Quand le plan s’effondre — une histoire de lâcher-prise

On sortait des confinements covid, et après une période nomade avec seulement un sac de voyage et un sac à dos, il fallait que je me rende à l’évidence, une voiture devenait nécessaire pour naviguer toute cette incertitude.

J’arrivais donc en gare de Strasbourg, prêt à récupérer une voiture dans les jours suivants. Le timing était serré, avec au bout, l’échéance de récupérer mes filles pour les vacances.

Je ne me doutais pas un instant que j’allais vivre une expérience de lâcher prise mémorable car rien n’allait se passer comme prévu.

Jusque-là tout avait été fluide.

Un bon contact avec le vendeur au téléphone, un rendez-vous pris au garage, un billet de train, une amie qui m’héberge quelques jours.

J’aime quand un plan se déroule sans accroc !

Tout est fluide, mais je ressens une certaine tension grandissante.

Si jamais ça ne se déroule pas comme prévu, ça va être la galère !

Et là, ça commence à coincer.

Je n’arrive plus à avoir le garage au téléphone, pas de réponse par email.

Le délai convenu est dépassé.

Quand j’obtiens enfin une réponse par email, on m’annonce une semaine de délai en plus.

Mon beau planning s’effondre…

J’essaie d’appeler garage pour la sixième fois, en vain.

Je commence à blâmer le garage, le manque de professionnalisme, la communication inefficace de leur part et la perte de temps pour tout le monde !

Les jours passent.

Ok, je suis coincé une semaine de plus MAIS je suis dans une ville que j’aime beaucoup et que je re-découvre 20 ans après, je passe du temps avec une amie de longue date et qui m’héberge, avec des belles conversations à la clé, je parcours la ville à vélo tous les jours (pour manger des glaces) et je prends le temps de lire à nouveau.

Ma perspective sur la situation change.

Mais je me questionne sur le sens de cette expérience.

Un matin, je reprends un livre et j’arrive à un chapitre sur la loi d’attraction et notre pouvoir créateur.

Le chapitre commence avec un exemple : « Disons que vous vouliez une voiture… »

J’éclate de rire !

On me souffle les réponses !

Je me rends compte alors de mes pensées et de leur impact par rapport à la situation : déception, frustration, et surtout la tension que cela crée en moi physiquement.

Je comprends que cette tension est liée au fait que je suis attaché au fait d’obtenir la voiture.

Ce serait comme tenir à bout de bras une bouteille d’eau pleine pour la donner à quelqu’un.

Cela devient vite fatiguant et je commence à blâmer l’autre de ne pas prendre la bouteille.

Jusqu’à ce que je comprenne, que je peux très bien poser la bouteille et laisser la personne la prendre… ou non.

Et la tension disparaît.

Je me sens déjà mieux.

La semaine supplémentaire est écoulée.

Je vérifie avec le garage que je peux bien passer le lendemain.

Réponse rapide, la voiture n’est pas disponible, il leur faut quatre jours de plus.

C’est désormais impossible pour moi.

Intérieurement, ça brasse.

Une part de moi résiste, une tension réapparaît, mes pensées repartent dans tous les sens comme dans un dernier baroud d’honneur.

Je vis tout cela pleinement et au bout de quelques minutes tout se relâche.

J’ai accepté l’idée que je n’aurais pas la voiture.

Je me sens paradoxalement soulagé et stressé encore car il faut que je réorganise entièrement la suite différemment.

Et il faut quand même que je récupère encore mon acompte !

J’imagine un scénario, où je joue le client en colère et qui fait un scandale dans le garage… Parce qu’apparemment le monde fonctionne un peu comme ça, c’est celui qui crie le plus fort qui obtient ce qu’il veut, me dis-je.

La Vie allait me prouver le contraire.

J’oublie ce scénario, je ne tiendrai de toute façon pas 20 secondes dans ce rôle…

Une phrase lue quelques jours avant me revient : « Que ferait l’amour ? »

Sur le coup, ça me paraît très bateau, très intellectuel.

Je pense à la personne du garage, je fais la part des choses entre la personne, son travail, son comportement. Au fond, la personne était très amicale, elle a probablement fait de son mieux.

Je me sens déjà un peu plus apaisé.

Le lendemain matin, je me rends au garage.

L’amie qui m’héberge est venue avec moi, elle me fait remarquer en passant le pas de la porte du garage, que j’ai un grand sourire et peut-être qu’il faudrait que je me montre un peu plus… remonté !

Je me présente au vendeur – c’est d’ailleurs la première fois qu’on se voit – et je dis que je suis venu récupérer mon acompte.

Je lui fais un résumé factuel des événements dans le calme.

Je conclus en lui disant, que je ne blâme personne, que tout le monde a fait des efforts, j’en suis sûr, mais que c’est un rendez-vous manqué pour lui et pour moi. J’ajoute que je ne peux pas attendre quatre jours de plus pour récupérer la voiture, car je dois repartir le lendemain chercher mes filles pour les vacances.

Il m’écoute attentivement tout du long.

À la fin, il se lève sans mot dire et me demande d’attendre quelques instants.

Il revient cinq minutes plus tard, et il m’annonce que la voiture sera disponible le soir même !

Je lui fais part de mes doutes (ce n’était pas sa première promesse) et on se met d’accord que si ce n’est pas le cas, je récupère mon acompte.

Aucun papier n’avait été préparé et cela semblait impossible de tout terminer avant la fin de journée.

Il demande à une collègue de s’occuper du dossier et en attendant, on discute près de deux heures de son métier, de ma vie de nomade, des relations humaines, de ce que représente une voiture dans la vie des gens…

Il me confie alors qu’il n’aime pas les clients qui se prennent pour des rois et que dans ces cas-là, il ne fait plus aucun effort.

Il me rappelle en fin d’après-midi.

Les papiers sont faits, les préparatifs terminés.

Le soir même, je repartais au volant de la voiture.

Pas du tout le scénario que j’avais imaginé le matin même !

Si je n’avais pas fait ce chemin vers plus de lâcher-prise, le résultat aurait été probablement différent.

Notez également que dans mon expérience, en fin de compte, j’ai passé un très bon séjour !

Plus encore, figurez-vous que je suis retourné à Strasbourg avec mes filles ensuite pour les vacances et que j’ai pu leur partager mon plaisir de circuler à vélo… et de me passer de voiture !


Article mis à jour en 2026 pour plus de clarté.

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9 réflexions au sujet de “Quand le plan s’effondre — une histoire de lâcher-prise”

  1. Coucou Jean-Philippe,
    Super ton récit, le lâcher prise, la bienveillance et l’amour au lieu de la colère….rien de tel pour que la vie soit juste, et belle,
    Mon expédition à tes côtés, à vos côtés, m’ont aider à franchir le pas qui depuis fait que ma vie au jour le jour devient belle, remplie d’expérience, d’amitiés,
    Merci encore de tout coeur pour la dose de confiance que j’ai reçu. Si tes pas de mènent vers Nantes surtout n’hésites pas à faire une petite halte, je te souhaite du bonheur, bisous, Colombe

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  2. Superbe histoire, … Jean Philippe, écouter les signes qui arrivent vers soi quand on est dans une situation difficile , prendre du recul … ça vaut la peine , qd j ai vraiment du mal à gérer … je médite je parle à L univers , à mes guides , et la solution se dessine … mais surtout ne pas s acharner quand cela ne va pas… faire cet effort vaut la peine… simplement, fabienne?

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  3. Merci Jean-Philippe pour ce récit.
    C’est exactement ce dont j’avais besoin ce matin :-).
    J’avais un coup de mou et ton histoire m’a redonné la pêche et le sourire.
    Lumineuse journée à Toi.
    Monika

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  4. Merci Jean Philippe pour cette piqûre de rappel sur le lâcher prise, tellement opportun en toutes circonstances ..très contente de te lire et que tu ais passé de bonne vacances avec tes filles . Colombe m’a donné l’idée… si tes pas de nomades t’amènent vers Avignon, n’hésites pas à me faire signe. Valérie V

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  5. Bonjour Jean Philippe, Le lâcher prise, sans quoi rien ne se fait dans l’aisance ou ne se fait du tout. Lâcher prise, alignement. La vie nous l’apprend sans cesse. Reste que le garagiste n est pas fiable et qu il aurait lui aussi à apprendre à lâcher prise.
    En parlant de garage et de voiture, pour ma part je souhaite changer de voiture depuis plus d un an et j étais indécise sur quelle marque arrêter. Décision prise, je me rend chez un concessionnaire qui a aussi un garage. Fermé. Vide. J interroge des voisins dont la femme possède la voiture que je souhaite acheter. Elle s étonne, elle y a fait une révision il y a un mois et elle n’a reçu aucune information sur une quelconque fermeture. J y retourne. Toujours vide, toujours fermé et la ligne tél a été coupée.
    Vous riez? Moi pas.
    Merci pour ce rappel que je dois lâcher quelque chose (mais quoi?) et belle journée,
    Christine

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  6. Comme ton témoignage me parle
    Merci
    Marie
    Et toujours, chaque matin, la pensée de Niels, une bénédiction pour commencer sa journée

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