« Tout est parfait ! » … (ou comment dire « non »)

C’est une idée, un principe de spiritualité que vous avez probablement rencontré à un moment ou à un autre :

Tout est juste, ici et maintenant et donc il n’y a pas à s’en faire, pas à s’inquiéter ! Tout ce qui se passe est parfait !

Et donc, quand vous essayez de voir dans la « vraie » vie, ce que ça donne, vous pouvez tirer des conclusions comme :

Mon boulot est difficile, mon chef est exécrable mais tout est parfait !

Ma relation est compliquée, irrespectueuse mais tout est juste !

Je suis mal dans ma peau, dans mon corps, dans mes baskets, mais tout est parfait !

Et là, parfois, ça commence à coincer.

Vous comprenez bien, intellectuellement, ce principe que tout est parfait.

Mais en pratique, il y a quelque chose qui cloche.

Vous ne le ressentez pas ainsi.

Vous avez envie de croire que la vie pourrait être plus joyeuse, plus belle.

Après tout, vous n’arrêtez pas de lire que vous pouvez créer la vie que vous voulez, alors ?!

Quel est le piège ?

Dire que « Tout est parfait » a le mérite d’apporter plus de paix intérieure.

Vous résistez moins à ce qu’il se passe, et vous adoptez la croyance que tout a un sens.

MAIS …

Ce n’est pas parce que les choses ont un sens, que tout est parfait en soi, que justement vous n’avez rien à faire.

Le piège dans lequel vous pouvez tomber est simple. En effet, vous pouvez vous dire :

Puisque tout est parfait, puisque tout est voulu par une force supérieure, il n’y a rien à faire, si ça se passe comme ça, c’est que ça devait arriver comme ça.

Et … vous pouvez tomber dans l’inaction voire le fatalisme.

D’autant que c’est facile à justifier vis-à-vis de vous-même : « c’est écrit dans un livre de spiritualité ! ».

Sauf que dans cette perfection, vous sentez bien qu’il y a quelque chose qui ne va pas.

C’est le décalage entre ce que vous pensez et ce que vous ressentez qui vous invite à questionner.

Questionner vos pensées, oui !

Mais questionner votre ressenti, non !

Ce que votre ressenti vous dit, c’est votre vérité, c’est comment vous vous sentez ici et maintenant.

Vos pensées, elles, en revanche, viennent de votre éducation, de la société, ou d’un raisonnement qui ne correspondent peut-être pas à ce que vous voulez dans votre vie.

Oui, tout est parfait !

Il s’agit de la croyance que tout arrive pour une raison.

Que si vous êtes confronté-e à une situation difficile aujourd’hui c’est parce que cette situation va vous amener à devenir une meilleure version de vous-même.

C’est donc une opportunité !

Que vous êtes libre de saisir ou non …

Certains appellent ça le libre arbitre 🙂

Cette opportunité a souvent des apparences douteuses à première vue, mais regardez bien ce qu’elle vous invite à être / faire au-delà de ces apparences.

Imaginez que votre chef, votre responsable aille trop loin, vous demande toujours plus de travail, avec de moins en moins de respect au-delà des règles ou des limites communément acceptées.

Et comme par hasard, vous avez du mal à dire « non ».

Vous avez du mal à poser des limites (voir cet article pour aller plus loin).

Mais ce n’est pas un exercice facile pour vous (rassurez-vous, vous n’êtes pas seul-e dans ce cas 🙂 ).

Vous voulez bien faire, vous voulez rendre service, ou bien vous avez peur de la réaction de l’autre, vous avez peur de ne plus être apprécié-e au travail …

Quitte à être trop stressé-e, à être traité-e de manière irrespectueuse, voire à avoir des problèmes de santé (« ça me rend malade ! »).

Et là vous vous dites alors que « Tout est parfait », que vous vivez cette expérience pour une bonne raison, que c’est normal que ce soit comme ça.

Quelle est l’opportunité ici ?

Cette expérience vous faire réagir émotionnellement parce que vous n’arrivez pas à dire « non ». Vous sentez que ça réveille des choses, qu’il y a une partie de vous qui aimerait dire « non », qui en a marre !

Alors justement, comment faire l’expérience de poser des limites, de dire « non », si vous n’avez pas quelqu’un en face de vous qui vous donne l’opportunité de dire « non » ?

Quelqu’un qui va vous pousser jusqu’aux limites les plus extrêmes parfois pour vous faire réagir ?

Et elle est là, la perfection, la justesse.

La perfection est dans l’opportunité, PAS dans la situation en tant que telle.

L’opportunité de vous affirmer, de reconnaître vos besoins, de poser des limites, d’apprendre à dire « non ».

L’opportunité d’apprendre à vous aimer suffisamment pour vous faire passer en premier dans votre vie, pour que vos besoins passent en priorité avant ceux des autres.

La situation n’est qu’une invitation, une invitation à vous poser la question suivante :

Qui est-ce que je veux être dans cette situation ?

Quelle va être mon attitude dans cette expérience ?

Ou bien, dit plus simplement encore :

Qui suis-je ?

Car chaque expérience vous invite à définir qui vous êtes, à travers vos actions, vos paroles :

Quelle est l’opportunité pour moi dans cette situation ?

Qui est-ce que je choisis d’être ici et maintenant face à ce qu’il se passe ?

La question suivante permet aussi d’avancer dans la bonne direction :

Qu’est-ce que je suis en train d’apprendre ?

Dans tous les cas, la réponse doit être expérimentée.

On n’est pas à la recherche d’une réponse intellectuelle, on est à la recherche d’une expérience !

L’expérience de cette nouvelle version de vous-même qui sait dire « non ».

D’ailleurs, certaines personnes voient bien qu’il s’agit d’une opportunité, elles comprennent bien ce qu’il se passe, elles savent bien ce qu’elles « devraient » faire.

Mais elle s’arrêtent là !

Et ce type d’expérience se répète, encore et encore ! Sous différentes formes, avec différentes intensités, … L’histoire se répète.

Pour transcender l’expérience, il « faut » faire l’expérience de la réponse qui correspond à la meilleure version de vous-même, celle que vous choisissez d’être.

Ou pas.

Après tout, c’est vous qui choisissez :-).

Cette femme l’a eu aussi, que pensez-vous de son choix ?

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Un commentaire

  1. Merci pour cet éclairage, Jean-Philippe, qui peut effectivement s’appliquer dans le cas cité.
    Mais comment appliquer ton raisonnement à des exactions beaucoup plus graves, telles que la pédophilie, Daech, etc…. Certes, ces expériences terribles doivent aider notre âme à grandir, et dans ce sens tout est parfait, mais il faut un sacré niveau d’évolution pour accepter que l’horrible soit parfait. Surtout quand nous sommes touchés de très près.

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