Les paroles blessent-elles vraiment ? La leçon de Diogène

Chat dans un miroir

« Aucun homme ne peut être blessé autrement que par lui-même. »

Cette citation de Diogène partagée dans les pensées de Neale Donald Walsch a suscité des réactions.

C’est souvent le cas autour de la question de se sentir blessé par quelqu’un d’autre.

Voici par exemple un message que j’ai reçu et auquel je vais essayer d’apporter des éléments de réponse :

Si une personne me blesse verbalement ou/et physiquement
Comment je pourrais être blessée que par moi même ?
C’est bien la personne qui me blesse, je ne l’invente pas ou ne l’imagine pas ?

D’abord, mettons de côté la blessure physique (genre « je te tire les cheveux », ou « je te tape sur la main »), car ce serait un autre sujet, et concentrons-nous sur les blessures verbales.

Ces fameuses paroles ou ces mots qui « blessent ».

La question c’est finalement de savoir si des paroles en tant que telles peuvent être blessantes dans l’absolu.

S’il y a des mots dans le dictionnaire qui sont des armes aiguisées prêtes à blesser, comme des couteaux dans le tiroir de la cuisine.

Tout de suite, on peut penser aux insultes.

Un mot, un seul mot et PAF je te blesse !

Incroyable quand on y pense, et sacrément dangereux ! Ils devraient être rayés du dictionnaire, mais que fait l’académie française !? 😁

Pourtant, certaines personnes sont touchées par certaines insultes et pas par d’autres.

Essayez pour voir, à quel type d’insulte réagissez-vous ?

(Bel exercice d’introspection, Jean-Philippe, Bravo ! 🤣 )

Essayez avec des insultes à destination des hommes ou des femmes par exemple.

Je suis sûr que vous pouvez trouver certaines qui vous toucheraient et d’autres pas.

Et si on faisait l’exercice en groupe, je suis prêt à parier que tout le monde ne réagirait pas aux mêmes.

Ce qui veut dire que ce n’est pas l’insulte en tant que telle qui est blessante !

Ce qui fait la différence, c’est la personne qui la reçoit.

Parce que ça touche « quelque chose » en elle.

Imaginons que vous ayez une épine dans le creux de la main (lire aussi l’histoire : Et si l’épine dans le pied avait un sens ?).

Cela fait des années qu’elle est là, vous avez un gros sparadrap dessus et depuis le temps vous avez même oublié qu’elle était là, vous faites votre vie plus ou moins normalement.

Mais bizarrement quand une personne vous serre la main d’une certaine manière …

— Aïe, vous m’avez fait mal !

Vous réagissez.

Pourtant quand cette même personne serre la main à d’autres personnes, elles n’ont aucune réaction.

Ce qui vous fait mal – ce qui vous blesse – ce n’est pas tant la personne qui vous serre la main que l’épine sous le sparadrap … cette épine que vous avez oubliée.

La personne n’est qu’un prétexte à révéler l’épine dans le creux de la main.

Vous voyez où je veux en venir … ? 😏

Les paroles ne sont pas blessantes en soi, elles ne sont que le prétexte à révéler une blessure en vous, une épine émotionnelle si vous voulez.

Comment réagir, quand une personne vous blesse injustement, qui vous accuse de choses qui ne sont pas, c’est pas facile de ne pas répondre.

Dans cet exemple d’une autre lectrice, c’est une partie blessée qui réagit à l’intérieur : « C’est injuste ! ».

Si on sait factuellement que la déclaration est fausse, on pourrait tout simplement s’en fiche : si je vous dis que vous avez les cheveux turquoises, c’est probablement faux et ça ne vous fait ni chaud ni froid.

Alors pourquoi on réagit quand même dans certains cas ?

C’est parce qu’il y a une blessure présente, plus ou moins inconsciente, bien cachée sous des couches de sparadraps accumulées au fur et à mesure des années.

Et ces blessures, une part de nous ne veut pas aller les voir, parce que ça ferait trop mal … Et donc pour nous protéger de cette douleur, elle va résister à tout ce qui pourrait la mettre en lumière.

Elle va par exemple, pointer du doigt « l’autre », là-bas, comme bouc émissaire : « c’est sa faute si j’ai mal, cette personne m’a blessé ! ».

Et ben oui, ce n’est pas facile de reprendre la responsabilité d’une douleur, pourtant c’est comme ça qu’on la guérit.

Une autre manière de résister, c’est de nous embrouiller la tête et de ne pas comprendre une citation dans une newsletter … 😄

Et non, je ne me moque pas !

Ne pas comprendre une idée, un concept EST une manière de résister pour notre mental, une stratégie pour éviter d’aller voir ce qui fait mal à l’intérieur.

Balaise, hein ! Et rudement efficace !

Donc oui, au final ce qui nous blesse, ce n’est pas tant l’extérieur, mais une part de nous qui demande à guérir.

Quelques remarques pour finir.

➡️ « Puisque c’est la personne qui se blesse elle-même, je peux dire tout ce que je veux, ce sera sa faute si elle se sent blessée ».

Restez dans la bienveillance. Reconnectez-vous à votre vérité et exprimez-la si c’est juste, avec douceur. Certes, vous n’avez pas le contrôle sur la manière avec laquelle la personne va réagir mais cela ne vous donne pas le droit d’utiliser les meilleures insultes du dictionnaire.

➡️ Les personnes blessées blessent les personnes.

Tout comme un animal blessé (physiquement) va peut-être vous mordre si vous vous approchez.

Cela n’excuse pas les mauvais comportements, mais cela les explique, et peut nous amener sur un chemin de compassion tout en maintenant certaines limites.

Parfois cela donne l’impression de : « Puisque j’ai mal, je vais te faire mal pour que tu vois ce que ça fait »

Et elles vont donc chercher à toucher ce qui fait mal chez nous, nos blessures.

Ce sont nos blessures qui réagissent et tant qu’on n’en prend pas la responsabilité, qu’on ne cherche pas à les guérir, on risque malgré nous aussi de blesser d’autres personnes.

➡️ Le but plus élevé des personnes qui nous « blessent »

En fait, toutes ces relations, toutes ces expériences, visent une seule chose : nous montrer nos propres blessures pour qu’on les guérisse.

Les personnes « blessantes » sont des prétextes, des anges déguisés en « démons » pour nous montrer ce qu’on ne veut pas voir.

En guérissant ces blessures, en nous libérant de certains poids du passé, on se rapproche un peu plus de Qui Nous Sommes Vraiment.

Et c’est là tout le but de la Vie.

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20 réflexions au sujet de “Les paroles blessent-elles vraiment ? La leçon de Diogène”

  1. comme il est bon Philippe de lire et RELIRE ces propos qui, effectivement, me font prendre conscience qu’il s’agit toujours de soi….. en fait c’est toujours MERCIiiiii LA VIE pour ces piqures de rappel.

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  2. Merci! Ce n’est pas évident d’accepter ses propres blessures mais c’est nécessaire sans ça on souffre de plus en plus ou on s’isole!!! Ce q c’est bien dommage, l’humain c’est un être social, on a besoin un des autres! Gratitude pour ces partages.

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  3. Merci pour cette article.Je vis avec mon mari depuis presque 10 ans et pour lui tout est la faute des autres des événements extérieurs etc.Rien a faire pour lui faire réaliser ses choses dommages c est vraiment difficile de vivre avec une victime.Peut être pourrais il avoir un article sur comment vivre avec quelqu’un qui veut pas reconnaître ses blessures 😀Je sais que chacun vit selon son rythme mais je trouve sa difficile un climat toujours à blâmer les autres de tout.Bref j ai adoré l article merci mille fois .

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  4. Oui tu as tout à fait raison Jean-Philippe. Et en ce moment je m’exerce à pardonner certaines paroles maladroites pour ne retenir que la compassion face à l’autre et la blessure en moi qui veut guérir. J’apprends ainsi à mieux me connaître.

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  5. Merci pour cet article🙏
    J’en ai fait ma part longtemps !
    Et aujourd’hui, ce qui me blesse le plus, ce sont les « non dits »…
    Bien à vous
    Jocelyne

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  6. Oui, vous avez bien raison.
    Je dois travailler sur moi-même, mais c’est pas facile.
    Il est difficile de vivre avec des gens toxiques qui occupent le bureau au travail 😐
    Merci de nous faire comprendre certaines choses.
    Merci 🙂

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  7. C’est tellement juste et parlant.
    C’est bon de nous le rappeler qu’on l’ait en conscience et que nous regardions nos responsabilités d’être. Merci pour tous vos messages quotidiens. J’adore.

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  8. Merci, c est toujours tellement juste ce que vous partagez ! Merci, je pourrais dorénavant jeter un autre regard sur des paroles blessantes.
    Vous êtes là parole divine sur min chemin

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  9. Merci, Merci Jean-Philippe !
    C’est formidable comme cela tombe à pic avec ce que je vis en ce moment.
    Quelle belle prise de conscience, grâce à vous.
    Encore MERCI.

    Jeanne

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  10. J’ ai encore une fois , fais une nouvelle prise de conscience sur moi-même et sur mes relations avec les autres. Les explications , les examples que vous donnez sont pertinents et je vois comment j’ai blessé tant de gens sans le comprendre et sans admettre que je voulais les blesser pour cette plaie qui était en moi et en eux .
    Continuer votre merveilleuse aide pour tous les êtres qui en bénéficeront , car ils sont nombreux.

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  11. Bonjour Philippe,
    Que des vérités dans votre message 🙏
    Il est vrai que, même sachant tout cela, les facheries, devants certaines situations, ou paroles, ont, ou nous leurs donons le pouvoir de nous mettre en boule, hors de soi.🙃
    Et c »est n’est qu’après avoir réagi, pas tres aimables!!!, en se posant la question dans le calme, que nous vons un commencent de compréhension 🙏
    La , si nous sommes courageux et sincères avec nous même, demander pardon a l’autre, est, le plus beau cadeau, pour tous les deux🕊️🍀
    GRATITUDE pour ce beau message 🌅

    Julia

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  12. C’est ce que la cnv (communication non violente) m’apprends et j’y travaille sérieusement. Se connaitre, s’aimer, s’apprendre, s’accepter, pour être plus en paix et donc pour mieux être avec les autres, mieux les comprendre, mieux les aimer et être en paix avec eux aussi
    L’expérience des relations m’enrichit. C’est comme une respiration. Je vais vers l’autre, je vais vers moi, et ainsi de suite pour ensuite respirer la vie en toute confiance

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  13. Tout simplement merci pour la clarté et la simplicité de vos informations qui permettent d’accéder à la compréhension immédiate de ce qui se joue.

    Je ne peux plus dire que je ne comprends pas comment cela fonctionne lorsque je me sens blessée.

    Je souhaite que cette compréhension gagne du terrain, que la responsabilité voit le jour et que les blessures se guérissent pour moi et pour tous ceux qui vous lisent et vous liront.

    C’est vrai que vous éclairez bien notre lanterne sur bien des sujets. J’aime beaucoup la pensée de chaque jour de Neale Donald Walsch que vous relayez si bien.

    Soyez béni et remercié pour votre belle et profonde contribution, humble et simple également.

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  14. c’est bien comme cela que je vois les autres. Nous sommes tous/tes le miroir des uns des autres
    et plus j’avance, plus je me libère, plus je suis sereine.
    Tout est expérience
    une fois nos blessures prises en compte, quand la même situation se présente, ça ne fait plus mal et c’est juste si on y fait attention, on ne l’a vois plus
    C’est mon expérience

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