Le pouvoir des mots …

Feuille écriture

Je me rends compte qu’un texte, j’aime le travailler, j’aime le malaxer, le peaufiner, comme un peintre qui ajoute une touche ici et là, comme un sculpteur qui affine, comme un compositeur qui modifie la partition.

Il y a d’abord le premier jet, ce qui vient, ce qui doit sortir, comme un trop plein d’idées dont l’essence doit rejaillir. Comme un amas dans la tête qui doit prendre forme avec des mots, des phrases.

C’est une transformation qui s’opère, c’est une alchimie de l’intangible, de l’invisible à une réalité, à une matérialité, à une force dans le monde réel.

Le pouvoir des mots est bien plus grand que je ne pensais : la Bible, la constitution, x millions de livres en tout genre qui impactent chaque minute la vie de millions de personnes, pour ne pas dire milliards.

Des discours prononcés, des paroles chantées, des dialogues de films incarnés, … cette omniprésence des mots, des paroles, et nous sommes hyper réceptifs à ça.

Peut-on empêcher notre cerveau de lire ou de comprendre des mots prononcés ?

Nous sommes tellement éduqués (conditionnés ?) à lire qu’on ne peut s’empêcher de le faire.

Les mots ont une profondeur, un relief, ils nous emportent dans des montagnes russes à chaque phrase.

On va chantonner les paroles de notre chanson préférée, on va échanger des répliques culte de films à la machine à café, on va citer de grands philosophes, ou des extraits de discours pour renforcer notre point de vue.

Je pensais qu’il n’y avait que la puissance intellectuelle : l’élégance des phrases, l’utilisation du vocabulaire au bon moment, au bon endroit, les figures du style, toutes ces caractéristiques qui satisfont un mental et un ego qui peut se gargariser d’avoir réussi des pirouettes de styles.

Mais je ne comprenais pas tout, notamment l’impact que cela pouvait avoir.

Les mots portent en eux une puissance, une énergie.

« I have a dream »

Ecoutez ça.

« J’ai un rêve ! »

Intellectuellement ça n’a aucune valeur, d’un point de vue purement linguistique, écriture.

Mais quelle puissance !

J’en ai des frissons à écouter cette vidéo.

Pas vous ?

C’est d’autant plus facile à ressentir si vous ne parlez pas anglais. Le mental n’entre pas en jeu. Il n’y a pas besoin de comprendre pour ressentir.

Il y a aussi le discours de Dominique de Villepin aux Nations Unies qui appelait à la paix face aux Etats-Unis.

Pour une fois, ne nous attardons pas sur le fond mais sur la forme, sur l’énergie dégagée, qui comme le souligne le journaliste, a suscité des applaudissements dans l’assemblée, fait rare au sein de l’institution.

Ou encore

« Va je ne te hais point ». (Chimène à Rodrigue dans Le Cid)

Au-delà de la figure de style, l’énergie portée est puissante.

Je ne compte pas les répliques de films de cinéma qui elles aussi portent en elle une énergie puissante.

La vie c’est comme une boîte de chocolat on ne sait jamais sur quoi on va tomber. (Forrest Gump)

On ne laisse pas bébé dans un coin ! (Dirty Dancing, oui oui, demandez à une fan si cette réplique n’est pas puissante !)

Il n’y a pas d’ingrédient secret ! (Kung Fu Panda, et pourquoi pas !)

Que la force soit avec toi. (Star Wars, incontournable)

Après tout, demain est un autre jour. (Autant en emporte le vent pour les grands classiques)

Chacun sa sensibilité, son ressenti, son expérience mais ces répliques portent en elle, plus qu’un message, plus qu’un échange vocal entre deux personnes, il y a un vrai pouvoir transformateur pour chacun.

Dans le développement personnel ça s’est traduit sous forme d’affirmations.

D’abord, je croyais que ça ne parlait qu’au mental, que c’était une manière de se reconditionner à mieux penser, en répétant tous les jours des affirmations plus ou moins bien choisies.

Mais au final, il y a une vraie force dans ces affirmations, une définition de qui nous sommes.

« Je suis … »

La question maintenant, c’est faites-vous attention à ce que vous dites ? à vous-même et aux autres ? à ce que vous écrivez ? bien sûr les mots ont leur importance mais vous l’avez compris maintenant, c’est surtout l’énergie que vous y mettez.

Si vous ne dites pas les mots en présence, en conscience, vous ne choisissez pas l’énergie que vous y mettez.

Vous ne voyez pas la différence ?

Ecoutez bien les « merci » des clients dans une boulangerie, et voyez ceux qui sont dits en présence ou non.

Et ressentez la différence !

-Jean-Philippe

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