison !

Tout cela, vous le savez peut-être déjà.

Si aujourd’hui vous ressentez une difficulté à poser une limite, à dire « non », à incarner vos mots, à leur donner une énergie plus grande que celle du mental, alors c’est que peut-être la vie vous invite à en faire l’expérience en conscience, à grandir dans votre propre espace, à reprendre conscience de qui vous êtes au-delà de vos pensées et de votre mental.

Il s’agit d’incarner votre présence pleinement dans votre corps physique et au-delà, de vous enraciner, de ressentir votre énergie dans le moment présent et peut-être d’en prendre soin un peu plus encore.

C’est donc créer en conscience votre réalité, car tout comme on peut blesser quelqu’un avec des paroles – la personne va le ressentir émotionnellement, physiquement même parfois – on peut créer avec des paroles, on peut manifester avec des paroles, on peut faire du bien juste avec des paroles.

C’est donc une invitation à reprendre conscience de qui vous êtes dans sa plus grande dimension.

Si vous pensez que vous êtes seulement votre main, et que vous marchez pieds nus sur une épine, vous allez ressentir que quelque chose ne va pas, mais sans vraiment comprendre pourquoi, parce que vous pensez que vous êtes juste votre main !

La perception de qui vous êtes est limitée.

Une part de vous sait que vous êtes plus grand que votre main, et c’est pour cela que vous sentez que quelque chose ne va pas.

Mais tant que vous n’avez pas pleinement conscience de qui vous êtes, vous ne pourrez pas dépasser les difficultés que la vie met sur votre chemin, car ces difficultés sont simplement des appels à vous éveiller à qui vous êtes vraiment, à reprendre conscience pleinement de qui vous êtes, dans son entièreté.

Et au fur et à mesure, les paroles que vous exprimerez auront de plus en plus d’énergie et donc d’impact.

Vous en découvrirez leur pleine puissance.

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2 réflexions au sujet de “Quand les mots ne restent que dans le mental …”

  1. Je voudrais venir lire mais gros crash dans mon couple. Des mots qui fontt très mal prononcé après 62 ans de mariage.
    Menace de séparation!!
    Pensez à moi

    Merci
    Christine

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  2. Bonjour,

    Un grand merci pour ce partage d’une situation vécue qui illustre très bien le propos permettant de comprendre la puissance des mots, des limites posées simplement à partir du mental ou alors incarnés pleinement, en conscience, concernant ces stop !

    Ce partage a résonné puissamment en moi car j’ai parfois encore du mal à poser mes limites simplement et sainement.
    Vos exemples sont toujours fort inspirants. Soyez béni et remercié pour votre belle contribution qui fait une différence dans notre cheminement.

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