« Ça ne sert à rien de se révolter »

45 minutes que j’attends dehors dans le froid pour faire un test.

Mon tour arrive enfin, la partie administrative se fait sans ménagement, on me pose des questions personnelles qui n’ont pas lieu d’être, à haute voix, sans discrétion aucune vis-à-vis des autres personnes présentes …

J’entre ensuite dans un petit cabinet de la pharmacie, l’infirmière m’accueille.

Je lui demande si c’est tous les jours aussi bondé, elle me répond que oui et que ça lui prend un temps dingue alors qu’il y a tant d’autres choses à faire.

Puis elle ajoute :

« Mais bon faut accepter, ça sert à rien de se révolter … »


Grande question, n’est-ce pas ?

Accepter ?

Laisser faire ?

Contourner ? voire tricher ?

Se révolter ?

Les circonstances actuelles nous poussent à nous demander vraiment ce qu’on veut.

Quelque soit le choix (parce qu’il y en a toujours un), il y aura des avantages et des inconvénients, des risques et des bénéfices, des regrets ou des conséquences.

Et comme la situation évolue de mois en mois, voire de semaine en semaine, on doit à nouveau choisir, encore et encore …

Et il peut être parfois difficile de changer d’avis une fois qu’on s’est engagé sur une voie, quelle qu’elle soit.

Car on peut oublier qu’on peut toujours choisir

Demandez à la grenouille dans la casserole d’eau sur le feu si elle pense à changer d’avis.

Et si le choix véritable était ailleurs ?

En fait, la véritable question à se poser, si vraiment on veut être honnête et respectueux avec soi-même, c’est jusqu’où je suis prêt à aller ? Quelle est ma limite ?

  • A quel moment vais-je dire stop ?
  • A quel moment vais-je dire ok ?
  • A quel moment vais-je me dire que ça va trop loin ?

Imaginons que vous preniez une douche tiède.

Vous augmentez la température un peu. C’est plus chaud, c’est plus agréable peut-être (surtout en hiver).

Vous augmentez encore d’un cran. Ça commence à être très chaud mais ça reste supportable.

Encore un cran en plus et là, vous faites un pas sur le côté pour vous dégager du jet d’eau tellement c’est chaud !

Vous avez trouvé votre limite.

Mais vous l’avez trouvé parce que l’écart était trop fort et vous êtes passé d’un coup de l’acceptable à l’inacceptable pour votre corps.

Dans le cas de la grenouille dans la casserole qui ne sent pas la température augmenter, il n’y a pas d’écart, c’est progressif.

Et quand c’est progressif, on ne se rend plus compte de l’augmentation de la température.

Il suffit de réduire suffisamment l’écart pour ne plus avoir conscience de la progression.

Et le piège il est là.

Ne PLUS avoir conscience.

Donc, il faut se fixer une limite à l’avance dans cette progression.

Sinon la normalité va s’adapter à cette progression.

Ce qui aurait été considéré comme anormal il y a 6 mois deviendra une normalité aujourd’hui.

Parce qu’on s’habitue au changement de normalité.

Donc si consciemment, je ne choisis pas de poser une limite, mes valeurs risquent d’évoluer en fonction de cette normalité.

Je risque de me déconnecter de mon ressenti, de ne plus savoir ce qui est juste pour moi.

Je risque de me perdre et de m’oublier.

Je risque de m’endormir pour de bon.

Poser des limites m’aide à vivre en conscience

  • Quand est-ce que je vais considérer que mon boss me donne TROP de travail ?
  • Combien de temps de trajet suis-je prêt à accepter pour ce poste ?
  • Combien de fois vais-je encore accepter que ce client arrive en retard ?
  • Combien de fois vais-je accepter de me faire insulter par cette personne ?
  • Combien suis-je prêt à donner de temps ou d’argent pour aider cet ami ?
  • Combien de fois encore vais-je laisser mon voisin faire trop de bruit sans dire quoi que ce soit ?
  • Combien de temps vais-je encore accepter de partager mes données privées pour profiter d’un service ou acheter un produit ?
  • Combien de verres de vin vont me suffire pour passer un bon moment sans faire de mal à mon corps ?
  • Quelles restrictions ou obligations suis-je prêt à accepter « pour mon intérêt personnel et le bien collectif » ?
  • Jusqu’où je peux faire confiance à l’autre pour savoir ce qui est bon pour moi ?

Chacun aura sa propre limite, en fonction de ses propres contraintes et de ses convictions.

C’est donc important de respecter les limites des autres si l’on souhaite que les autres respectent les nôtres.

C’est l’une des bases du vivre ensemble, n’est-ce pas ?

Et aujourd’hui plus que jamais, il est temps que chacun se positionne.

Bien sûr, les circonstances peuvent changer et les limites peuvent être ré-évaluées mais c’est souvent une excuse pour ne pas les respecter et les faire respecter.

Qu’en est-il de « tricher » avec les restrictions ou obligations ?

C’est avoir conscience de sa limite et la respecter.

Mais est-ce que c’est la FAIRE respecter ?

Est-ce que ça nourrit le système ou ça l’affaiblit ?

En conscience, ensemble

Pour savoir si un comportement est juste, on peut se demander ce qu’il se passerait si tout le monde faisait pareil.

Je jette un déchet par la fenêtre de ma voiture : si tout le monde faisait pareil, ce serait peut-être une décharge le long des routes …

Je médite plusieurs fois par semaine : si tout le monde faisait pareil, y’aurait peut-être moins de stress dans le monde …

A vous de voir ce qui a le plus d’impact et qui correspond à la vision du monde que vous souhaitez voir :

  • Si tout le monde respectait les restrictions …
  • Si personne ne respectait les restrictions …
  • Si tout le monde trichait avec les restrictions …

Et individuellement, on peut se poser la question :

Est-ce que mes pensées, mes paroles, mes actions sont alignées avec ma vérité, avec qui je choisis d’être ?

Loin d’être facile, n’est-ce pas ?

Mais la paix intérieure découlera de cet alignement, vous ressentirez que c’est juste.

Aujourd’hui, l’irrationalité a pris la place du bon sens et de la réflexion.

Ce n’est pas une guerre contre un virus, c’est une guerre contre la conscience.

Le salut réside dans la vérité profonde de chacun et l’expression de cette vérité sous sa forme la plus élevée, non pas dans la peur et la recherche de pouvoir mais dans l’amour et le respect.

La force et le courage viendront de cet alignement avec votre vérité, à travers vos choix, vos paroles, vos actions.

Un peu comme l’homme à bretelles de l’article précédent.

C’est aussi ça, vivre en conscience.


Voir aussi : Pourquoi poser des limites et les (faire) respecter ?

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4 commentaires

  1. Merci pour ce texte clair, simple et précis que je partage entièrement ! C’est excellemment dit. La situation actuelle demande de se positionner, chaque jour, de nouveau, se réactualiser en permanence…

  2. Coucou Jean Phillipe
    Toujours autant de plaisir de te lire !
    Grâce au 9 jours en ta, votre compagnie, ma conscience a été présente dès le début, ainsi que mon positionnement, je suis en marge, je ne peux plus faire certaines activités, c’est mon choix qui me rend heureuse, j’ai la chance d’être à la retraite pas d’obligation, juste besoin de pouvoir être heureuse chaque jour en conscience…. Je suis toujours un peu dans la grotte la nuit😊joyeux Noël à toi à tous ceux que tu aimes🎼💓🕊

  3. Merci Jean Philippe pour ton ou tes « éclairages », ils sont les bienvenus pour soutenirs entre autres ceux qui ont pris des décisions contraires à la majorité….
    Je suis en paix avec ma décision qui est claire et n’a pas encore vascillé. Je fais tous les tests demandés, et d’ailleurs on m’annonce bien qu’ils sont payants au cas où je changerai d’avis!!!
    Mais je répond avec un grand sourire, Oui, je sais.
    Bref, je ne fais de tort à personne en suivant mon chemin de petite bonne femme🎵🎶 et ma maison est mon antre et ma paix.
    En attendant de nouvelles lois, je te remercie pour le flambeau de l’humanité que tu portes haut, et te souhaites de magnifiques et lumineuses fêtes de fin d’année.
    Catherine

  4. Merci Jean-Philippe pour ce beau partage.
    Le sujet est tellement bien amené.
    Il est vrai que ce ne sont pas des choix faciles pour tout le monde, qu’il y a des doutes et surtout des peurs.
    Mes choix sont simples car guidés par mon coeur et ma conscience.
    Mais aussi et surtout par l’amour… D’abord, l’amour pour ma personne (sans être égoïste mais au contraire en prenant soin de moi) et ainsi pouvoir adresser de l’amour pour toutes ces personnes apeurées.
    Je souhaite à tous de vivre en paix et en conscience.

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