Mission de vie : joie pour le cœur, cauchemar pour le mental

Le Livre d'Edward Snowden

Quand on parle mission de vie, il faut bien comprendre qu’elle apporte de la joie pour le cœur, l’âme est heureuse parce qu’elle accomplit ce pourquoi elle est venue vivre cette expérience humaine.

Ce qui ne veut pas toujours dire que la mission de vie soit facile dans le monde matériel.

Ce qui ne veut pas toujours dire que la mener sera de tout repos.

Ce qui ne veut pas toujours dire que les circonstances extérieures seront « favorables » et « positives » dans le quotidien.

Mais peu importe, l’âme y trouve son compte !

L’exemple d’un lanceur d’alerte

Vous avez probablement entendu parler d’Edward Snowden.

Ancien agent de différentes agences de renseignement américains, il prend conscience au fur et à mesure des années que son travail est utilisé de plus en plus pour collecter des renseignements sur tout le monde, bafouant complètement le respect de la vie privée des citoyens américains et étrangers.

En 2013, il fait appel à des journalistes pour dénoncer les agissements de différents gouvernements, pour que le public soit au courant de ce qu’il se passe et puisse demander des comptes aux leaders de leurs pays respectifs.

Il précise que s’il avait voulu causer du tort aux gouvernements, il avait les moyens et les capacités de causer bien des dommages, compte tenu des accès qu’il avait aux différents systèmes d’information des agences pour lesquelles il a travaillé.

Son objectif était donc simplement de donner l’opportunité au public de juger si oui ou non les agissements des gouvernements étaient justifiés.

Ces révélations ont fait le tour du monde en quelques jours, voire quelques heures.

Le visage d’Edward Snowden est apparu sur les écrans du monde entier et, compte tenu des informations divulguées, il a été accusé d’espionnage par les Etats-Unis qui ont dû envoyer une armada d’agents à sa recherche pour le traquer.

Il n’a jamais cherché à cacher son identité et serait prêt à être jugé pour ses actes si le procès était mené de manière équitable et impartiale. Ce qui est loin d’être garanti.

Dans cette traque, il cherche à quitter Hong-Kong et en transit en Russie, son passeport se voit révoqué par les Etats-Unis, l’empêchant de quitter le territoire russe.

Le sujet de cet article n’est pas de défendre ou condamner les actes d’Edward Snowden.

Je donne un peu de contexte en fonction des informations que j’ai pour bien comprendre d’une part les circonstances de ces actes et d’autres part les conditions dans lesquelles il vit depuis 2013.

La vie glamour d’un lanceur d’alertes

Car la vie qu’il mène depuis 2013 est loin d’être glamour, vous l’aurez compris, avec l’impossibilité de rentrer dans son propre pays et la liberté de mener la vie qu’il aimerait.

Le personnage et son histoire m’ont beaucoup intéressé ces derniers temps, j’ai vu le film, puis le reportage des journalistes qu’il avait contactés pour diffuser les informations qu’il avait pu récupérer.

Il a mené différentes interviews et quelques minutes m’ont particulièrement interpellé.

Le journaliste lui demande si ça valait le coup, de sacrifier sa vie comme cela, lui qui voulait défendre la vie privée des gens, il se retrouve sur le devant de l’affiche avec sa vie confortable hors de portée désormais.

Et voici la réponse d’Ed :

Je préfère risquer l’emprisonnement, ou toute autre conséquence négative, que risquer la limitation de ma liberté intellectuelle et celle de ceux qui m’entourent dont je me soucie autant que de moi-même. Mais il ne s’agit pas là encore de dire que je me sacrifie, parce que ça me fait du bien dans mon expérience humaine de savoir que je peux contribuer au bien des autres.

Edward Snowden, documentaire « CitizenFour »

« Ça me fait du bien dans mon expérience humaine ».

Il a quitté une vie confortable avec sa compagne à Hawaï, une maison, un boulot, un salaire, une vie de couple.

Il s’est mis à dos l’un des gouvernements les plus puissants au monde.

Il ne peut plus rentrer dans son pays.

Son entourage a été interrogé, peut-être même menacé à cause de ses actes.

Mais ce qui compte pour lui, c’est qu’il se sent bien dans cette démarche, dans ses choix, dans ses convictions et ses valeurs.

J’utilise souvent l’image du phare au milieu de la tempête.

Souvent, la tempête arrive sans crier gare dans la vie : maladie, crise conjugale, changement professionel soudain, …

Là, c’est lui qui a choisi de créer la tempête dans sa vie.

Mais il se sent bien dans ce choix et il a accepté consciemment les conséquences.

Après quelques années, même si beaucoup reste à faire, son impact a déjà été énorme pour la liberté de la presse, pour la défense de la vie privée, pour la transparence des gouvernements vis-à-vis de leurs agissements.

Pour moi, il est aligné avec sa mission de vie et malgré tout ce que pouvait lui dire son mental, il a écouté son cœur et il a agi en conséquence pour accomplir sa mission de vie.

Liens :

Son livre : Mémoire Vive

Le film d’Oliver Stone qui relate son parcours : Snowden

La bande annonce du documentaire Citizen Four :

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4 commentaires

  1. Très touchée par cette évocation !!!
    J’ai été très sensible à son « histoire », depuis le début. J’ai vu le film aussi, et évidemment, j’éprouve admiration et respect pour Edward SNOWDEN .
    Sa réponse me rassure. Je pensais à lui avec un grand malaise, me demandant comment il vivait cette énorme machine lancée contre lui.
    Sa sérénité, son choix renouvelé, sa certitude d’avoir fait ce qui était juste pour lui…sont stimulants pour nous .
    Merci Jean-Philippe!

  2. lorsque j’ai eu une expérience de mort imminente (tunnel de lumière….), ce que j’appellerai « la force supérieure  » m’a fait revenir ; je savais qu’il me manquait quelque chose: la foi
    je savais que j’allai en « baver » dans tous les sens du terme mais le sachant j’ai p aller au dessus de tout ce que j’ai vécu par la suite
    et il faut le protéger lui aussi
    à ce jour, je ne sais toujours pas qui ou quoi????

    J’ai vu les présences de l’autre côté du tunnel, bien évidemment le ressenti, la vue et l’ouie, le temps, ce n’est pas comme sur terre et de plus il n’y a plus de sentiments, pas de passé…

  3. Félicitations Jean-Philippe pour ce éclairage sur la démarche de ce lanceur d’alerte!
    Oui, c’est un beau modèle même s’il en paie le prix.
    Ici, il y a eu un cas semblable impliquant un fonctionnnaire qui avait dénoncé l’ingérence du privé dans la recherche publique sur les pesticides.
    Il avait même été congédié de son ministère après 30 ans de bons services. Heureusement, les journalistes ont exposé son cas et le ministère a dû le réintégrer.
    Bravo à ces courageuses personnes!

  4. Merci merci merci J-Philippe pour cet article !
    Cette Histoire me permet d’accepter, consciemment, le désordre que j’ai créé dans ma vie pour voir tout ce que je vois aujourd’hui, moi en premier, hihihi !
    Bonne continuation…

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