Pourquoi poser des limites et les (faire) respecter ?

Faites votre valise !

Certaines personnes donnent du temps, de l’énergie tout le temps, à tout le monde.

Vous en faites peut-être partie.

Elles veulent se montrer gentilles, aider les autres, être à l’écoute et soutenir.

Mais au final, elles se sentent fatiguées constamment, voire épuisées certaines fois, et parfois sans comprendre pourquoi.

Elles donnent sans compter, c’est-à-dire sans limite, sans ressentir si elles peuvent encore donner ou pas.

Donner aux autres c’est très bien mais à condition de se donner aussi à soi-même :

  • Se donner du temps pour soi
  • Dépenser de l’énergie pour prendre soin de soi
  • Etre à l’écoute de ses propres besoins et envies

C’est un équilibre à trouver.

Et ça se fait en 3 étapes !

1. Poser des limites

Combien de temps je suis prêt à accorder à cette personne que je veux aider ?

Quelle énergie je suis prêt à dépenser pour soutenir cette personne ?

Quelle est la limite que je choisis de poser AVANT que moi-même j’en subisse les conséquences.

Voici un exemple !

Vous partez en voyage avec un ami demain matin et vous allez préparer votre sac. Il vous appelle, il est 19h, il a du mal à faire sa valise. Vous proposez de passer pour l’aider.

Quand vous arrivez, tout est en vrac, il veut prendre trop d’affaires, il veut repasser tous ses vêtements avant de partir mais il ne sait pas encore quoi prendre, etc.

Vous voyez l’idée.

Vous y passez la soirée.

Vous discutez, négociez, invitez à faire des choix, bref il est 23h quand tout est bouclé et vous rentrez chez vous.

Sauf que vous aussi, vous avez votre sac à faire. Mais vous n’avez qu’une seule envie, c’est d’aller vous coucher parce que vous êtes épuisé-e !

Au final, vous vous couchez tard, vous oubliez des affaires pour votre voyage et vous ressentez un début de frustration pour votre ami alors que le voyage débute tout juste !

Pendant le voyage ensuite, vous vous sentez aigri-e et vous ne pouvez vous empêcher d’envoyer des « piques » à votre ami pour lui faire payer. Bref, vous vous sentez mal et vous vous en voulez.

Et finalement, ce n’est pas la faute de votre ami tout ça, mais cela arrive parce que vous n’avez pas posé de limite !

Qu’auriez-vous pu faire ?

  • « Je fais d’abord ma valise et je viens t’aider ensuite ! »
  • « Ok, je passe t’aider pendant une heure et puis je rentre ! »

Il y a différentes manières de cadrer les choses.

Poser un cadre, cadrer, cela signifie poser des limites !

Mais poser des limites, cela ne suffit pas …

2. Respecter les limites que vous vous posez

Ok, imaginons que vous décidiez de passer aider votre ami pendant une heure.

Vous arrivez, vous vous rendez compte que ce n’est pas gagné pour faire cette valise !

L’heure tourne et vous vous rendez compte au bout d’une heure, que vous n’avez toujours pas fini.

Et il y a encore du boulot !

Intérieurement, le dialogue avec vous-même s’intensifie …

Vous vous étiez donné une heure maximum pour aider votre ami. Vous pensiez que ça suffirait mais manifestement non.

Vous vous dites que vous ne pouvez pas le laisser en plan comme ça, maintenant que vous avez commencé et vous sentez monter un sentiment de culpabilité si vous envisagez de partir.

En même temps, vous sentez un peu de frustration monter parce que vous n’avez pas commencé votre valise à vous non plus.

Mais bon, ça ne se fait pas, c’est votre ami après tout, et vous décidez de rester et terminer sa valise.

Aïe !

Et oui ! Certes vous avez posé une limite mais vous ne la respectez pas.

Et en ne la respectant pas, vous ne VOUS respectez pas.

Vous faites passer l’autre avant vous-même.

Donc certes, vous êtes un-e super ami-e, mais fatigué-e et frustré-e.

Et vous avez l’impression que cela arrive souvent ce genre d’histoires …

Alors la prochaine fois vous vous dites que ce sera une heure et c’est tout !

Et on arrive à l’étape 3 …

3. Faire respecter vos limites

Revenons à notre histoire de valise.

Ça fait une heure que vous aidez votre ami à faire sa valise.

Le délai est écoulé.

Vous décidez qu’il est temps de rentrer, vous commencez déjà à fatiguer et votre valise n’est pas faite encore.

Vous respectez la limite que vous vous étiez fixé-e.

Et vous le dites :

« Bon écoute, ça fait une heure déjà, je vais rentrer maintenant. »

C’est l’étape la plus dure, parce que vous sortez de votre tête et vous vous confrontez (vraiment) aux autres …

Plusieurs scénarios sont possibles bien entendu :

« Oui ok, je comprends, merci beaucoup pour ton aide ! »

Bon ben là, aucun problème, chacun est respectueux de l’autre, c’est le scénario le plus facile :-).

Ce sont les autres scénarios qui sont intéressants :

« Oh noooon, tu ne vas pas me laisser tout-e seul-e ?! je ne vais jamais y arriver sans toi ! »

« Quoi ? mais je te prenais pour mon ami-e, franchement, je suis déçu. »

« Punaise, alors comme ça tu me laisses tomber, c’est ça, va-t-en égoïste, va t’occuper de tes affaires, tu penses qu’à toi de toute façon ! … « 

Alors là, ça se corse !

L’émotionnel rentre en jeu du côté de votre ami et du vôtre : culpabilité, chantage affectif, colère, …

Ça peut être plus ou moins subtil et parfois, vous ne vous en rendez même pas compte !

Vous vous dites que l’autre a raison, que ça ne se fait pas, etc.

Et vous décidez de rester et de ne pas respecter la limite que vous vous étiez fixé-e.

Et au final, vous vous sentez vidé-e, frustré-e, et vous ne comprenez pas pourquoi.

Et parfois vous vous en rendez compte alors vous réagissez, vous vous défendez, vous vous justifiez :

« Mais je t’avais dit que je viendrais pour une heure seulement … »

« Mais si je suis ton ami, mais là je suis fatigué-e et j’ai encore ma valise à faire … »

Sauf qu’il n’y a pas de dialogue possible quand l’un est dans le rationnel et l’autre dans l’émotionnel.

Dans tous les cas, vous sentez votre énergie baisser, vous ne vous sentez pas bien dans cette situation, vous ne vous sentez pas libre de dire non ou stop !

Et là, il y a un choix à faire.

Qui est la personne la plus importante ?

Qui passe en priorité ?

Qui allez-vous « trahir » ?

La réponse vous la connaissez.

VOUS êtes la personne la plus importante.

Ce n’est pas de l’égoïsme, c’est simplement se respecter.

Respecter son bien-être, respecter sa fatigue, respecter son énergie, respecter son temps.

Donc, prenez le temps de ressentir les choses et maintenez votre limite.

Cela va faire ressortir des émotions, des pensées et c’est tant mieux parce que vous allez pouvoir prendre conscience de tout ce qui gouverne vos comportements à votre insu !

Mais cela va surtout vous confronter à de la peur.

Qu’est-ce qu’il se passe si je dis non ?

Qu’est-ce qu’il se passe si je fais respecter cette limite ?

C’est en faisant l’expérience de cette peur que vous allez la transcender, sinon c’est une peur qui n’existe que dans votre tête !

Et vous allez vous rendre compte à travers l’expérience qu’il y a une meilleure version de vous-même de l’autre côté de cette peur.

La peur s’évanouit quand vous acceptez de la traverser.

Notez bien que cette histoire de limites est valable dans beaucoup d’aspects de votre vie si vous faites attention, ce n’est pas l’interaction avec les autres uniquement mais le temps que vous passez sur certaines tâches, ou sur Facebook, la quantité de sucre que vous mangez, l’entretien de votre corps en faisant une activité physique, …

De votre capacité à poser des limites va dépendre la qualité de votre vie.

A vous de jouer !

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17 commentaires

  1. L’avant-dernier paragraphe est si riche, qu’il mérite d’être développé ultérieurement…
    Quand pensez-vous ?
    (Les conversations téléphoniques qui n’en finissent pas… Et, si on vous donnait des exemples… )
    Merci pour votre travail.

  2. Merci Jean-Philippe pour tes connaissances qui m’ont située dans ma vie. C’est WOW !
    J’aime ton authenticité dans tes écrits, cela m’aide et éclaircie ma vision.
    Bravo !

  3. C’est exactement ça, il y en a qui utilise des stratagèmes pour que vous restiez plus longtemps au téléphone ou autre par le chantage. Ceci provoque en général un sentiment de culpabilité.
    C’est vrai savoir poser ses limites n’est pas facile! Mais c’est important pour Nous! Car cela nous permet d’etre plus efficace! ? merci Jean-Philippe! Un article qui nous eclaire! Car malheureusement on ne le voit pas toujours!

  4. Bonjour JP,

    Merci pour cet article dans lequel je me reconnais avec la difficulté à dire non.

    Cela dit je n’avais jamais pensé aux limites dont tu parles, je vais donc m’en servir pour avancer et m’améliorer dans mon rapport avec moi-même.

    Car tu as raison quand tu dis que parfois on n’oublie de se respecter et que par la même occasion on s’oublie.

  5. Bonjour Jean -Philippe
    Très intéressant, et la phrase qui m’a interpellé c’est « il n’y a pas de dialogue possible quand l’un est dans le rationnel et l’autre dans l’émotionnel »
    Comment alors peut on traverser ce passage en étant le mieux possible? en disant ce que l’on ressent? « par exemple, je comprends ta frustration mais là je ressens que je suis énervée et stressée parce que je n’ai pas eu le temps de faire ma valise et je n’ai pas envie de passer une mauvaise nuit, donc à demain »?

    Ton écrit me fait penser à un autre sujet. Depuis que je commence à me donner du temps, à penser à moi, (je suis tellement habituée à donner aux autres!) je ressens parfois presque une sensation de vide, comme si le fait de n’avoir plus « d’os à ronger » me ramenait parfois à la question « et maintenant qu’est ce que je fais de ma vie ». Bon je vous rassure c’est que par moments mais quand le moment est là il n’est pas agréable!

    1. Oui il s’agit d’exprimer sa vérité dans l’instant en parlant notamment de son ressenti : « Je suis fatigué, je rentre », ça peut être aussi simple que cela 🙂
      Et oui ! quand on arrête de s’occuper pour s’occuper, on est face à soi-même et à cette question : qu’est-ce que je fais de ma vie ?
      Mais c’est là un excellent point de départ ! C’est LE point de départ !
      Il est toujours assez tôt pour se poser cette question qu’on passe trop de temps à éviter en faisant plein d’autres choses notamment pour les autres …

  6. Merci, cela me rappelle bien des épisodes des histoires vécues, cela me fait penser en premier lieu au fait qu’on ne change pas sa nature, très souvent dans ce que j’ai pu repérer on ne change pas sa nature qui est ou tournée vers les autres cad qu’on va s’échapper à soi même très souvent en préférant se donner du souci pour autrui ou ne se préoccuper que de soi même en échappant aux autres également par cette voie, la finalité restant la même héhé ; quel conseil alors dans l’un ou l’autre cas avec les degrés bien évidemment que cela implique, eh bien sans doute viser le milieu, en sachant que notre milieu n’est pas le milieu d’autres personnes, viser le milieu en tenant compte d’où où vient et d’où on part, merci en tout cas pour vos messages et réflexions très riches, j’avais parlé d’une image il y a assez longtemps comme de passer de galère à voilier éventuellement au cargo, je vise toujours le milieu j’ai donc à l’heur »e actuelle un voilier d’environ douze mètres voilà voilà merci de votre lecture à bientôt

    1. Quelqu’un de trop tourné vers soi n’a que rarement des problèmes de limite avec les autres, non ?
      Il n’y a pas de juste milieu à trouver, il y a simplement à s’écouter !
      C’est quoi la limite avec laquelle je suis d’accord moi et moi-même ?
      Ce n’est pas être égoïste, mais si tu écoutes les autres pour définir tes limites, tu commences à ne plus écouter tes besoins et comment tu te sens.

  7. Merci Jean-Philippe!
    Je me reconnais tellement dans cette histoire, et je suis justement à un tournant où je m’efforce de reconnaître mes limites et de les poser clairement…

  8. Merci Jean Phillippe
    C’est mon quotidien je ne sais pas dire non ….. et beaucoup de personnes dans mon entourage en profite
    Je vais suivre tes conseils….mettre des limites
    Bonne journée

  9. Bonjour Jean-Philippe, j’ai été confrontée tout récemment à devoir mettre des limites bien clairement dans un scénario qui pouvait devenir tout à fait énergivore. Je l’ai fait et j’en ai été très heureuse: « Veux-tu bien venir m’aider à nettoyer ma maison un dimanche, je sais que tu as ta famille ». Cela avec un contexte émotionnel terrible. J’ai dit oui – de telle à telle heure – et j’ai respecté mes limites. Ca m’a fait un bien fou. Pour les autres demandes j’ai fait la même chose – sans me sentir coupable de n’avoir pas fait les mêmes choix que ceux de mon amie sur le plan social.

  10. Gros merci Jean Philippe,tu me fournie le  »fuel » qui permet a  »ma  » lampe personnel de bien fonctionné. Serais-ce trop te demandé de venir t’installé au Québec,il y as un gros manque de main d’oeuvre dans le domaine de la spiritualité sur  »notre » petit coin de terre que notre mere la Terre nous a donné.

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